Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Je déclarai alors : « Je vais assurément élucider cette affaire aujourd’hui même. »

Je me rendis chez ʿĀʾisha et lui dis : « Ô fille d’Abū Bakr, ta conduite est‐elle donc allée jusqu’à blesser le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue ? » Elle répondit : « Que me veux-tu, fils d’al-Khaṭṭāb ? Occupe-toi de ton coffre ! » [1]

Puis j’allai trouver Ḥafṣa, fille de ʿUmar, et lui dis : « Ô Ḥafṣa, ton comportement serait-il allé jusqu’à nuire au Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix ? Par Allah, tu sais que le Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix – ne t’aime point ; sans mon intervention, il t’aurait déjà répudiée. » Elle se mit à pleurer abondamment.

Je lui demandai : « Où se trouve le Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix ? » Elle dit : « Il est dans son réduit, à la chambre haute. »

J’y pénétrai et trouvai Rabāḥ, le serviteur du Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix –, assis sur le seuil de la chambre, les jambes pendantes sur une encoche de bois ; c’était un tronc sur lequel le Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix – montait et descendait.

Je l’interpellai : « Ô Rabāḥ, sollicite pour moi la permission d’entrer auprès du Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. » Rabāḥ jeta un regard vers la pièce, puis vers moi, sans rien dire.

Je répétai : « Ô Rabāḥ, demande pour moi l’autorisation d’accéder auprès du Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. » Rabāḥ regarda de nouveau la pièce, puis moi, et ne répondit pas.

J’élevai alors la voix : « Ô Rabāḥ, introduis-moi auprès du Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Il se peut qu’il pense que je suis venu à cause de Ḥafṣa ; par Allah, s’il m’ordonnait de lui trancher la tête, je la lui trancherais ! » J’avais haussé la voix ; il me fit alors signe de monter.

J’entrai auprès du Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix – qui était étendu sur une natte. Je m’assis ; il rapprocha son pagne sur lui – il n’avait pas d’autre vêtement – et la natte avait laissé son empreinte sur son flanc. Je promenai le regard dans la réserve du Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix – et n’y vis qu’une poignée d’orge, environ un ṣāʿ, la même quantité de feuilles de qaraz dans un coin de la pièce, et une outre [2] suspendue. Les larmes me montèrent alors aux yeux.

Il dit : « Qu’est-ce qui te fait pleurer, fils d’al-Khaṭṭāb ? » Je répondis : « Ô Prophète d’Allah ! Comment ne pleurerais-je pas, alors que cette natte a marqué ton flanc et que, dans ta réserve, je ne vois que ce que je vois, tandis que César et Chosroes vivent au milieu des fruits et des rivières ? Et toi, tu es le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur toi et te salue ! »

فقلت لا علمن ذَلِكَ الْيَوْمَ، قَالَ فَدَخَلْتُ عَلَى عَائِشَةَ فَقُلْتُ: يا بنة أَبِي بَكْرٍ، أَقَدْ بَلَغَ مِنْ شَأْنِكِ أَنْ تؤذي رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ! فَقَالَتْ: مَالِي وَمَالَكَ يَا ابْنَ الْخَطَّابِ! عَلَيْكَ بِعَيْبَتِكَ! «١» قَالَ فَدَخَلْتُ عَلَى حَفْصَةَ بِنْتِ عُمَرَ فَقُلْتُ لَهَا: يَا حَفْصَةُ، أَقَدْ بَلَغَ مِنْ شأنك أن تؤذي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ! وَاللَّهِ لَقَدْ عَلِمْتَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا يُحِبُّكِ، وَلَوْلَا أَنَا لَطَلَّقَكِ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. فَبَكَتْ أَشَدَّ الْبُكَاءِ، فَقُلْتُ لَهَا: أَيْنَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ؟ قَالَتِ: هُوَ فِي خِزَانَتِهِ فِي الْمَشْرُبَةِ. فَدَخَلْتُ فَإِذَا أَنَا بِرَبَاحٍ غُلَامِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَاعِدًا عَلَى أُسْكُفَّةِ «٢» الْمَشْرُبَةِ مُدَلٍّ رِجْلَيْهِ عَلَى نَقِيرٍ مِنْ خَشَبٍ، وَهُوَ جِذْعٌ يَرْقَى عَلَيْهِ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَيَنْحَدِرُ. فَنَادَيْتُ: يَا رَبَاحُ، اسْتَأْذِنْ لِي عِنْدَكَ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَنَظَرَ رَبَاحٌ إِلَى الْغَرْفَةِ ثُمَّ نَظَرَ إِلَيَّ فَلَمْ يَقُلْ شَيْئًا. ثُمَّ قُلْتُ: يَا رَبَاحُ، اسْتَأْذِنْ لِي عِنْدَكَ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَنَظَرَ رَبَاحٌ إِلَى الْغَرْفَةِ ثُمَّ نَظَرَ إِلَيَّ فَلَمْ يَقُلْ شَيْئًا. ثُمَّ رَفَعْتُ صَوْتِي فَقُلْتُ: يَا رَبَاحُ، اسْتَأْذِنْ لِي عِنْدَكَ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَإِنِّي أَظُنُّ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ظَنَّ أَنِّي جِئْتُ مِنْ أَجْلِ حَفْصَةَ، وَاللَّهِ لَئِنْ أَمَرَنِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِضَرْبِ عُنُقِهَا لَأَضْرِبَنَّ عُنُقَهَا، وَرَفَعْتُ صَوْتِي فَأَوْمَأَ إِلَيَّ أَنِ ارْقَهْ، فَدَخَلْتُ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَهُوَ مُضْطَجِعٌ عَلَى حَصِيرٍ، فَجَلَسْتُ فَأَدْنَى عَلَيْهِ إِزَارَهُ وَلَيْسَ عَلَيْهِ غَيْرُهُ، وَإِذَا الْحَصِيرُ قَدْ أَثَّرَ فِي جَنْبِهِ، فَنَظَرْتُ بِبَصَرِي فِي خِزَانَةِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَإِذَا أَنَا بِقَبْضَةٍ مِنْ شَعِيرٍ نَحْوِ الصَّاعِ، وَمِثْلِهَا قَرَظًا فِي نَاحِيَةِ الْغُرْفَةِ، وَإِذَا أَفِيقٌ «٣» مُعَلَّقٌ- قَالَ- فَابْتَدَرَتْ عَيْنَايَ. قَالَ: (ما يبكيك يا بن الخطاب) ؟ قلت يا نبي الله، وما لي لَا أَبْكِي وَهَذَا الْحَصِيرُ قَدْ أَثَّرَ فِي جَنْبِكَ، وَهَذِهِ خِزَانَتُكَ لَا أَرَى فِيهَا إِلَّا مَا أَرَى! وَذَاكَ قَيْصَرُ وَكَسْرَى فِي الثِّمَارِ وَالْأَنْهَارِ وَأَنْتَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ
(١). أَيُّ عليك بوعظ بنتك حفصة. والعيبة: وعاه يجعل الإنسان فيه أفضل ثيابه ونفيس متاعه، فثبهت ابنته بها. (٢). الأسكفة: العتبة. [ ..... ] (٣). الأفيق: هو الجلد الذي لم يتم دباغه.

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