Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

l’expiation.

Zufar a déclaré : « Dans tous les cas, il s’agit d’un serment, même s’il porte sur le simple mouvement ou le simple fait d’être. »

L’adversaire s’appuie sur le fait que le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — s’est interdit le miel, ce qui l’a soumis à l’obligation d’acquitter l’expiation.

Allah — Exalté soit-Il — a pourtant dit : « Allah a certes prescrit pour vous la dissolution de vos serments » (At-Taḥrîm, 2) ; Il l’a donc appelé « serment ».

Notre preuve est la parole d’Allah — Très-Haut : « Ô vous qui croyez ! Ne rendez pas illicites les bonnes choses qu’Allah vous a rendues licites et ne transgressez pas » (Al-Mâʾida, 87)[1] ;
ainsi que Sa parole — Exalté soit-Il : « Dis : “Voyez-vous donc ce qu’Allah a fait descendre pour vous comme subsistance, et vous en faites du licite et de l’illicite ?” Dis : “Est-ce Allah qui vous en a donné l’autorisation, ou bien forgez-vous des mensonges contre Allah ?” » (Yûnus, 59)[2].

Allah a donc blâmé celui qui déclare illicite ce qui est licite, sans pour autant lui imposer une expiation.

Az-Zajjāj a dit : « Nul n’a le droit d’interdire ce qu’Allah a rendu licite ; même à Son Prophète — paix et bénédictions sur lui — Il n’a permis d’interdire que ce qu’Allah Lui-même a interdit. »

Ainsi, celui qui dit à son épouse ou à sa esclave : « Tu m’es interdite », sans viser ni répudiation ni ẓihâr, voit cette formule entraîner l’expiation d’un serment. S’il s’adresse, avec cette même formule, à plusieurs épouses ou servantes, une seule expiation lui suffit. S’il se rend lui-même la consommation d’un aliment ou d’une autre chose illicite, aucune expiation ne lui incombe selon ash-Shâfiʿî et Mâlik ; mais une expiation est requise selon Ibn Masʿûd, ath-Thawrî et Abû Ḥanîfa.

Quatrième point — Les savants ont divergé à propos de l’homme qui dit à son épouse : « Tu m’es interdite », adoptant dix-huit avis.

Premier avis : rien ne lui incombe. Telle est l’opinion d’ash-Shaʿbî, Masrûq, Rabîʿa, Abû Salama et Aṣbagh. À leurs yeux, c’est comme s’interdire l’eau ou la nourriture.

Allah — Très-Haut — dit : « Ô vous qui croyez ! Ne rendez pas illicites les bonnes choses qu’Allah vous a rendues licites » (Al-Mâʾida, 87), or l’épouse fait partie des bonnes choses qu’Allah a rendues licites.

Il dit encore : « Et ne dites pas, faisant mentir vos langues : “Ceci est licite, et cela est illicite” » (An-Naḥl, 116).

Ce qu’Allah n’a pas interdit, nul ne peut l’interdire, et le fait de le déclarer interdit ne le rend pas illicite. Il n’est pas établi du Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — qu’il ait jamais dit, au sujet d’une chose licite : « Elle m’est interdite. »

S’il s’est abstenu de Māriya, c’est en raison d’un serment antérieur, contenu dans ses paroles : « Par Allah, je ne l’approcherai plus à partir d’aujourd’hui. » On lui dit alors : « Pourquoi interdire ce qu’Allah t’a rendu licite ? », c’est-à-dire : pourquoi t’en abstenir à cause de ce serment ? Autrement dit : renoue avec elle et acquitte l’expiation.

[1] Le verset se poursuit par : « … et ne transgressez pas. »
[2] Fin du verset : « … ou bien inventez-vous contre Allah ? »

