Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« et celle qui est enceinte ? »

Alors fut révélé ce verset :
« Et celles d’entre vos femmes qui n’espèrent plus les menstrues… »,
c’est-à-dire celles qui ont désormais cessé d’avoir leurs règles.

On a également rapporté que Muʿādh b. Jabal interrogea au sujet de la ʿidda de la femme âgée qui a perdu tout espoir de revoir ses menstrues ; le verset fut alors révélé – et Allah est plus savant.

Mujāhid a dit : le verset concerne la mustaḥāḍa, c’est-à-dire la femme qui souffre d’un saignement chronique et ne sait pas si le sang provient de ses règles ou d’une maladie.

Deuxième question juridique
Parole du Très-Haut : « Si vous doutez… ». Autrement dit : si vous êtes dans l’incertitude ; et l’on a dit : si vous êtes au contraire certains. Le terme appartient aux aḍdād, ces mots qui peuvent désigner aussi bien le doute que la certitude, comme ẓann.

At-Ṭabarī a choisi l’interprétation suivante : « Si vous doutez, c’est-à-dire que vous ne savez pas quel jugement leur appliquer. »

Az-Zajjāj a dit : « Si vous doutez au sujet de ses règles, alors que celles-ci se sont interrompues alors même qu’elle fait partie des femmes qui, d’ordinaire, ont encore leurs menstrues. »

Al-Qushayrī dit : Cette explication mérite examen ; en effet, si nous hésitons sur le point de savoir si elle a atteint l’âge de la ménopause, nous ne disons pas que sa ʿidda est de trois mois.

Selon une opinion, l’âge de la ménopause se détermine par l’âge le plus avancé auquel une femme, dans le monde, puisse encore avoir ses règles ; selon une autre opinion, on se fonde sur l’âge auquel la plupart des femmes du clan de l’intéressée cessent d’avoir leurs règles.

Mujāhid a dit : la parole « si vous doutez » s’adresse aux destinataires du verset ; c’est-à-dire : si vous ne savez pas quelle est la ʿidda de la femme ménopausée et de celle qui n’a jamais eu ses règles, alors la ʿidda est celle qu’indique ce verset.

Il a été dit encore : le sens est : si vous hésitez à savoir si le sang qui apparaît provient de la vieillesse, des règles habituelles ou d’un saignement anormal (istiḥāḍa), alors la ʿidda est de trois mois.

ʿIkrima et Qatāda ont dit : relèvent du « doute » la mustaḥāḍa dont le cycle ne se stabilise pas : elle peut saigner à plusieurs reprises au début d’un mois, puis une seule fois en plusieurs mois.

On a dit aussi que l’expression est liée au début de la sourate ; le sens serait alors : « Ne les faites pas sortir de leurs maisons si vous doutez de l’achèvement de leur ʿidda. » C’est là l’opinion la plus correcte.

Troisième question juridique
La femme qui doute de l’expiration de sa ʿidda ne peut contracter de mariage avant d’avoir dissipé ce doute ; elle ne sort de la ʿidda qu’une fois toute incertitude levée.

On a dit, au sujet de la femme en doute dont la ʿidda doit être levée par ses menstrues sans qu’elle sache ce qui y met fin, qu’elle attend un an à compter du jour où son époux l’a répudiée : neuf mois pour s’assurer de l’état de son utérus (istibrāʾ) et trois mois pour la ʿidda.

Si son mari la répudie, qu’elle saigne une ou deux fois, puis que le sang cesse sans qu’elle ait perdu l’espoir de revoir ses règles, elle attend neuf mois, puis trois mois à compter du jour où elle a retrouvé la pureté ; elle devient alors licite pour d’éventuels prétendants.

C’est l’avis qu’a exprimé ash-Shāfiʿī en Irak.

Par analogie, selon cette opinion, la femme libre dont l’époux est décédé — et dont l’utérus est considéré comme pur après neuf mois — observe ensuite quatre mois et dix jours ; l’esclave, quant à elle, observe deux mois et cinq nuits après les neuf mois.

Il est également rapporté d’ash-Shāfiʿī que la femme continue de compter ses cycles comme auparavant jusqu’à ce qu’elle atteigne l’âge de la ménopause. C’est l’avis d’an-Nakhaʿī, ath-Thawrī et d’autres encore, et Abū ʿUbayd l’a attribué aux gens d’Irak.

