Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

et, à plus forte raison, son effet sur celle avec laquelle il avait consommé. Il est donc nécessaire que le sens soit identique, à savoir l’interdiction ; et Allah est plus Savant. – Tout ce qui précède concerne l’épouse. – Quant à la servante, rien de tout cela ne s’applique, sauf si l’homme a, selon Mālik, l’intention de l’affranchir. La majorité des savants estiment toutefois qu’il doit s’acquitter de l’expiation d’un serment.

Ibn al-ʿArabī : l’avis correct est qu’il ne s’agit que d’une seule répudiation, car, s’il avait explicitement mentionné le divorce, le minimum aurait été une répudiation unique, à moins qu’il n’en énumère un nombre supérieur. De même, lorsqu’il use du terme d’« interdiction », on retient la portée la plus réduite, à moins qu’il n’en précise lui-même la portée maximale, par exemple en disant : « Tu m’es interdite jusqu’à ce que tu aies été mariée à un autre époux » ; il explicite alors clairement son intention.

Je dis : la plupart des exégètes soutiennent que le verset fut révélé au sujet de Ḥafṣa, lorsque le Prophète – paix et salut d’Allah sur lui – s’isola dans sa demeure avec sa servante ; al-Thaʿlabī l’a rapporté. Dès lors, c’est comme s’il était dit : « Il ne t’est pas interdit ce que tu t’es interdit à toi-même, mais il t’incombe l’expiation d’un serment », que l’interdiction porte sur le miel ou sur la servante. Autrement dit : « La chose dont tu t’es privé ne t’est pas réellement illicite ; seulement, tu as joint à cette interdiction un serment : acquitte donc l’expiation de ton serment. » Cela est exact, car le Prophète – paix et salut sur lui – s’interdit d’abord la chose, puis il prêta serment, comme l’a relaté ad-Dâraqutnî.

Al-Bukhârî a rapporté la même signification, dans l’épisode du miel, d’après ʿUbayd ibn ʿUmayr, d’après ʿÂʾisha, qui dit :
« Le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – buvait du miel chez Zaynab bint Jaḥsh et y restait quelque temps. Ḥafṣa et moi convinmes que celle d’entre nous chez qui il entrerait lui dirait : “As-tu mangé du maghâfîr ? Je sens de toi l’odeur du maghâfîr !” Il répondit :

« Non, mais j’ai bu du miel ; je n’y reviendrai plus, et j’ai juré – ne le dis à personne. »

Il cherchait ainsi la satisfaction de ses épouses. Par sa parole : « Je n’y reviendrai plus », il exprimait une interdiction ; et par : « J’ai juré », il signifiait « par Allah », preuve en est qu’Allah, exalté soit-Il, lui révéla alors Son blâme et le renvoya à l’expiation d’un serment en disant :
« Ô Prophète ! Pourquoi t’interdis-tu ce qu’Allah t’a rendu licite ? » c’est-à-dire le miel dont il s’était interdit l’usage par sa parole : « Je n’y reviendrai plus », « cherchant la satisfaction de tes épouses », autrement dit : tu as agi ainsi pour obtenir leur agrément. « Et Allah est Pardonneur, Miséricordieux » : Pardonneur de ce qui a motivé le blâme, Miséricordieux en levant toute sanction.

On a dit qu’il s’agissait chez lui d’un péché mineur ; l’opinion juste est qu’il s’agit seulement d’un blâme pour avoir délaissé ce qui était préférable, et qu’il ne lui fut imputé ni faute mineure ni majeure.

