Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Onzième avis : pour l’épouse avec laquelle la consommation n’a pas eu lieu, la formule équivaut à une seule répudiation ; pour celle dont le mariage est consommé, elle en vaut trois. Tel est l’avis d’Abû Muṣʿab et de Muḥammad ibn ʿAbd al-Ḥakam « 1 ».

Douzième avis : si l’auteur de la formule a eu l’intention du divorce ou du ẓihâr, on retient ce qu’il a visé. S’il a voulu le divorce, on compte une répudiation définitive, à moins qu’il n’ait expressément voulu trois. S’il a eu l’intention de deux, on ne lui en impute qu’une. S’il n’a formé aucune intention, la formule est considérée comme un serment et l’homme devient mûlî, c’est-à-dire qu’il a juré de s’abstenir de son épouse. Telle est la position d’Abû Ḥanîfa et de ses disciples. Zufar adopte la même opinion, sauf qu’il dit : « S’il a voulu deux répudiations, nous les lui imposons. »

Treizième avis : l’intention de ẓihâr ne lui est d’aucun profit ; la formule ne peut être qu’un divorce. C’est l’avis d’Ibn al-Qâsim.

Quatorzième avis : selon Yaḥyâ ibn ʿUmar, la formule constitue un divorce ; et, s’il reprend son épouse, il ne lui est pas permis de l’approcher avant d’avoir acquitté l’expiation du ẓihâr.

Quinzième avis : s’il a visé le divorce, il en assume le nombre qu’il avait en vue ; s’il n’en a voulu qu’une, la répudiation est révocable. Tel est l’avis d’ash-Shâfiʿî — qu’Allah lui fasse miséricorde —, et l’on rapporte identiquement d’Abû Bakr, ʿUmar et d’autres Compagnons ainsi que de Successeurs.

Seizième avis : s’il a eu l’intention de trois répudiations, il y en a trois ; s’il a voulu une seule, il y en a une ; s’il a entendu par là un serment, c’est un serment ; et, s’il n’a eu aucune intention, rien ne lui incombe. Tel est l’avis de Sufyân. Al-Awzâʿî et Abû Thawr partagent cet avis, sauf qu’ils disent : « S’il n’a eu aucune intention, il s’agit d’une seule répudiation. »

Dix-septième avis : on se conforme à son intention, sans que cela puisse être inférieur à une répudiation. C’est l’opinion d’Ibn Shihâb. Ibn al-ʿArabî dit : « S’il n’a eu aucune intention, rien ne lui est imposé. »

Dix-huitième avis — rapporté de Saʿîd ibn Jubayr : il doit affranchir un esclave, même s’il n’a pas formulé un ẓihâr. Je n’en connais pas la justification, mais, selon moi, cette opinion n’est pas invraisemblable parmi les diverses positions « 2 ».

Je (l’auteur) dis : ad-Dâraqutnî l’a effectivement mentionné dans ses Sunan d’après Ibn ʿAbbâs ; il rapporte : al-Ḥusayn ibn Ismâʿîl nous a narré — Muḥammad ibn Manṣûr nous a narré — Rûḥ nous a narré — Sufyân ath-Thawrî, d’après Sâlim al-Aftaṣ

