Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

(car elle est) assidue aux veillées de prière et, certes, elle sera l’une de tes épouses au Paradis. Aussi ne la répudia-t-il pas.

« Lorsqu’il la mit au courant » : c’est-à-dire lorsqu’il informa Ḥafṣa de ce qu’Allah lui avait révélé.

« Elle dit : Qui t’a informé de cela, ô Messager d’Allah, de ma part ? » – Elle pensait que ʿĀʾisha le lui avait rapporté.

Il répondit, paix et salut sur lui :
« C’est l’Omniscient, le Parfaitement-Informé qui m’en a instruit », c’est-à-dire Celui à qui rien n’échappe.

Cette locution tient lieu des deux compléments d’objet que réclame le verbe ʿanbaʾa. Dans la première occurrence, le verbe nabbaʾa gouverne deux compléments, tandis que, dans la seconde, il n’en régit qu’un seul ; en effet, nabbaʾa et anbaʾa, lorsqu’ils ne s’introduisent pas sur un sujet (mubtadaʾ) et son attribut (khabar), peuvent se contenter soit d’un, soit de deux compléments. Mais, lorsqu’ils précèdent un sujet et son attribut, chacun d’eux requiert trois compléments, et il n’est pas permis de s’arrêter aux deux premiers sans le troisième ; car le troisième, à l’origine, correspond à l’attribut du sujet, qu’on ne saurait omettre, pas plus qu’on ne peut mentionner le sujet sans son attribut.

[ Sourate at-Taḥrîm (66), verset 4 ]
« Si vous vous repentez toutes deux auprès d’Allah, certes vos cœurs se sont inclinés ; mais si vous vous liguez contre lui, alors Allah est son Protecteur, ainsi que Jibrîl, les vertueux croyants, et, au-delà de cela, les anges seront encore son soutien. »

La parole du Très-Haut : « Si vous vous repentez auprès d’Allah » – c’est-à-dire Ḥafṣa et ʿĀʾisha – Il les exhorte à la repentance pour l’inclination qu’elles ont manifestée à l’encontre de l’agrément du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue.

« Vos cœurs se sont inclinés » : ils se sont détournés de la vérité, car toutes deux ont aimé ce que le Prophète – paix et bénédictions sur lui – détestait : qu’il s’abstienne de sa concubine et qu’il renonce au miel, alors qu’il aimait, sur lui la paix, le miel et les femmes.

Ibn Zayd dit : leurs cœurs se sont portés vers le fait qu’il se retînt de la mère de son fils ; elles se réjouirent ainsi de ce que détestait le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue.

Et l’on a dit : « Vos cœurs se sont inclinés » : c’est-à-dire qu’ils se sont penchés vers la repentance.

Il a dit : « fa-qad ṣaghata qulūbukumā (vos cœurs se sont inclinés) » et non « fa-qad ṣaghā qalbakumā (vos deux cœurs) ». Chez les Arabes, lorsqu’ils mentionnent deux choses, ils emploient souvent la forme plurielle, car cela ne prête pas à confusion. Ce point a déjà été expliqué dans al-Māʾida, dans Sa parole exaltée : « Coupez-leur donc les mains » [al-Māʾida : 38].

Et l’on a dit : chaque fois qu’une annexion est maintenue en même temps que la dualité, la forme plurielle lui convient mieux, car elle est plus ample et plus légère.

Et ce n’est pas parce qu’Il a dit : « fa-qad ṣaghata qulūbukumā… »