Ainsi, si la femme est jeune et qu’elle

الْحُبْلَى؟ فَنَزَلَتْ: وَاللَّائِي يَئِسْنَ مِنَ الْمَحِيضِ مِنْ نِسائِكُمْ يَعْنِي قَعَدْنَ عَنِ الْمَحِيضِ. وَقِيلَ: إِنَّ مُعَاذَ بْنَ جَبَلٍ سَأَلَ عَنْ عِدَّةِ الْكَبِيرَةِ الَّتِي يَئِسَتْ، فَنَزَلَتِ الْآيَةُ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: الْآيَةُ وَارِدَةٌ فِي الْمُسْتَحَاضَةِ لَا تَدْرِي دَمَ حَيْضٍ هُوَ أَوْ دَمَ عِلَّةٍ. الثَّانِيَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: إِنِ ارْتَبْتُمْ أَيْ شَكَكْتُمْ، وَقِيلَ تَيَقَّنْتُمْ. وَهُوَ مِنَ الْأَضْدَادِ، يَكُونُ شَكًّا وَيَقِينًا كَالظَّنِّ. وَاخْتِيَارُ الطَّبَرِيِّ أَنْ يَكُونَ الْمَعْنَى: إِنْ شَكَكْتُمْ فَلَمْ تَدْرُوا مَا الْحُكْمُ فِيهِنَّ. وَقَالَ الزَّجَّاجُ: إِنِ ارْتَبْتُمْ فِي حَيْضِهَا وَقَدِ انْقَطَعَ عَنْهَا الْحَيْضُ وَكَانَتْ مِمَّنْ يَحِيضُ مِثْلُهَا. الْقُشَيْرِيُّ: وَفِي هَذَا نَظَرٌ، لِأَنَّا إِذَا شَكَكْنَا هَلْ بَلَغَتْ سِنَّ الْيَأْسِ لَمْ نَقُلْ عِدَّتَهَا ثَلَاثَةُ أَشْهُرٍ. وَالْمُعْتَبَرُ فِي سِنِّ الْيَأْسِ فِي قَوْلٍ، أَقْصَى عَادَةِ امْرَأَةٍ فِي الْعَالَمِ، وَفِي قَوْلٍ: غَالِبُ نِسَاءِ عَشِيرَةِ الْمَرْأَةِ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: قَوْلُهُ إِنِ ارْتَبْتُمْ لِلْمُخَاطَبِينَ، يَعْنِي إِنْ لَمْ تَعْلَمُوا كَمْ عِدَّةُ الْيَائِسَةِ وَالَّتِي لَمْ تَحِضْ فَالْعِدَّةُ هَذِهِ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى إِنِ ارْتَبْتُمْ أَنَّ الدَّمَ الَّذِي يَظْهَرُ مِنْهَا مِنْ أَجْلِ كِبَرٍ أَوْ مِنَ الْحَيْضِ الْمَعْهُودِ أَوْ مِنَ الِاسْتِحَاضَةِ فَالْعِدَّةُ ثَلَاثَةُ أَشْهُرٍ. وَقَالَ عِكْرِمَةُ وَقَتَادَةُ: مِنَ الرِّيبَةِ الْمَرْأَةُ الْمُسْتَحَاضَةُ الَّتِي لَا يَسْتَقِيمُ لَهَا الْحَيْضُ، تَحِيضُ فِي أَوَّلِ الشَّهْرِ مِرَارًا وَفِي الْأَشْهُرِ مَرَّةً. وَقِيلَ: إِنَّهُ مُتَّصِلٌ بِأَوَّلِ السُّورَةِ. وَالْمَعْنَى: لَا تُخْرِجُوهُنَّ مِنْ بُيُوتِهِنَّ إِنِ ارْتَبْتُمْ فِي انْقِضَاءِ الْعِدَّةِ. وَهُوَ أَصَحُّ مَا قِيلَ فِيهِ. الثَّالِثَةُ- الْمُرْتَابَةُ فِي عِدَّتِهَا لَا تُنْكَحُ حَتَّى تَسْتَبْرِئَ نَفْسَهَا مِنْ رِيبَتِهَا وَلَا تَخْرُجُ مِنَ الْعِدَّةِ إِلَّا بِارْتِفَاعِ الرِّيبَةِ. وَقَدْ قِيلَ فِي الْمُرْتَابَةِ الَّتِي تَرْفَعُهَا حَيْضَتَهَا وَهِيَ لَا تَدْرِي مَا تَرْفَعُهَا: إِنَّهَا تَنْتَظِرُ سَنَةً مِنْ يَوْمِ طَلَّقَهَا زَوْجُهَا، مِنْهَا تِسْعَةُ أَشْهُرٍ اسْتِبْرَاءٌ، وَثَلَاثَةٌ عِدَّةٌ. فَإِنْ طَلَّقَهَا فَحَاضَتْ حَيْضَةً أَوْ حَيْضَتَيْنِ ثُمَّ ارْتَفَعَ عَنْهَا بِغَيْرِ يَأْسٍ مِنْهَا انْتَظَرَتْ تِسْعَةَ أَشْهُرٍ، ثُمَّ ثَلَاثَةً مِنْ يَوْمٍ طَهُرَتْ مِنْ حَيْضَتِهَا ثُمَّ حَلَّتْ لِلْأَزْوَاجِ. وَهَذَا قَالَهُ الشَّافِعِيُّ بِالْعِرَاقِ. فَعَلَى قِيَاسِ هَذَا الْقَوْلِ تُقِيمُ الْحُرَّةُ الْمُتَوَفَّى عَنْهَا زَوْجُهَا الْمُسْتَبْرَأَةُ بَعْدَ التِّسْعَةِ أَشْهُرٍ أَرْبَعَةَ أَشْهُرٍ وَعَشْرًا، وَالْأَمَةُ شَهْرَيْنِ وَخَمْسَ لَيَالٍ بَعْدَ التِّسْعَةِ الْأَشْهُرِ. وَرُوِيَ عَنِ الشَّافِعِيِّ أَيْضًا أَنَّ أَقْرَاءَهَا عَلَى مَا كَانَتْ حَتَّى تَبْلُغَ سِنَّ الْيَائِسَاتِ. وَهُوَ قَوْلُ النَّخَعِيِّ وَالثَّوْرِيِّ وَغَيْرِهِمَا، وَحَكَاهُ أَبُو عُبَيْدٍ عَنْ أَهْلِ الْعِرَاقِ. فَإِنْ كَانَتِ الْمَرْأَةُ شَابَّةً وَهِيَ:

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