« d’un endroit qu’il ne soupçonne pas » ; c’est-à-dire : Il bénit pour lui ce qu’Il lui a octroyé.
Sahl b. ʿAbd Allâh a dit : « Quiconque craint Allâh en se conformant à la Sunna, Il lui ouvre une issue qui le préserve du châtiment réservé aux gens de l’innovation (ahl al-bidʿa) et lui accorde le Paradis d’un lieu qu’il n’imagine point. »
On a également dit : « Quiconque craint Allâh dans sa recherche de subsistance en rompant les attaches (aux créatures), Il lui ménage une issue en le pourvoyant de ce qui lui suffit. »
ʿUmar b. ʿUthmân aṣ-Ṣadafî a déclaré : « Quiconque craint Allâh, s’arrête aux limites qu’Il a fixées et se garde de Ses désobéissances, Il le fera sortir de l’illicite vers le licite, de l’étroitesse vers l’aisance et du Feu vers le Jardin ; Il le pourvoira d’un endroit qu’il ne présume pas, d’un lieu qu’il n’espère pas. »
Ibn ʿUyaynah a dit : « Il s’agit de la bénédiction dans la subsistance. »
Abû Saʿîd al-Khuḍrî a affirmé : « Celui qui renonce à sa propre force et à sa propre puissance en revenant à Allâh, Allâh lui ouvrira une issue dans ce qu’Il lui a prescrit en l’assistant. » Ibn Masʿûd et Masrûq ont interprété le verset dans son sens le plus général.
Abû Dharr rapporte que le Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — a dit : « Je connais un verset ; si les gens y adhéraient, il leur suffirait. » Puis il récita : « Et quiconque craint Allâh, Il lui accordera une issue et lui octroiera une subsistance d’où il ne l’attend pas. » Et il ne cessa de le répéter et de le redire.
Ibn ʿAbbâs rapporte : le Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — récita : « Et quiconque craint Allâh, Il lui accordera une issue et lui donnera sa subsistance d’un lieu qu’il ne soupçonne pas », puis il dit : « Une issue hors des ambiguïtés de ce bas monde, des affres de la mort et des rigueurs du Jour de la Résurrection. »
La plupart des exégètes, selon ce qu’a rapporté ath-Thaʿlabî, disent que le verset fut révélé au sujet de ʿAwf b. Mâlik al-Ashjaʿî.
Al-Kalbî rapporte, d’après Abû Ṣâliḥ, d’après Ibn ʿAbbâs : « ʿAwf b. Mâlik al-Ashjaʿî vint auprès du Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — et lui dit : “Ô Messager d’Allâh, mon fils a été fait prisonnier par l’ennemi et la mère en est affligée.” »
D’après Jâbir b. ʿAbd Allâh : le verset fut révélé à propos de ʿAwf b. Mâlik al-Ashjaʿî ; les polythéistes avaient capturé un de ses fils nommé Sâlim. Il se rendit auprès du Messager d’Allâh — paix et bénédictions d’Allâh sur lui —, se plaignit de la pauvreté et dit : « L’ennemi a capturé mon fils et la mère est bouleversée ; que m’ordonnes-tu ? » Il — paix sur lui — répondit : « Crains Allâh et patiente ; je t’ordonne, ainsi qu’à elle, d’abonder dans la formule : “Lâ ḥawla wa lâ quwwata illâ bi-llâh.” »
Il rentra chez lui et dit à son épouse : « Le Messager d’Allâh — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — m’a ordonné, ainsi qu’à toi, de répéter abondamment “Lâ ḥawla wa lâ quwwata illâ bi-llâh.” » Elle dit : « Quel excellent commandement ! » Ils se mirent donc à la répéter, si bien que l’ennemi devint inattentif à leur fils. Celui-ci s’empara alors de leurs moutons, les ramena à son père — ils étaient quatre mille brebis —, et le verset fut révélé. Le Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — attribua ces moutons à ʿAwf.
Dans une autre version : il revint après avoir pris des chameaux à l’ennemi, alors qu’il était pauvre. Il dit :