قَوَّامَةٌ وَإِنَّهَا مِنْ نِسَائِكَ فِي الْجَنَّةِ) فَلَمْ يُطَلِّقْهَا. (فَلَمَّا نَبَّأَها بِهِ) أَيْ أَخْبَرَ حَفْصَةَ بِمَا أَظْهَرَهُ اللَّهُ عَلَيْهِ. (قالَتْ مَنْ أَنْبَأَكَ هَذَا) يَا رَسُولَ اللَّهِ عَنِّي. فَظَنَّتْ أَنَّ عَائِشَةَ أَخْبَرَتْهُ، فَقَالَ عَلَيْهِ السَّلَامُ: (نَبَّأَنِيَ الْعَلِيمُ الْخَبِيرُ) أي الذي لا يخفى عليه شي. وَهَذَا سَدَّ مَسَدَّ مَفْعُولَيْ أَنْبَأَ. وَ (نَبَّأَ) الأول تعدى إلى مفعول، وَ (نَبَّأَ) الثَّانِي تَعَدَّى إِلَى مَفْعُولٍ وَاحِدٍ، لِأَنَّ نَبَّأَ وَأَنْبَأَ إِذَا لَمْ يَدْخُلَا عَلَى الْمُبْتَدَأِ وَالْخَبَرِ جَازَ أَنْ يُكْتَفَى فِيهِمَا بِمَفْعُولٍ وَاحِدٍ وَبِمَفْعُولَيْنِ، فَإِذَا دَخَلَا عَلَى الِابْتِدَاءِ وَالْخَبَرِ تعدى كل واحد منهما إلى ثلاثة مفعولين. وَلَمْ يَجُزِ الِاقْتِصَارُ عَلَى الِاثْنَيْنِ دُونَ الثَّالِثِ، لِأَنَّ الثَّالِثَ هُوَ خَبَرُ الْمُبْتَدَأِ فِي الْأَصْلِ فَلَا يُقْتَصَرُ دُونَهُ، كَمَا لَا يُقْتَصَرُ عَلَى المبتدأ دون الخبر. [[سورة التحريم (٦٦) : آية ٤]] إِنْ تَتُوبا إِلَى اللَّهِ فَقَدْ صَغَتْ قُلُوبُكُما وَإِنْ تَظاهَرا عَلَيْهِ فَإِنَّ اللَّهَ هُوَ مَوْلاهُ وَجِبْرِيلُ وَصالِحُ الْمُؤْمِنِينَ وَالْمَلائِكَةُ بَعْدَ ذلِكَ ظَهِيرٌ (٤) قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِنْ تَتُوبا إِلَى اللَّهِ) يَعْنِي حَفْصَةَ وَعَائِشَةَ، حَثَّهُمَا عَلَى التَّوْبَةِ عَلَى مَا كَانَ مِنْهُمَا مِنَ الْمَيْلِ إِلَى خِلَافِ مَحَبَّةِ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. (فَقَدْ صَغَتْ قُلُوبُكُما) أَيْ زَاغَتْ وَمَالَتْ عَنِ الْحَقِّ. وَهُوَ أَنَّهُمَا أَحَبَّتَا مَا كَرِهَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنَ اجْتِنَابِ جَارِيَتِهِ وَاجْتِنَابِ الْعَسَلِ، وَكَانَ عَلَيْهِ السَّلَامُ يُحِبُّ الْعَسَلَ وَالنِّسَاءَ. قَالَ ابْنُ زَيْدٍ: مَالَتْ قُلُوبُهُمَا بِأَنْ سَرَّهُمَا أَنْ يَحْتَبِسَ عَنْ أُمِّ وَلَدِهِ، فَسَرَّهُمَا مَا كَرِهَهُ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. وَقِيلَ: فَقَدْ مَالَتْ قُلُوبُكُمَا إِلَى التَّوْبَةِ. وَقَالَ: فَقَدْ صَغَتْ قُلُوبُكُما وَلَمْ يَقُلْ: فَقَدْ صَغَى قلبا كما، وَمِنْ شَأْنِ الْعَرَبِ إِذَا ذَكَرُوا الشَّيْئَيْنِ، مِنَ اثْنَيْنِ جَمَعُوهُمَا، لِأَنَّهُ لَا يُشْكِلُ. وَقَدْ مَضَى هَذَا الْمَعْنَى فِي " الْمَائِدَةِ" فِي قَوْلِهِ تَعَالَى: فَاقْطَعُوا أَيْدِيَهُما «١» [المائدة: ٣٨] . وَقِيلَ: كُلَّمَا ثَبَتَتِ الْإِضَافَةُ فِيهِ مَعَ التَّثْنِيَةِ فَلَفْظُ الْجَمْعِ أَلْيَقُ بِهِ، لِأَنَّهُ أَمْكَنُ وَأَخَفُّ. وليس قوله: فَقَدْ صَغَتْ قُلُوبُكُما
(١). راجع ج ٦ ص ١٧٣

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