« Nous avons certes fait descendre vers vous un Livre où se trouve votre rappel »[1] (Al-Anbiyâ’, 10),
ainsi que Sa parole : « Et il est assurément un rappel pour toi et pour ton peuple »[2] (Az-Zukhruf, 44). Puis Il précisa cet honneur et dit : « un Messager ».
La plupart des exégètes tiennent que le Messager visé ici est Muḥammad — que les prières et le salut d’Allah soient sur lui. Al-Kalbî a dit : il s’agit de Jibrîl ; les deux seraient donc « descendus ».
« qui vous récite les versets d’Allah » : c’est une épithète de « Messager » ; les versets d’Allah sont le Coran.
« claires (mubayyinât) » : la lecture de la majorité place une fatha sur le yâ’, c’est-à-dire : Allah les a rendues explicites. Ibn ‘Âmir, Ḥafṣ, Ḥamza et Al-Kisâ’î la lisent avec une kasra, ce qui signifie : Il vous expose ce dont vous avez besoin en matière de prescriptions. La lecture préférée est celle d’Ibn ‘Abbâs, adoptée par Abû ‘Ubayd et Abû Ḥâtim, conformément à la parole du Très-Haut : « Nous vous avons certes exposé les signes » (Al-Ḥadîd, 17).
« afin de faire sortir ceux qui ont cru et accompli les œuvres pies » : c’est-à-dire ceux pour qui cela était déjà arrêté dans la science d’Allah ;
« des ténèbres » : de la mécréance ;
« vers la lumière » : la guidée et la foi.
Ibn ‘Abbâs a dit : ce verset fut révélé au sujet des croyants parmi les Gens du Livre. L’action de les faire sortir est attribuée au Messager, car la foi s’obtient par l’obéissance qu’on lui voue.
Sa parole, Exalté soit-Il :
« Et quiconque croit en Allah et accomplit un bien, Il l’admettra dans des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux. »
Nāfi‘ et Ibn ‘Âmir lisent le verbe à la première personne du pluriel, tandis que les autres le lisent à la troisième personne.
« Allah lui a certes accordé une belle subsistance » : c’est-à-dire qu’Il lui a ouvert largement les jouissances dans les Jardins.
[Al-Ṭalâq (65), v. 12]
« Allah est Celui qui a créé sept cieux et, de la terre, leur équivalent. Son ordre descend entre eux afin que vous sachiez qu’Allah est Puissant sur toute chose et qu’Allah embrasse toute chose de Sa science. » (12)
Sa parole, Exalté soit-Il : « Allah est Celui qui a créé sept cieux, et de la terre l’équivalent » atteste la perfection de Sa puissance et qu’Il est capable de la résurrection et du jugement. Il n’existe aucune divergence quant au nombre des cieux : ils sont sept, les uns au-dessus des autres, ce qu’atteste le ḥadith de l’Isrâ’[3] et d’autres encore.
Puis Il dit : « et de la terre l’équivalent », c’est-à-dire sept.
À leur sujet, deux opinions :
La première — celle de la majorité — affirme qu’il s’agit de sept terres superposées les unes au-dessus des autres,