« Il te dira : “Ḥafṣa m’a fait boire une gorgée de miel.”
Dis-lui alors : “Ses abeilles ont butiné l’ʿurfut.”
Je le lui dirai, et toi aussi, ô Ṣafiyya, dis-le-lui. »
Lorsque le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — entra chez Sawda, celle-ci déclara :
« Par Celui en dehors duquel il n’est point de divinité, j’étais sur le point de devancer Ta parole et de lui dire ce que tu m’as recommandé, alors qu’il se tenait déjà à la porte, tant (1) je te redoutais. »
Quand le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — s’approcha, elle demanda :
— Ô Messager d’Allah, as-tu mangé du maghâfîr ?
Il répondit :
— Non.
Elle reprit :
— Quelle est donc cette odeur ?
Il dit :
— Ḥafṣa m’a fait boire une gorgée de miel.
Elle répliqua :
— Ses abeilles ont butiné l’ʿurfut.
Lorsqu’il entra chez moi, je lui tins les mêmes propos ; puis il entra chez Ṣafiyya, et elle prononça les mêmes paroles.
Quand il se rendit auprès de Ḥafṣa, celle-ci dit :
— Ô Messager d’Allah, ne veux-tu pas que je t’en fasse boire ?
Il répondit :
— Je n’en ai nul besoin.
Sawda dit alors : « Gloire à Allah ! Par Allah, nous l’en avons privé. » (2)
Je lui dis : « Tais-toi. »
Dans cette version, celle chez qui il but le miel est Ḥafṣa, tandis que, dans la première, c’était Zaynab. Ibn Abî Mulayka rapporte d’Ibn ʿAbbâs qu’il le but chez Sawda.
On a également dit qu’il s’agissait d’Umm Salama ; ce récit est rapporté par Asbâṭ d’après As-Suddi et affirmé par ʿAtâʾ ibn Abî Muslim.
Ibn al-ʿArabî dit : « Tout cela procède de l’ignorance ou de conjectures sans science. »
Alors les autres épouses, par jalousie envers celle chez qui il en avait bu, dirent : « Nous sentons venant de toi l’odeur du maghâfîr. »
Le maghâfîr est une plante — ou une gomme — à l’odeur forte et altérée, mais douce ; son singulier est maghfûr.
« Jarasat » signifie : « elle a mangé (butiné) ».
L’ʿurfut est une plante dont l’odeur rappelle celle du vin. Le Prophète — paix sur lui — aimait qu’une bonne fragrance se dégage de lui ou qu’il la perçoive, et il détestait la mauvaise odeur, car il se confiait à l’Ange.
Telle est une opinion. Une autre soutient qu’il s’est interdit la femme qui s’était offerte à lui et qu’il n’accepta pas à cause de ses épouses ; c’est l’avis d’Ibn ʿAbbâs et d’ʿIkrima, et il s’agit d’Umm Sharik.
Un troisième avis affirme que ce qu’il s’était interdit concernait Māriya la Copte, que le Muqawqis, souverain d’Alexandrie, lui avait offerte.
Ibn Isḥâq dit : « Elle était originaire du district d’Anṣinā (3), d’un lieu appelé Ḥafn ; il eut des rapports avec elle dans la demeure de Ḥafṣa. »
Ad-Dâraqutnî rapporte d’Ibn ʿAbbâs, d’après ʿUmar : « Le Messager d’Allah — paix et bénédiction sur lui — entra avec sa concubine Māriya dans la maison de Ḥafṣa, et Ḥafṣa le trouva avec elle — elle s’était rendue chez son père — et lui dit : “Tu l’introduis dans ma maison !” »