Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

D’après Saʿîd ibn Jubayr, d’après Ibn ʿAbbâs : un homme vint le trouver et lui dit :
« J’ai déclaré ma femme interdite pour moi. »
Il lui répondit : « Tu mens ! Elle ne t’est pas interdite. » Puis il récita : « Ô Prophète ! Pourquoi t’interdis-tu ce qu’Allah t’a rendu licite ? » et ajouta : « La plus lourde des expiations te frappe : l’affranchissement d’un esclave. »

Un groupe d’exégètes a rapporté que, lorsque ce verset fut révélé, le Prophète — paix et salut d’Allah sur lui — s’acquitta de l’expiation de son serment en affranchissant un esclave et revint auprès de Mâriya. C’est l’avis de Zayd ibn Aslam et d’autres.

Cinquièmement : nos savants disent que la cause de la divergence dans ce chapitre tient au fait qu’il n’existe, ni dans le Livre d’Allah ni dans la Sunna du Messager d’Allah — paix et salut sur lui —, de texte explicite ni même d’indication apparente sûre sur laquelle on puisse se fonder pour cette question ; les avis des savants s’en sont donc trouvés écartelés.

• Celui qui s’est attaché au principe juridique de l’innocence originelle a dit : « Il n’y a pas de statut juridique ; rien n’est donc imposé. »

• Celui qui a affirmé qu’il s’agit d’un serment (yamîn) a objecté : « Allah l’a appelé yamîn. »

• Celui qui a estimé qu’une expiation est due bien qu’il ne s’agisse pas d’un serment a bâti son opinion sur l’un des deux fondements suivants :

  1. Il a pensé qu’Allah Très-Haut a rendu obligatoire l’expiation dans ce cas, quand bien même il ne s’agirait pas d’un serment » ¹.
  2. Il considère que le terme « yamîn » signifie ici « interdiction » ; l’expiation a donc été prescrite pour ce sens-là.

• Celui qui a dit que c’est une répudiation révocable (ṭalqa rajʿiyya) a pris l’expression selon sa signification minimale ; or la répudiation révocable interdit également les rapports, si bien que le terme peut s’y appliquer. Cet avis engage Mâlik, car il affirme que la répudiation révocable interdit les rapports.

• Quant à celui qui a dit qu’elle équivaut à trois répudiations, il a retenu le sens le plus large du terme, à savoir le triple divorce.

• Celui qui a jugé qu’il s’agit d’un ẓihâr l’a fait parce que c’est le degré le plus léger de l’interdiction : c’est une interdiction qui ne dissout pas le mariage.

• Celui qui a dit que c’est une répudiation définitive (bâ’ina) s’est appuyé sur le fait que le divorce révocable ne rend pas la divorcée interdite, alors que le divorce définitif l’interdit.

• Quant à l’avis de Yaḥyâ ibn ʿUmar, il a voulu la précaution : il l’a considérée comme un divorce ; puis, lorsque l’époux a repris sa femme, il a exigé à titre de précaution qu’il s’acquitte également de l’expiation.

Ibn al-ʿArabî dit : « Ceci n’est pas recevable, car il réunit deux contraires : ẓihâr et divorce ne sauraient se rencontrer dans le sens d’une seule et même formule. Il n’y a donc pas lieu de prendre précaution là où la preuve n’admet pas leur jonction. »

• Celui qui a dit que l’intention est prise en compte pour l’épouse avec laquelle le mariage n’a pas été consommé, l’a fondé sur le fait qu’une seule répudiation suffit à la séparer et à l’interdire légalement, par consensus.

• De même, celui qui ne tient pas compte de l’intention affirme qu’une seule répudiation suffit, avant la consommation, pour entraîner l’interdiction, par consensus ; il se contente donc du minimum admis par tous.

• Enfin, celui qui soutient que la formule vaut trois répudiations dans les deux cas a adopté la solution la plus rigoureuse : s’il avait explicitement prononcé « trois », celles-ci auraient pris effet même à l’encontre de celle avec laquelle il n’avait pas encore consommé.

