Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Son propos vient éclaircir ce point ; et parce qu’elle est une femme en période de viduité (‘idda) qui, du fait du divorce, a droit au logement, la pension lui est donc due, à l’instar de la répudiée avec droit de retour. De même, étant retenue à son profit pour une partie de ses droits, elle mérite la pension au même titre que l’épouse.

La preuve avancée par Mālik est la Parole du Très-Haut : « … et si elles sont enceintes… » — selon l’explication déjà fournie.

Il a également été dit qu’Allah — exalté soit-Il — a d’abord mentionné la femme répudiée avec droit de retour et ses règles, depuis le début du verset jusqu’à Sa parole : « deux personnes justes d’entre vous » (At-Talāq, 2), puis qu’Il a énoncé après cela un jugement qui englobe toutes les répudiées — tel que le décompte des mois, etc. Ce passage est donc de portée générale pour toute divorcée ; les dispositions qui suivent se rapportent dès lors à chacune d’elles.

Deuxièmement — Sa parole, exalté soit-Il : « selon vos moyens (min wujdikum) », c’est-à-dire selon votre aisance. On dit : wajadtu fī-l-māl, ʾajidu wujdan, wajdan, wijdan et jidhatan. Al-wijdu (1) désigne la richesse et la capacité financière. La vulgate coranique le lit avec ḍamma sur le wāw ; al-Aʿraj et az-Zuhrī le lisent avec fatḥa, tandis que Yaʿqūb le lit avec kasra : toutes sont des variantes linguistiques recevables.

Troisièmement — Sa parole, exalté soit-Il : « Et ne leur causez pas de tort pour les contraindre. » Mujāhid dit : « au sujet du logement » ; Muqātil : « au sujet de la pension », et c’est l’avis d’Abū Ḥanīfa. D’après Abū al-Duḥā, cela vise le cas où l’homme la répudie, puis, lorsqu’il ne reste que deux jours de son délai de viduité, la reprend avant de la répudier de nouveau.

Quatrièmement — Sa parole, exalté soit-Il : « Et si elles sont enceintes, dépensez pour elles jusqu’à ce qu’elles accouchent. » Il n’existe aucune divergence parmi les savants quant à l’obligation de la pension et du logement pour la femme enceinte répudiée — que ce soit par trois divorces ou moins — jusqu’à son accouchement.

Quant à la femme enceinte dont l’époux est décédé, ʿAlī, Ibn ʿUmar, Ibn Masʿūd, Shurayḥ, an-Nakhaʿī, ash-Shaʿbī, Ḥammād, Ibn Abī Laylā, Sufyān et al-Ḍaḥḥāk affirment qu’elle doit être entretenue sur l’ensemble de la succession jusqu’à ce qu’elle accouche.

Ibn ʿAbbās, Ibn az-Zubayr, Jābir ibn ʿAbdillāh, Mālik, ash-Shāfiʿī, Abū Ḥanīfa et leurs disciples (2) soutiennent, quant à eux, qu’on ne pourvoit à ses besoins que sur la part qui lui revient ; cela a déjà été exposé dans la sourate « al-Baqarah » (3).

Sa parole, exalté soit-Il : « Si elles allaitent pour vous » comporte quatre questions.

Premièrement — Sa parole, exalté soit-Il : « Si elles allaitent pour vous », c’est-à-dire les femmes divorcées, vos enfants issus d’elles ; il incombe alors aux pères de leur verser la rémunération de l’allaitement, et il est permis à l’homme d’engager son épouse pour allaiter, tout comme il engage une femme étrangère.

