et Toi, l’élu, et voici ta réserve ! » Il dit alors :
« Ô fils d’al-Khaṭṭāb, ne consens-tu pas à ce que l’Au-delà soit pour nous et la vie d’ici-bas pour eux ? »
Je répondis : « Assurément. »
Et j’avais pénétré auprès de lui tandis que je voyais la colère sur son visage ; je dis donc :
« Ô Messager d’Allah, qu’est-ce qui t’afflige au sujet des femmes ? Si tu les as répudiées, certes Allah est avec toi, ainsi que Ses anges, Gabriel et Michaël ; moi, Abū Bakr et les croyants, nous sommes également avec toi. »
Il est rare – et je loue Allah – que j’aie prononcé une parole sans espérer qu’Allah, le Puissant, le Majestueux, confirme ce que j’avance¹.
Alors fut révélée cette āya, l’āya du “choix” :
« Il se peut que son Seigneur, s’il vous répudie, lui substitue des épouses meilleures que vous » (at-Taḥrīm, 5),
ainsi que : « Et si vous vous liguez contre lui, alors Allah est son Protecteur, de même Gabriel, les vertueux parmi les croyants, et les anges, après cela, seront son soutien. »
Or ʿĀʾisha, fille d’Abū Bakr, et Ḥafṣa se liguaient contre les autres épouses du Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix.
Je demandai : « Ô Messager d’Allah, les as-tu répudiées ? »
Il répondit : « Non. »
Je repris : « Ô Messager d’Allah, je suis entré dans la mosquée, et les musulmans tripotaient des cailloux en disant : “Le Messager d’Allah a divorcé de ses épouses.” Descends-je leur annoncer que tu ne les as point répudiées ? »
Il dit : « Oui, si tu le veux. »
Je ne cessai de lui parler jusqu’à ce que la colère quittât son visage ; alors il découvrit ses dents et sourit – nul n’avait un sourire plus radieux que lui².
Puis le Prophète d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix – descendit et je descendis aussi, m’agrippant au tronc, tandis que le Messager d’Allah descendait comme s’il marchait sur la terre sans y poser la main.
Je dis : « Ô Messager d’Allah, tu n’es resté dans la chambre que vingt-neuf jours. »
Il répondit : « Le mois compte parfois vingt-neuf jours. »
Je me plaçai alors à la porte de la mosquée et proclamai à haute voix : « Le Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix – n’a pas répudié ses épouses ! »
Fut alors révélée cette āya :
« Lorsqu’il leur parvient une information touchant la sécurité ou la crainte, ils la colportent ; s’ils l’avaient rapportée au Messager et à ceux d’entre eux qui détiennent l’autorité, ceux qui en recherchent la signification l’auraient apprise »³ (an-Nisāʾ, 83).
C’est moi qui avais tiré la conclusion de cette affaire, et Allah fit descendre l’āya du choix.
S’agissant de Sa parole, exalté soit-Il : « … et Gabriel », elle admet plusieurs lectures déjà mentionnées dans la Sūrat al-Baqarah⁴.
Il se peut aussi que l’expression « et Gabriel » soit coordonnée à « son Protecteur » ; le sens serait alors : « Allah est son Protecteur, et Gabriel est son Protecteur ». On ne s’arrête donc pas à « son Protecteur », mais à « Gabriel » ; « les vertueux parmi les croyants » deviendrait alors le sujet, « et les anges » s’y coordonnerait, tandis que « soutiens » en serait le prédicat.