عَنْ سَعِيدِ بْنِ جُبَيْرٍ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَنَّهُ أَتَاهُ رَجُلٌ فَقَالَ: إِنِّي جَعَلْتُ امْرَأَتِي عَلَيَّ حَرَامًا. فَقَالَ: كَذَبْتَ! لَيْسَتْ عَلَيْكَ بِحَرَامٍ، ثُمَّ تَلَا يَا أَيُّهَا النَّبِيُّ لِمَ تُحَرِّمُ مَا أَحَلَّ اللَّهُ لَكَ عَلَيْكَ أَغْلَظُ الْكَفَّارَاتِ: عِتْقُ رَقَبَةٍ. وَقَدْ قَالَ جَمَاعَةٌ مِنْ أَهْلِ التَّفْسِيرِ: إِنَّهُ لَمَّا نَزَلَتْ هَذِهِ الْآيَةُ كَفَّرَ عَنْ يَمِينِهِ بِعِتْقِ رَقَبَةٍ، وَعَادَ إِلَى مَارِيَةَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، قَالَهُ زَيْدُ بْنُ أَسْلَمَ وَغَيْرُهُ. الْخَامِسَةُ- قَالَ عُلَمَاؤُنَا: سَبَبُ الِاخْتِلَافِ فِي هَذَا الْبَابِ أَنَّهُ لَيْسَ فِي كِتَابِ اللَّهِ وَلَا فِي سُنَّةِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَصٌّ وَلَا ظَاهِرٌ صَحِيحٌ يُعْتَمَدُ عَلَيْهِ فِي هَذِهِ الْمَسْأَلَةِ، فَتَجَاذَبَهَا الْعُلَمَاءُ لِذَلِكَ. فَمَنْ تَمَسَّكَ بِالْبَرَاءَةِ الْأَصْلِيَّةِ فَقَالَ: لَا حكم، فلا يلزم بها شي. وَأَمَّا مَنْ قَالَ إِنَّهَا يَمِينٌ، فَقَالَ: سَمَّاهَا اللَّهُ يَمِينًا. وَأَمَّا مَنْ قَالَ: تَجِبُ فِيهَا كَفَّارَةٌ وَلَيْسَتْ بِيَمِينٍ، فَبَنَاهُ عَلَى أَحَدِ أَمْرَيْنِ: أَحَدُهُمَا- أَنَّهُ ظَنَّ أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى أَوْجَبَ الْكَفَّارَةَ فِيهَا وَإِنْ «١» لَمْ تَكُنْ يَمِينًا. وَالثَّانِي- أَنَّ مَعْنَى الْيَمِينِ عِنْدَهُ التَّحْرِيمُ، فَوَقَعَتِ الْكَفَّارَةُ عَلَى الْمَعْنَى. وَأَمَّا مَنْ قَالَ: إِنَّهَا طَلْقَةٌ رَجْعِيَّةٌ، فَإِنَّهُ حَمَلَ اللَّفْظَ عَلَى أَقَلِّ وُجُوهِهِ، والرجعية محرمة الوطي كَذَلِكَ، فَيُحْمَلُ اللَّفْظُ عَلَيْهِ. وَهَذَا يَلْزَمُ مَالِكًا، لقوله: إن الرجعية محرمة الوطي. وَكَذَلِكَ وَجْهُ مَنْ قَالَ: إِنَّهَا ثَلَاثٌ، فَحَمَلَهُ عَلَى أَكْبَرِ مَعْنَاهُ وَهُوَ الطَّلَاقُ الثَّلَاثُ. وَأَمَّا مَنْ قَالَ: إِنَّهُ ظِهَارٌ، فَلِأَنَّهُ أَقَلُّ دَرَجَاتِ التَّحْرِيمِ، فَإِنَّهُ تَحْرِيمٌ لَا يَرْفَعُ النِّكَاحَ. وَأَمَّا مَنْ قَالَ: إِنَّهُ طَلْقَةٌ بَائِنَةٌ، فَعَوَّلَ عَلَى أَنَّ الطَّلَاقَ الرَّجْعِيَّ لَا يُحَرِّمُ الْمُطَلَّقَةَ، وَأَنَّ الطَّلَاقَ الْبَائِنَ يُحَرِّمُهَا. وَأَمَّا قَوْلُ يَحْيَى بْنِ عُمَرَ فَإِنَّهُ احْتَاطَ بِأَنْ جَعَلَهُ طَلَاقًا، فَلَمَّا ارْتَجَعَهَا احْتَاطَ بِأَنْ يَلْزَمَهُ الْكَفَّارَةُ. ابْنُ الْعَرَبِيِّ: " وَهَذَا لَا يَصِحُّ، لِأَنَّهُ جَمَعَ بَيْنَ الْمُتَضَادَّيْنِ، فَإِنَّهُ لَا يَجْتَمِعُ ظِهَارٌ وَطَلَاقٌ فِي مَعْنَى لَفْظٍ وَاحِدٍ، فَلَا وَجْهَ لِلِاحْتِيَاطِ فِيمَا لَا يَصِحُّ اجْتِمَاعُهُ فِي الدَّلِيلِ. وَأَمَّا مَنْ قَالَ: إِنَّهُ يُنْوَى فِي الَّتِي لَمْ يَدْخُلْ بِهَا، فَلِأَنَّ الْوَاحِدَةَ تُبِينُهَا وَتُحَرِّمُهَا شَرْعًا إِجْمَاعًا. وَكَذَلِكَ قَالَ مَنْ لَمْ يَحْكُمْ بِاعْتِبَارِ نِيَّتِهِ: إِنَّ الْوَاحِدَةَ تَكْفِي قَبْلَ الدُّخُولِ فِي التَّحْرِيمِ بِالْإِجْمَاعِ، فَيَكْفِي أَخْذًا بِالْأَقَلِّ الْمُتَّفَقِ عَلَيْهِ. وَأَمَّا مَنْ قَالَ: إِنَّهُ ثَلَاثٌ فِيهِمَا، فَلِأَنَّهُ أَخْذٌ بِالْحُكْمِ الْأَعْظَمِ، فَإِنَّهُ لَوْ صَرَّحَ بِالثَّلَاثِ لَنَفَذَتْ فِي التي لم يدخل بها
(١). في ابن العربي:" ولم تكن".

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