قَوْلَهَا مَا يُبَيِّنُ هَذَا، وَلِأَنَّهَا مُعْتَدَّةٌ تَسْتَحِقُّ السُّكْنَى عَنْ طَلَاقٍ فَكَانَتْ لَهَا النَّفَقَةُ كَالرَّجْعِيَّةِ، وَلِأَنَّهَا مَحْبُوسَةٌ عَلَيْهِ لِحَقِّهِ فَاسْتَحَقَّتِ النَّفَقَةَ كَالزَّوْجَةِ. وَدَلِيلُ مَالِكٍ قَوْلُهُ تَعَالَى: وَإِنْ كُنَّ أُولاتِ حَمْلٍ الْآيَةَ. عَلَى مَا تَقَدَّمَ بَيَانُهُ. وَقَدْ قِيلَ: إِنَّ اللَّهَ تَعَالَى ذَكَرَ الْمُطَلَّقَةَ الرَّجْعِيَّةَ وَأَحْكَامَهَا أَوَّلَ الْآيَةِ إِلَى قَوْلِهِ: ذَوَيْ عَدْلٍ مِنْكُمْ [الطلاق: ٢] ثُمَّ ذَكَرَ بَعْدَ ذَلِكَ حُكْمًا يَعُمُّ الْمُطَلَّقَاتِ كُلَّهُنَّ مِنْ تَعْدِيدِ الْأَشْهُرِ وَغَيْرِ ذَلِكَ. وَهُوَ عَامٌّ فِي كُلِّ مُطَلَّقَةٍ، فَرَجَعَ مَا بَعْدَ ذَلِكَ مِنَ الْأَحْكَامِ إِلَى كُلِّ مُطَلَّقَةٍ. الثَّانِيَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: مِنْ وُجْدِكُمْ أَيْ مِنْ سَعَتِكُمْ، يُقَالُ وَجَدْتُ فِي الْمَالِ أَجِدُ وُجْدًا وَوَجْدًا وَوِجْدًا وَجِدَةً. وَالْوِجْدُ «١» : الْغِنَى وَالْمَقْدِرَةُ. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ بِضَمِّ الْوَاوِ. وَقَرَأَ الْأَعْرَجُ وَالزُّهْرِيُّ بِفَتْحِهَا، وَيَعْقُوبُ بِكَسْرِهَا. وَكُلُّهَا لُغَاتٌ فِيهَا. الثَّالِثَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلا تُضآرُّوهُنَّ لِتُضَيِّقُوا عَلَيْهِنَّ) قَالَ مُجَاهِدٌ: فِي الْمَسْكَنِ. مُقَاتِلٌ: فِي النَّفَقَةِ، وَهُوَ قَوْلُ أَبِي حَنِيفَةَ. وَعَنْ أَبِي الضُّحَى: هُوَ أَنْ يُطَلِّقَهَا فَإِذَا بَقِيَ يَوْمَانِ مِنْ عِدَّتِهَا رَاجَعَهَا ثُمَّ طَلَّقَهَا. الرَّابِعَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَإِنْ كُنَّ أُولاتِ حَمْلٍ فَأَنْفِقُوا عَلَيْهِنَّ حَتَّى يَضَعْنَ حَمْلَهُنَّ) لَا خِلَافَ بَيْنَ الْعُلَمَاءِ فِي وُجُوبِ النَّفَقَةِ وَالسُّكْنَى لِلْحَامِلِ الْمُطَلَّقَةِ ثَلَاثًا أَوْ أَقَلَّ مِنْهُنَّ حَتَّى تَضَعَ حَمْلَهَا. فَأَمَّا الْحَامِلُ الْمُتَوَفَّى عَنْهَا زَوْجُهَا فَقَالَ عَلِيٌّ وَابْنُ عُمَرَ وَابْنُ مَسْعُودٍ وَشُرَيْحٌ وَالنَّخَعِيُّ وَالشَّعْبِيُّ وَحَمَّادٌ وَابْنُ أَبِي لَيْلَى وَسُفْيَانُ وَالضَّحَّاكُ: يُنْفَقُ عَلَيْهَا مِنْ جَمِيعِ الْمَالِ حَتَّى تَضَعَ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَابْنُ الزُّبَيْرِ وَجَابِرُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ وَمَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُمْ: «٢» لَا يُنْفَقُ عَلَيْهَا إِلَّا مِنْ نَصِيبِهَا. وَقَدْ مَضَى فِي " الْبَقَرَةِ" بَيَانُهُ «٣» . قَوْلُهُ تَعَالَى: فَإِنْ أَرْضَعْنَ لَكُمْ فِيهِ أَرْبَعُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَإِنْ أَرْضَعْنَ لَكُمْ) - يَعْنِي الْمُطَلَّقَاتِ- أَوْلَادَكُمْ مِنْهُنَّ فَعَلَى الْآبَاءِ أَنْ يُعْطُوهُنَّ أُجْرَةَ إِرْضَاعِهِنَّ. وَلِلرَّجُلِ أَنْ يَسْتَأْجِرَ امْرَأَتَهُ لِلرَّضَاعِ كما يستأجر أجنبية
(١). الواو مثلثة. (٢). في أ، وط:" وأصحابه. (٣). راجع ج ٣ ص ١٨٥.

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