الْكَفَّارَةَ. وَقَالَ زُفَرُ: هُوَ يَمِينٌ فِي الْكُلِّ حَتَّى فِي الْحَرَكَةِ وَالْكَوْنِ. وَعَوَّلَ الْمُخَالِفُ عَلَى أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حَرَّمَ الْعَسَلَ فَلَزِمَتْهُ الْكَفَّارَةُ. وَقَدْ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: قَدْ فَرَضَ اللَّهُ لَكُمْ تَحِلَّةَ أَيْمانِكُمْ [التحريم: ٢] فَسَمَّاهُ يَمِينًا. وَدَلِيلُنَا قَوْلُ اللَّهِ تَعَالَى: يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا تُحَرِّمُوا طَيِّباتِ مَا أَحَلَّ اللَّهُ لَكُمْ وَلا تَعْتَدُوا [المائدة: ٨٧] ، «١» وَقَوْلُهُ تَعَالَى: قُلْ أَرَأَيْتُمْ مَا أَنْزَلَ اللَّهُ لَكُمْ مِنْ رِزْقٍ فَجَعَلْتُمْ مِنْهُ حَراماً وَحَلالًا قُلْ آللَّهُ أَذِنَ لَكُمْ أَمْ عَلَى اللَّهِ تَفْتَرُونَ «٢» [يونس: ٥٩] . فَذَمَّ اللَّهُ الْمُحَرِّمَ لِلْحَلَالِ وَلَمْ يُوجِبْ عَلَيْهِ كَفَّارَةً. قَالَ الزَّجَّاجُ: لَيْسَ لِأَحَدٍ أَنْ يُحَرِّمَ مَا أَحَلَّ اللَّهُ. وَلَمْ يَجْعَلْ لِنَبِيِّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ يُحَرِّمَ إِلَّا مَا حَرَّمَ اللَّهُ عَلَيْهِ. فَمَنْ قَالَ لِزَوْجَتِهِ أَوْ أَمَتِهِ: أَنْتِ عَلَيَّ حَرَامٌ، وَلَمْ يَنْوِ طَلَاقًا وَلَا ظِهَارًا فَهَذَا اللَّفْظُ يُوجِبُ كَفَّارَةَ الْيَمِينِ. وَلَوْ خَاطَبَ بِهَذَا اللَّفْظِ جَمْعًا مِنَ الزَّوْجَاتِ وَالْإِمَاءِ فَعَلَيْهِ كَفَّارَةٌ وَاحِدَةٌ. وَلَوْ حَرَّمَ عَلَى نَفْسِهِ طَعَامًا أَوْ شَيْئًا آخَرَ لَمْ يَلْزَمْهُ بِذَلِكَ كَفَّارَةٌ عِنْدَ الشَّافِعِيِّ وَمَالِكٍ. وَتَجِبُ بِذَلِكَ كَفَّارَةٌ عِنْدَ ابْنِ مَسْعُودٍ وَالثَّوْرِيِّ وَأَبِي حَنِيفَةَ. الرَّابِعَةُ- وَاخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي الرَّجُلِ يَقُولُ لِزَوْجَتِهِ: " أَنْتِ عَلَيَّ حَرَامٌ" عَلَى ثَمَانِيَةَ عَشَرَ قَوْلًا: أحدها- لا شي عَلَيْهِ. وَبِهِ قَالَ الشَّعْبِيُّ وَمَسْرُوقٌ وَرَبِيعَةُ وَأَبُو سَلَمَةَ وَأَصْبَغُ. وَهُوَ عِنْدَهُمْ كَتَحْرِيمِ الْمَاءِ وَالطَّعَامِ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا تُحَرِّمُوا طَيِّباتِ مَا أَحَلَّ اللَّهُ لَكُمْ [المائدة: ٨٧] وَالزَّوْجَةُ مِنَ الطَّيِّبَاتِ وَمِمَّا أَحَلَّ اللَّهُ. وَقَالَ تَعَالَى: وَلا تَقُولُوا لِما تَصِفُ أَلْسِنَتُكُمُ الْكَذِبَ هذا حَلالٌ وَهذا حَرامٌ» [النحل: ١١٦] . وَمَا لَمْ يُحَرِّمْهُ اللَّهُ فَلَيْسَ لِأَحَدٍ أَنْ يُحَرِّمَهُ، وَلَا أَنْ يَصِيرَ بِتَحْرِيمِهِ حَرَامًا. وَلَمْ يَثْبُتْ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ قَالَ لِمَا أَحَلَّهُ اللَّهُ هُوَ عَلَيَّ حَرَامٌ. وَإِنَّمَا امْتَنَعَ مِنْ مَارِيَةَ لِيَمِينٍ تَقَدَّمَتْ مِنْهُ وَهُوَ قَوْلُهُ: (وَاللَّهِ لَا أَقْرَبُهَا بَعْدَ الْيَوْمِ) فَقِيلَ لَهُ: لِمَ تُحَرِّمُ مَا أَحَلَّ اللَّهُ لَكَ، أَيْ لِمَ تَمْتَنِعُ مِنْهُ بسبب اليمين. يعني أقدم عليه وكفر.
(١). راجع ج ٦ ص (٢٦٠) (٢). راجع ج ٨ ص (٣٥٤) [ ..... ] (٣). راجع ج ١٠ ص ١٩٥

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