نُفُوذَهَا فِي الَّتِي دَخَلَ بِهَا. وَمِنَ الْوَاجِبِ أَنْ يَكُونَ الْمَعْنَى مِثْلَهُ وَهُوَ التَّحْرِيمُ". وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَهَذَا كُلُّهُ فِي الزَّوْجَةِ. وَأَمَّا فِي الامة فلا يلزم فيها شي من ذلك، إلا أن يَنْوِي بِهِ الْعِتْقَ عِنْدَ مَالِكٍ. وَذَهَبَ عَامَّةُ الْعُلَمَاءِ إِلَى أَنَّ عَلَيْهِ كَفَّارَةَ يَمِينٍ. ابْنُ الْعَرَبِيِّ. وَالصَّحِيحُ أَنَّهَا طَلْقَةٌ وَاحِدَةٌ، لِأَنَّهُ لَوْ ذَكَرَ الطَّلَاقَ لَكَانَ أَقَلَّهُ وَهُوَ الْوَاحِدَةُ إِلَّا أَنْ يُعَدِّدَهُ. كَذَلِكَ إِذَا ذَكَرَ التَّحْرِيمَ يَكُونُ أَقَلَّهُ إِلَّا أَنْ يُقَيِّدَهُ بِالْأَكْثَرِ، مِثْلَ أَنْ يَقُولَ أَنْتِ عَلَيَّ حَرَامٌ إِلَّا بَعْدَ زَوْجٍ، فَهَذَا نَصَّ عَلَى الْمُرَادِ. قُلْتُ: أَكْثَرُ الْمُفَسِّرِينَ عَلَى أَنَّ الْآيَةَ نَزَلَتْ فِي حَفْصَةَ لَمَّا خَلَا النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي بَيْتِهَا بِجَارِيَتِهِ، ذَكَرَهُ الثَّعْلَبِيُّ. وَعَلَى هَذَا فَكَأَنَّهُ قَالَ: لَا يَحْرُمُ عَلَيْكَ مَا حَرَّمْتَهُ عَلَى نَفْسِكَ وَلَكِنْ عَلَيْكَ كَفَّارَةُ يَمِينٍ، وَإِنْ كَانَ فِي تَحْرِيمِ الْعَسَلِ وَالْجَارِيَةِ أَيْضًا. فَكَأَنَّهُ قَالَ: لَمْ يَحْرُمْ عَلَيْكَ مَا حَرَّمْتَهُ، وَلَكِنْ ضَمَمْتَ إِلَى التَّحْرِيمِ يَمِينًا فَكَفِّرْ عَنِ الْيَمِينِ. وَهَذَا صَحِيحٌ، فَإِنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حَرَّمَ ثُمَّ حَلَفَ، كَمَا ذَكَرَهُ الدَّارَقُطْنِيُّ. وَذَكَرَ الْبُخَارِيُّ مَعْنَاهُ فِي قِصَّةِ الْعَسَلِ عَنْ عُبَيْدِ ابن عُمَيْرٍ عَنْ عَائِشَةَ قَالَتْ: كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَشْرَبُ عِنْدَ زَيْنَبَ بِنْتِ جَحْشٍ عَسَلًا وَيَمْكُثُ عِنْدَهَا، فَتَوَاطَأْتُ أَنَا وَحَفْصَةُ عَلَى أَيَّتِنَا دَخَلَ عَلَيْهَا فَلْتَقُلْ: أَكَلْتَ مَغَافِيرَ؟ إِنِّي لَأَجِدُ مِنْكَ رِيحَ مَغَافِيرَ! قَالَ: (لَا وَلَكِنْ شَرِبْتُ عَسَلًا وَلَنْ أَعُودَ لَهُ وَقَدْ حَلَفْتُ لَا تُخْبِرِي بِذَلِكَ أَحَدًا) . يَبْتَغِي مَرْضَاتَ أَزْوَاجِهِ. فَيَعْنِي بِقَوْلِهِ: (وَلَنْ أَعُودَ لَهُ عَلَى جِهَةِ التَّحْرِيمِ. وَبِقَوْلِهِ: ) حَلَفْتُ) أَيْ بِاللَّهِ، بِدَلِيلِ أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى أَنْزَلَ عَلَيْهِ عِنْدَ ذَلِكَ مُعَاتَبَتَهُ عَلَى ذَلِكَ، وَحَوَالَتَهُ عَلَى كَفَّارَةِ الْيَمِينِ بِقَوْلِهِ تَعَالَى: يَا أَيُّهَا النَّبِيُّ لِمَ تُحَرِّمُ مَا أَحَلَّ اللَّهُ لَكَ يَعْنِي الْعَسَلَ الْمُحَرَّمَ بِقَوْلِهِ: (لَنْ أَعُودَ لَهُ) . تَبْتَغِي مَرْضاتَ أَزْواجِكَ أَيْ تَفْعَلُ ذَلِكَ طَلَبًا لِرِضَاهُنَّ. وَاللَّهُ غَفُورٌ رَحِيمٌ غَفُورٌ لِمَا أَوْجَبَ الْمُعَاتَبَةَ، رَحِيمٌ بِرَفْعِ الْمُؤَاخَذَةِ. وَقَدْ قِيلَ: إِنَّ ذَلِكَ كَانَ ذَنْبًا مِنَ الصَّغَائِرِ. وَالصَّحِيحُ أَنَّهُ مُعَاتَبَةٌ عَلَى تَرْكِ الْأَوْلَى، وَأَنَّهُ لَمْ تَكُنْ لَهُ صَغِيرَةٌ ولا كبيرة.

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