Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Onzièmement —
À qui s’adresse l’ordre de compter [la ʿidda] ?
Trois avis sont énoncés à ce propos :

  1. qu’il s’adresse aux époux ;
  2. qu’il s’adresse aux épouses ;
  3. qu’il s’adresse à l’ensemble des musulmans.

Ibn al-ʿArabî :
« L’avis correct est que les destinataires de cette injonction sont les époux, car tous les pronoms – depuis « ceux que vous répudiez », « comptez », « ne les faites pas sortir » – suivent un même schéma qui renvoie aux maris. Les épouses y sont incluses par rattachement au mari, car c’est l’époux qui tient le décompte pour pouvoir reprendre [son épouse], poursuivre ou suspendre la pension, l’héberger ou la faire sortir, reconnaître ou couper la filiation. Toutes ces questions concernent conjointement l’homme et la femme, alors que d’autres affaires relèvent de la femme seule. De même, le juge a besoin du décompte de la ʿidda pour émettre une fatwâ et trancher le litige en cas de contestation. Tels sont les avantages du décompte ordonné. »

Douzièmement —
Sa Parole, exalté soit-Il :
« Craignez Allah, votre Seigneur » : c’est-à-dire ne Lui désobéissez pas.
« Ne les faites pas sortir de leurs maisons » : l’époux n’a pas le droit de la chasser du domicile conjugal tant qu’elle est en ʿidda ; pour sa part, il ne lui est pas permis non plus de sortir, par égard pour le droit du mari, sauf nécessité manifeste. Si elle sort, elle commet un péché, sans que la ʿidda soit rompue. La répudiée révocable et la répudiée définitive sont ici sur un pied d’égalité. Cela vise à préserver la semence de l’homme. Tel est le sens de l’attribution des maisons à ces femmes, comme dans Sa parole : « Et souvenez-vous de ce qui est récité dans vos maisons des versets d’Allah et de la sagesse » (Al-Aḥzâb, 34)¹, et : « Demeurez dans vos maisons » (Al-Aḥzâb, 33)². Il s’agit d’un droit d’occupation, non d’un droit de propriété.

L’expression « Ne les faites pas sortir » établit un droit incombant aux époux, tandis que l’expression « et elles-mêmes ne doivent pas sortir » établit une obligation pesant sur les épouses.

Dans un ḥadith authentique rapporté par Jâbir ibn ʿAbd Allâh, il raconte : « Ma tante maternelle fut répudiée ; elle voulut aller récolter les dattes de ses palmiers, mais un homme la réprimanda pour l’empêcher de sortir. Elle se rendit alors auprès du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue —, qui dit : “Bien sûr, va récolter tes palmiers, car il se peut que tu fasses l’aumône ou que tu accomplisses un acte de bien.” » Muslim l’a rapporté³.

Ce ḥadith constitue une preuve, selon Mâlik, ash-Shâfiʿî, Ibn Ḥanbal et al-Layth, de leur opinion : la femme en ʿidda peut sortir le jour pour ses besoins, mais elle doit rester chez elle la nuit ; pour Mâlik, il n’y a pas de différence entre la répudiée révocable et la répudiée définitive.

Ash-Shâfiʿî, toutefois, a jugé que la répudiée révocable ne sort ni de jour ni de nuit, alors que la répudiée définitive ne peut sortir que le jour.

Abû Ḥanîfa a dit : cela concerne la femme dont l’époux est décédé, tandis que la divorcée

