Parole du Très-Haut :
« Et que de cités… »
Après avoir exposé les prescriptions, Il mentionne et met en garde contre la transgression de l’ordre divin ; Il rappelle l’outrecuidance d’un peuple et le châtiment qui s’abattit sur lui. L’explication de l’expression « kaʾay-yin » a déjà été donnée dans la sourate Âl ʿImrân[1] — qu’à Allah revienne la louange.
« qui se montrèrent hautaines à l’égard du commandement de leur Seigneur »
autrement dit : elles ont désobéi — il s’agit de la cité, c’est-à-dire de ses habitants.
« Nous la soumîmes alors à un compte sévère »
c’est-à-dire : Nous la rétribuâmes par le châtiment dans ce bas-monde ;
« et Nous la tourmentâmes d’un supplice inouï »
dans l’au-delà.
On a également dit qu’il y a ici inversion syntaxique : le supplice inouï viserait le châtiment terrestre — famine, sécheresse, guerre, affaissement, métamorphose et autres calamités —, tandis que le compte sévère se rapporterait à l’au-delà.
Le terme nunkr signifie : inouï, réprouvé. Il se lit avec la consonne râ légère ou redoublée ; cela a été expliqué dans la sourate al-Kahf[2].
« Elle goûta donc les conséquences funestes de sa conduite »
c’est-à-dire : la suite de sa mécréance ;
« et l’issue de sa cause fut la perte »
c’est-à-dire : la ruine ici-bas — selon ce qui vient d’être mentionné — et, dans l’au-delà, la Géhenne.
Le passé est employé, à l’instar de la Parole du Très-Haut : « Les gens du Paradis interpelleront les gens du Feu… »[3] et autres versets semblables ; car ce qu’Allah promet ou menace, bien qu’à venir, est posé en réalité comme déjà advenu.
« Allah leur a préparé un châtiment rigoureux »
Il explicite ainsi cette perte : il s’agit du tourment de la Géhenne dans l’au-delà.
« Craignez donc Allah, ô vous qui êtes doués d’intelligence »
c’est-à-dire : ô hommes doués de raison.
« ceux qui ont cru »
est mis en apposition à « doués d’intelligence » ou en est l’épithète : « Ô vous qui êtes doués d’intelligence et qui avez cru en Allah, craignez Allah qui a fait descendre sur vous le Coran » ; autrement dit : redoutez-Le, conformez-vous à Son obéissance, abstenez-vous de Ses désobéissances — cela a déjà été exposé.
« un Messager »
Az-Zajjâj dit : la mention de la Révélation de l’Exhortation (adh-Dhikr) laisse entendre l’omission du verbe « Il a envoyé » ; comme si l’on disait : « Il a fait descendre sur vous le Coran et Il a envoyé un Messager ».
D’autres ont expliqué : le sens est qu’Allah vous a fait descendre un détenteur de rappel, à savoir un Messager ; le mot « Messager » est alors un attribut de « rappel » après omission du terme annexé.
On a encore dit : « Messager » est le complément du mot « rappel », celui-ci étant pris comme nom verbal ; le sens devient : « Allah a fait descendre sur vous qu’Il a rappelé un Messager ». La mention du Messager se trouverait alors dans Sa parole : « Muhammad est le Messager d’Allah » (al-Fath, 29).
Il est également permis de considérer « Messager » comme une substitution (badal) de « rappel » ; soit que « Messager » signifie « message », soit qu’il conserve son sens propre tout en se rattachant au contexte, comme si l’on disait : « Allah vous a manifesté un rappel : un Messager » — cas du remplacement d’une chose par elle-même.
« Messager » peut aussi être mis à l’accusatif par apostrophe, sous-entendu : « Suivez le Messager ! »
On a enfin dit que le mot « rappel » désigne ici la noblesse, selon la Parole du Très-Haut :
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[1] Voir le commentaire de la sourate Âl ʿImrân, v. 137.
[2] Voir le commentaire de la sourate al-Kahf, v. 74.
[3] Al-Aʿrâf, 44.