Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il dit : Hafṣa surprit le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — en compagnie de Māriya, la mère d’Ibrāhīm. Il lui dit alors : « Ne le révèle pas à ʿĀʾisha. » Puis il ajouta : « Ton père et le sien exerceront l’autorité — ou détiendront le pouvoir — après moi ; ne le révèle donc pas à ʿĀʾisha. »

Hafṣa alla cependant rapporter l’affaire à ʿĀʾisha ; Allah en informa le Prophète, si bien qu’il en fit connaître une partie et passa sous silence une autre. Il s’écarta notamment de cette parole : « Ton père et le sien seront après moi », car le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — répugnait à ce que cela se propage parmi les gens.

« Lorsqu’elle le divulgua » : c’est-à-dire lorsqu’elle en informa ʿĀʾisha, en raison de l’affection qui les unissait ; toutes deux formaient un parti contre les autres épouses du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue.

« Et Allah l’en informa » : autrement dit, Il lui fit savoir qu’elle avait divulgué le secret.

Ṭalḥa b. Muṣarrif a récité : « lorsqu’elle l’eut anbāʾat » ; anbāʾa et nabbaʾa sont deux formes linguistiques équivalentes.

Le sens de « Il fit connaître une partie et passa sous silence une partie » est qu’il fit savoir à Hafṣa une part de ce qui lui avait été révélé — à savoir qu’elle avait informé ʿĀʾisha de ce qu’il lui avait interdit de divulguer — et qu’il passa sur une autre part par égard pour elle ; c’est l’avis de as-Suddi.

Al-Ḥasan déclara : « Jamais un noble ne cherche à tout relever » ; Allah, exalté soit-Il, dit en effet : « Il fit connaître une partie et passa sous silence une partie. »

Muqātil dit : il l’informa d’une partie de ce qu’elle avait dit à ʿĀʾisha — l’affaire de sa concubine — et ne lui fit pas connaître l’autre partie, à savoir la parole de Hafṣa à ʿĀʾisha : « Abū Bakr et ʿUmar détiendront le pouvoir après lui. »

La récitation courante est « ʿarrafa » (avec redoublement) ; c’est le sens que nous venons d’exposer, et cette lecture a été retenue par Abū ʿUbayd et Abū Ḥātim. Elle est corroborée par Sa parole : « et Il passa sous silence une partie », c’est-à-dire qu’Il ne la lui fit pas connaître. Si le verbe avait été allégé, l’opposé aurait été : « wa ankara baʿḍan » (et Il en nia une partie).

ʿAlī, Ṭalḥa b. Muṣarrif, Abū ʿAbd ar-Raḥmān as-Sulamī, al-Ḥasan, Qatāda, al-Kalbī, al-Kisāʾī et al-Aʿmash, d’après Abū Bakr, ont récité « ʿarafa » sans redoublement. ʿAṭāʾ rapporte qu’Abū ʿAbd ar-Raḥmān as-Sulamī, lorsqu’un lecteur récitait devant lui « ʿarrafa » avec redoublement, le lapidait de cailloux.

Al-Farrāʾ dit : le sens de la parole du Très-Haut « ʿarafa baʿḍahu » au mode allégé est : Il se mit en colère à ce sujet et la rétribua pour cela ; semblable est ta parole à celui qui t’a lésé : « La-ʿarifanna laka mâ faʿalta », c’est-à-dire : « Je te le ferai payer. »

Le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — la rétribua en la répudiant d’un seul divorce révocable. ʿUmar dit alors : « S’il y avait du bien dans les gens de al-Khaṭṭāb, le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — ne t’aurait pas répudiée. »

Jibrîl ordonna cependant au Prophète de la reprendre et intercéda en sa faveur. Le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — se retira de ses épouses durant un mois et s’installa dans la chambre haute de Māriya, mère d’Ibrāhīm, jusqu’à ce que descendît le verset de l’Interdiction, comme cela a été précédemment exposé.

On a également dit qu’il avait résolu de la répudier jusqu’à ce que Jibrîl lui dise : « Ne la répudie pas, car elle est grande jeûneuse… »

