Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Deuxième avis : il s’agit d’un serment qui appelle une expiation. Telle est l’opinion d’Abû Bakr as-Ṣiddîq, ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb, ʿAbd Allâh ibn Masʿûd, Ibn ʿAbbâs, ʿÂʾisha — qu’Allah les agrée tous — ainsi que d’al-Awzâʿî.

C’est là ce qu’implique le verset. Saʿîd ibn Jubayr rapporte d’Ibn ʿAbbâs : « Lorsqu’un homme se déclare sa femme interdite, ce n’est qu’un serment qui doit être expié. »

Ibn ʿAbbâs dit encore : « Vous avez certes, dans le Messager d’Allah, un excellent modèle. » Il entend par là que le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — avait déclaré sa concubine illicite pour lui-même, et Allah, Exalté soit-Il, lui révéla : « Pourquoi interdis-tu ce qu’Allah t’a rendu licite ? » puis : « Allah a déjà prescrit pour vous la dissolution de vos serments. » Il fit donc l’expiation de son serment, et Allah transforma cette interdiction en serment. Rapporté par ad-Dâraqutnî.

Troisième avis : une expiation est due, mais sans qu’il s’agisse d’un serment. C’est la position d’Ibn Masʿûd, d’Ibn ʿAbbâs dans l’une de ses deux narrations, et d’ash-Shâfiʿî dans l’un de ses dires. Cet avis prête toutefois à discussion, et le verset, comme on le verra, le contredit.

Quatrième avis : l’énoncé relève du ẓihâr ; il nécessite donc l’expiation propre au ẓihâr. Ceci fut soutenu par ʿUthmân, Aḥmad ibn Ḥanbal et Isḥâq.

Cinquième avis : si l’auteur de la formule a visé le ẓihâr, entendant par là rendre sa femme illicite comme le dos de sa mère, il s’agit bien d’un ẓihâr. S’il a voulu proscrire sa personne à lui, sans divorce, par une interdiction absolue, il doit l’expiation d’un serment. S’il n’a eu aucune intention déterminée, l’expiation d’un serment s’impose également. Tel est l’avis d’ash-Shâfiʿî.

Sixième avis : la formule constitue une répudiation révocable (ṭalqa rajʿiyya). C’est l’opinion d’ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb, az-Zuhrî, ʿAbd al-ʿAzîz ibn Abî Salama et Ibn al-Mâjishûn.

Septième avis : elle équivaut à une répudiation définitive (ṭalqa bâʾina). Cette position est celle de Ḥammâd ibn Abî Sulaymân et de Zayd ibn Thâbit, et Ibn Khuwiz Mandâd la rapporte également de Mâlik.

Huitième avis : la formule vaut pour trois répudiations. C’est ce qu’ont soutenu ʿAlî ibn Abî Tâlib, Zayd ibn Thâbit également, ainsi qu’Abû Hurayra.

Neuvième avis : pour l’épouse déjà consommée, elle entraîne trois répudiations ; pour celle qui ne l’est pas, on se réfère à l’intention. C’est l’opinion d’al-Ḥasan, d’ʿAlî ibn Zayd et d’al-Ḥakam, et c’est l’avis le plus connu de l’école de Mâlik.

Dixième avis : elle vaut en tout état de cause pour trois répudiations, sans considération ni d’intention ni de circonstance, même en l’absence de consommation. C’est ce qu’a affirmé ʿAbd al-Malik dans al-Mabsûṭ, et Ibn Abî Laylâ partage cette opinion.