وَحَادِي عَشَرَهَا- هِيَ فِي الَّتِي لَمْ يَدْخُلْ بِهَا وَاحِدَةٌ، وَفِي الَّتِي دَخَلَ بِهَا ثَلَاثٌ، قَالَهُ أَبُو مُصْعَبٍ وَمُحَمَّدُ بْنُ عَبْدِ الْحَكَمِ «١» . وَثَانِي عَشَرَهَا- أَنَّهُ إِنْ نَوَى الطَّلَاقَ أَوِ الظِّهَارَ كَانَ مَا نَوَى. فَإِنْ نَوَى الطَّلَاقَ فَوَاحِدَةٌ بَائِنَةٌ إِلَّا أَنْ يَنْوِيَ ثَلَاثًا. فَإِنْ نَوَى ثِنْتَيْنِ فَوَاحِدَةٌ. فَإِنْ لَمْ يَنْوِ شَيْئًا كَانَتْ يَمِينًا وَكَانَ الرَّجُلُ مُولِيًا مِنَ امْرَأَتِهِ، قَالَهُ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ. وَبِمِثْلِهِ قَالَ زُفَرُ، إِلَّا أَنَّهُ قَالَ: إِذَا نَوَى اثْنَتَيْنِ أَلْزَمْنَاهُ. وَثَالِثَ عَشَرَهَا- أَنَّهُ لَا تَنْفَعُهُ نِيَّةُ الظِّهَارِ وَإِنَّمَا يَكُونُ طَلَاقًا، قَالَهُ ابْنُ الْقَاسِمِ. وَرَابِعَ عَشَرَهَا- قَالَ يَحْيَى بْنُ عُمَرَ: يَكُونُ طَلَاقًا، فَإِنِ ارْتَجَعَهَا لَمْ يَجُزْ لَهُ وَطْؤُهَا حَتَّى يُكَفِّرَ كَفَّارَةَ الظِّهَارِ. وَخَامِسَ عَشَرَهَا- إِنْ نَوَى الطَّلَاقَ فَمَا أَرَادَ مِنْ أَعْدَادِهِ. وَإِنْ نَوَى وَاحِدَةً فَهِيَ رَجْعِيَّةٌ. وَهُوَ قَوْلُ الشَّافِعِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ. وَرُوِيَ مِثْلُهُ عَنْ أَبِي بَكْرٍ وَعُمَرَ وَغَيْرِهِمْ مِنَ الصَّحَابَةِ وَالتَّابِعِينَ. وَسَادِسَ عَشَرَهَا- إِنْ نَوَى ثَلَاثًا فَثَلَاثًا، وَإِنْ وَاحِدَةً فَوَاحِدَةً. وَإِنْ نَوَى يَمِينًا فَهِيَ يَمِينٌ. وَإِنْ لَمْ ينو شيئا فلا شي عَلَيْهِ. وَهُوَ قَوْلُ سُفْيَانَ. وَبِمِثْلِهِ قَالَ الْأَوْزَاعِيُّ وَأَبُو ثَوْرٍ، إِلَّا أَنَّهُمَا قَالَا: إِنْ لَمْ يَنْوِ شَيْئًا فَهِيَ وَاحِدَةٌ. وَسَابِعَ عَشَرَهَا- لَهُ نِيَّتُهُ وَلَا يَكُونُ أَقَلَّ مِنْ وَاحِدَةٍ، قَالَهُ ابْنُ شِهَابٍ. وَإِنْ لَمْ يَنْوِ شَيْئًا لَمْ يكن شي، قَالَهُ ابْنُ الْعَرَبِيِّ. وَرَأَيْتُ لِسَعِيدِ بْنِ جُبَيْرٍ وَهُوَ: الثَّامِنَ عَشَرَ- أَنَّ عَلَيْهِ عِتْقَ رَقَبَةٍ وَإِنْ لَمْ يَجْعَلْهَا ظِهَارًا. وَلَسْتُ أَعْلَمَ لَهَا وَجْهًا وَلَا يَبْعُدُ «٢» فِي الْمَقَالَاتِ عِنْدِي. قُلْتُ: قَدْ ذَكَرَهُ الدَّارَقُطْنِيُّ فِي سُنَنِهِ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ فَقَالَ: حَدَّثَنَا الْحُسَيْنُ بْنُ إِسْمَاعِيلَ قَالَ حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ مَنْصُورٍ قَالَ حَدَّثَنَا رَوْحٌ قَالَ: حَدَّثَنَا سُفْيَانُ الثَّوْرِيُّ عَنْ سَالِمٍ الْأَفْطَسِ
(١). في ى:" محمد بن الحكم". (٢). في ابن العربي:" ولا يتعدد".

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