قَالَ: اطَّلَعَتْ حَفْصَةُ عَلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَعَ أُمِّ إِبْرَاهِيمَ فَقَالَ: (لَا تُخْبِرِي عَائِشَةَ) وَقَالَ لَهَا (إِنَّ أَبَاكِ وَأَبَاهَا سَيَمْلِكَانِ أَوْ سَيَلِيَانِ بَعْدِي فَلَا تُخْبِرِي عَائِشَةَ) قَالَ: فَانْطَلَقَتْ حَفْصَةُ فَأَخْبَرَتْ عَائِشَةَ فَأَظْهَرَهُ اللَّهُ عَلَيْهِ، فَعَرَّفَ بَعْضَهُ وَأَعْرَضَ عَنْ بَعْضٍ. قَالَ أَعْرَضَ عَنْ قَوْلِهِ: (إِنَّ أَبَاكِ وَأَبَاهَا يَكُونَانِ بَعْدِي) . كَرِهَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ يَنْشُرَ ذَلِكَ فِي النَّاسِ. (فَلَمَّا نَبَّأَتْ بِهِ) أَيْ أَخْبَرَتْ بِهِ عَائِشَةَ لِمُصَافَاةٍ كَانَتْ بَيْنَهُمَا، وَكَانَتَا مُتَظَاهِرَتَيْنِ عَلَى نِسَاءِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. (وَأَظْهَرَهُ اللَّهُ عَلَيْهِ) أَيْ أَطْلَعَهُ اللَّهُ عَلَى أَنَّهَا قَدْ نَبَّأَتْ بِهِ. وَقَرَأَ طَلْحَةُ بْنُ مُصَرِّفٍ فَلَمَّا أَنْبَأَتْ وَهُمَا لُغَتَانِ: أَنْبَأَ وَنَبَّأَ. وَمَعْنَى عَرَّفَ بَعْضَهُ وَأَعْرَضَ عَنْ بَعْضٍ عَرَّفَ حَفْصَةَ بَعْضَ مَا أُوحِيَ إِلَيْهِ مِنْ أَنَّهَا أَخْبَرَتْ عَائِشَةَ بِمَا نَهَاهَا عَنْ أَنْ تُخْبِرَهَا، وَأَعْرَضَ عَنْ بَعْضٍ تَكَرُّمًا، قَالَهُ السُّدِّيُّ. وَقَالَ الْحَسَنُ: مَا اسْتَقْصَى كَرِيمٌ قَطُّ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى عَرَّفَ بَعْضَهُ وَأَعْرَضَ عَنْ بَعْضٍ. وَقَالَ مُقَاتِلٌ: يَعْنِي أَخْبَرَهَا بِبَعْضِ مَا قَالَتْ لِعَائِشَةَ، وَهُوَ حَدِيثُ أُمِّ وَلَدِهِ وَلَمْ يُخْبِرْهَا بِبَعْضٍ وَهُوَ قَوْلُ حَفْصَةَ لِعَائِشَةَ: إِنَّ أَبَا بَكْرٍ وَعُمَرَ سَيَمْلِكَانِ بَعْدَهُ. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ عَرَّفَ مُشَدَّدًا، وَمَعْنَاهُ مَا ذَكَرْنَاهُ. وَاخْتَارَهُ أَبُو عُبَيْدٍ وَأَبُو حَاتِمٍ، يَدُلُّ عَلَيْهِ قَوْلُهُ تَعَالَى: وَأَعْرَضَ عَنْ بَعْضٍ أَيْ لَمْ يُعَرِّفْهَا إِيَّاهُ. وَلَوْ كَانَتْ مُخَفَّفَةً لَقَالَ فِي ضِدِّهِ وَأَنْكَرَ بَعْضًا. وَقَرَأَ عَلِيٌّ وَطَلْحَةُ بْنُ مُصَرِّفٍ وَأَبُو عَبْدِ الرَّحْمَنِ السُّلَمِيُّ وَالْحَسَنُ وَقَتَادَةُ وَالْكَلْبِيُّ وَالْكِسَائِيُّ وَالْأَعْمَشُ عَنْ أَبِي بَكْرٍ (عَرَفَ) مُخَفَّفَةً. قَالَ عَطَاءٌ: كَانَ أَبُو عَبْدِ الرَّحْمَنِ السُّلَمِيُّ إِذَا قَرَأَ عَلَيْهِ الرَّجُلُ عَرَّفَ مُشَدَّدَةً حَصَبَهُ بِالْحِجَارَةِ. قَالَ الْفَرَّاءُ: وَتَأْوِيلُ قَوْلِهِ عَزَّ وَجَلَّ: (عَرَفَ بَعْضَهُ) بِالتَّخْفِيفِ، أَيْ غَضِبَ فِيهِ وَجَازَى عَلَيْهِ، وَهُوَ كَقَوْلِكَ لِمَنْ أَسَاءَ إِلَيْكَ: لا عرفن لَكَ مَا فَعَلْتَ، أَيْ لَأُجَازِيَنَّكَ عَلَيْهِ. وَجَازَاهَا النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِأَنْ طَلَّقَهَا طَلْقَةً وَاحِدَةً. فَقَالَ عُمَرُ: لَوْ كَانَ فِي آلِ الْخَطَّابِ خَيْرٌ لَمَا كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ طَلَّقَكِ. فَأَمَرَهُ جِبْرِيلُ بِمُرَاجَعَتِهَا وَشَفَعَ فِيهَا. وَاعْتَزَلَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نِسَاءَهُ شَهْرًا، وَقَعَدَ فِي مَشْرُبَةِ مَارِيَةَ أُمِّ إِبْرَاهِيمَ حَتَّى نَزَلَتْ آيَةُ التَّحْرِيمِ عَلَى مَا تَقَدَّمَ. وَقِيلَ: هَمَّ بِطَلَاقِهَا حَتَّى قَالَ لَهُ جِبْرِيلُ: (لَا تُطَلِّقُهَا فَإِنَّهَا صَوَّامَةٌ

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