ثانيها- أَنَّهَا يَمِينٌ يُكَفِّرُهَا، قَالَهُ أَبُو بَكْرٍ الصِّدِّيقُ وَعُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ وَعَبْدُ اللَّهِ بْنُ مَسْعُودٍ وَابْنُ عَبَّاسٍ وَعَائِشَةُ- رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ- وَالْأَوْزَاعِيُّ، وَهُوَ مُقْتَضَى الْآيَةِ قَالَ سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: إِذَا حَرَّمَ الرَّجُلُ عَلَيْهِ امْرَأَتَهُ فَإِنَّمَا هِيَ يَمِينٌ يُكَفِّرُهَا. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: لَقَدْ كَانَ لَكُمْ فِي رَسُولِ اللَّهِ أُسْوَةٌ حَسَنَةٌ، يَعْنِي أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ حَرَّمَ جَارِيَتَهُ فَقَالَ اللَّهُ تَعَالَى: لِمَ تُحَرِّمُ مَا أَحَلَّ اللَّهُ لَكَ- إِلَى قَوْلِهِ تَعَالَى- قَدْ فَرَضَ اللَّهُ لَكُمْ تَحِلَّةَ أَيْمانِكُمْ فَكَفَّرَ عَنْ يَمِينِهِ وَصَيَّرَ الْحَرَامَ يَمِينًا. خَرَّجَهُ الدَّارَقُطْنِيُّ. وَثَالِثُهَا- أَنَّهَا تَجِبُ فِيهَا كَفَّارَةٌ وَلَيْسَتْ بِيَمِينٍ، قَالَهُ ابْنُ مَسْعُودٍ وَابْنُ عَبَّاسٍ أَيْضًا فِي إِحْدَى رِوَايَتَيْهِ، وَالشَّافِعِيُّ فِي أَحَدِ قَوْلَيْهِ، وَفِي هَذَا الْقَوْلِ نَظَرٌ. وَالْآيَةُ تَرُدُّهُ عَلَى مَا يَأْتِي. وَرَابِعُهَا- هِيَ ظِهَارٌ، فَفِيهَا كَفَّارَةُ الظِّهَارِ، قَالَهُ عُثْمَانُ وَأَحْمَدُ بْنُ حَنْبَلٍ وَإِسْحَاقُ. وَخَامِسُهَا- أَنَّهُ إِنْ نَوَى الظِّهَارَ وَهُوَ يَنْوِي أَنَّهَا مُحَرَّمَةٌ كَتَحْرِيمِ ظَهْرِ أُمِّهِ كَانَ ظِهَارًا. وَإِنْ نَوَى تَحْرِيمَ عَيْنِهَا عَلَيْهِ بِغَيْرِ طَلَاقٍ تَحْرِيمًا مُطْلَقًا وَجَبَتْ كَفَّارَةُ يَمِينٍ. وَإِنْ لَمْ يَنْوِ شَيْئًا فَعَلَيْهِ كَفَّارَةُ يَمِينٍ، قَالَهُ الشَّافِعِيُّ. وَسَادِسُهَا- أَنَّهَا طَلْقَةٌ رَجْعِيَّةٌ، قَالَهُ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ وَالزُّهْرِيُّ وَعَبْدُ الْعَزِيزِ بْنُ أَبِي سَلَمَةَ وَابْنُ الْمَاجِشُونِ. وَسَابِعُهَا- أَنَّهَا طَلْقَةٌ بَائِنَةٌ، قَالَهُ حَمَّادُ بْنُ أَبِي سُلَيْمَانَ وَزَيْدُ بْنُ ثَابِتٍ. وَرَوَاهُ ابْنُ خُوَيْزِ مَنْدَادَ عَنْ مالك. وثامنها- أنها ثلات تَطْلِيقَاتٍ، قَالَهُ عَلِيُّ بْنُ أَبِي طَالِبٍ وَزَيْدُ بْنُ ثَابِتٍ أَيْضًا وَأَبُو هُرَيْرَةَ. وَتَاسِعُهَا- هِيَ فِي الْمَدْخُولِ بِهَا ثَلَاثٌ، وَيَنْوِي فِي غَيْرِ المدخول بها، قاله الحسن وعلي ابن زَيْدٍ وَالْحَكَمُ. وَهُوَ مَشْهُورُ مَذْهَبِ مَالِكٍ. وَعَاشِرُهَا- هِيَ ثَلَاثٌ، وَلَا يَنْوِي بِحَالٍ وَلَا فِي مَحِلٍّ وَإِنْ لَمْ يَدْخُلْ، «١» قَالَهُ عَبْدُ الْمَلِكِ فِي الْمَبْسُوطِ، وَبِهِ قَالَ ابْنُ أَبِي لَيْلَى.
(١). كلمة" وإن لم يدخل" ليست في ابن العربي. وعبارة البحر لابي حيان (ج ٨ ص ٢٨٩):" هي ثلاث في الوجهين ولا ينوي في شي" ونسبه أيضا لعبد الملك بن الماجشون وابن أبى ليلى.

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