الْحَادِيَةَ عَشْرَةَ: مَنِ الْمُخَاطَبُ بِأَمْرِ الْإِحْصَاءِ؟ وَفِيهِ ثَلَاثُ أَقْوَالٍ: أَحَدُهَا- أَنَّهُمُ الْأَزْوَاجُ. الثَّانِي- أَنَّهُمُ الزَّوْجَاتُ. الثَّالِثُ- أَنَّهُمُ الْمُسْلِمُونَ. ابْنُ الْعَرَبِيِّ: " وَالصَّحِيحُ أَنَّ الْمُخَاطَبَ بِهَذَا اللَّفْظِ الْأَزْوَاجُ، لِأَنَّ الضَّمَائِرَ كلها من طَلَّقْتُمُ وأَحْصُوا ولا تُخْرِجُوهُنَّ عَلَى نِظَامٍ وَاحِدٍ يَرْجِعُ إِلَى الْأَزْوَاجِ، وَلَكِنَّ الزَّوْجَاتِ دَاخِلَةٌ فِيهِ بِالْإِلْحَاقِ بِالزَّوْجِ، لِأَنَّ الزَّوْجَ يُحْصِي لِيُرَاجِعَ، وَيُنْفِقُ أَوْ يَقْطَعُ، وَلِيُسْكِنَ أَوْ يُخْرِجَ وَلِيُلْحِقَ نَسَبَهُ أَوْ يَقْطَعَ. وَهَذِهِ كُلُّهَا أُمُورٌ مُشْتَرَكَةٌ بَيْنَهُ وَبَيْنَ الْمَرْأَةِ، وَتَنْفَرِدُ الْمَرْأَةُ دُونَهُ بِغَيْرِ ذَلِكَ. وَكَذَلِكَ الْحَاكِمُ يَفْتَقِرُ إِلَى الْإِحْصَاءِ لِلْعِدَّةِ لِلْفَتْوَى عَلَيْهَا، وَفَصْلُ الْخُصُومَةِ عِنْدَ الْمُنَازَعَةِ فِيهَا. وَهَذِهِ فَوَائِدُ الْإِحْصَاءِ الْمَأْمُورِ بِهِ" . الثَّانِيَةَ عَشْرَةَ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَاتَّقُوا اللَّهَ رَبَّكُمْ) أَيْ لَا تَعْصُوهُ. (لَا تُخْرِجُوهُنَّ مِنْ بُيُوتِهِنَّ) أَيْ لَيْسَ لِلزَّوْجِ أَنْ يُخْرِجَهَا مِنْ مسكن النكاح ما دامت في العدة، يَجُوزُ لَهَا الْخُرُوجُ أَيْضًا لِحَقِّ الزَّوْجِ إِلَّا لِضَرُورَةٍ ظَاهِرَةٍ، فَإِنْ خَرَجَتْ أَثِمَتْ وَلَا تَنْقَطِعُ الْعِدَّةُ. وَالرَّجْعِيَّةُ وَالْمَبْتُوتَةُ فِي هَذَا سَوَاءٌ. وَهَذَا لِصِيَانَةِ مَاءِ الرَّجُلِ. وَهَذَا مَعْنَى إِضَافَةِ الْبُيُوتِ إِلَيْهِنَّ، كَقَوْلِهِ تَعَالَى: وَاذْكُرْنَ مَا يُتْلى فِي بُيُوتِكُنَّ مِنْ آياتِ اللَّهِ وَالْحِكْمَةِ «١» [الأحزاب: ٣٤] ، وقوله تعالى: وَقَرْنَ فِي بُيُوتِكُنَّ «٢» [الأحزاب: ٣٣] فَهُوَ إِضَافَةُ إِسْكَانٍ وَلَيْسَ إِضَافَةَ تَمْلِيكٍ. وَقَوْلُهُ: لَا تُخْرِجُوهُنَّ يَقْتَضِي أَنْ يَكُونَ حَقًّا فِي الْأَزْوَاجِ. وَيَقْتَضِي قَوْلُهُ: وَلا يَخْرُجْنَ أَنَّهُ حَقٌّ عَلَى الزَّوْجَاتِ. وَفِي صَحِيحِ الْحَدِيثِ عَنْ جَابِرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ قَالَ: طُلِّقَتْ خَالَتِي فَأَرَادَتْ أَنْ تَجُدَّ «٣» نَخْلَهَا فَزَجَرَهَا رَجُلٌ أَنْ تَخْرُجَ، فَأَتَتِ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: (بَلَى فَجُدِّيَ نَخْلَكِ فَإِنَّكِ عَسَى أَنْ تَصَدَّقِي أَوْ تَفْعَلِي مَعْرُوفًا) . خَرَّجَهُ مُسْلِمٌ. فَفِي هَذَا الْحَدِيثِ دَلِيلٌ لِمَالِكٍ وَالشَّافِعِيِّ وَابْنِ حَنْبَلٍ وَاللَّيْثِ عَلَى قَوْلِهِمْ: إِنَّ الْمُعْتَدَّةَ تَخْرُجُ بِالنَّهَارِ فِي حَوَائِجِهَا، وَإِنَّمَا تَلْزَمُ مَنْزِلَهَا بِاللَّيْلِ. وَسَوَاءٌ عِنْدَ مَالِكٍ كَانَتْ رَجْعِيَّةً أَوْ بَائِنَةً. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ فِي الرَّجْعِيَّةِ: لَا تَخْرُجُ لَيْلًا وَلَا نَهَارًا، وَإِنَّمَا تَخْرُجُ نَهَارًا الْمَبْتُوتَةُ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: ذَلِكَ فِي الْمُتَوَفَّى عَنْهَا زَوْجُهَا، وَأَمَّا الْمُطَلَّقَةُ
(١). راجع ج ١٤ ص (١٨٢) (٢). راجع ج ١٤ ص (١٨٢) (٣). الجداد (بفتح الجيم وكسرها): صرام النخل، وهو قطع ثمرها.

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