Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

c’est-à-dire, dès le premier exode.

Ainsi, Sa parole : « li-ʿiddatihinna » signifie : « durant leur ʿidda », c’est-à-dire au moment qui convient pour le décompte de leur délai. Il existe un consensus (ijmāʿ) sur le fait que le divorce prononcé pendant les menstrues est interdit, tandis qu’il est autorisé pendant la période de pureté. Cela constitue donc une preuve que le qurʾ désigne la période de pureté, comme nous l’avons déjà exposé dans le commentaire de la sourate al-Baqarah.

Si l’on objecte : le sens de « fa-ṭalliqûhunna li-ʿiddatihinna » est « au commencement (qubul) de leur ʿidda », ou « pour le commencement de leur ʿidda ». Tel fut le mode de récitation du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue —, comme l’a rapporté Ibn ʿUmar dans le Ṣaḥīḥ de Muslim et ailleurs. Or, ce « qubul » de la ʿidda correspond à la fin du ṭuhr, de sorte que le qurʾ soit alors le ḥayḍ.

On lui répond : voilà précisément la preuve manifeste qu’invoquent Mālik et ceux qui partagent son avis pour affirmer que les aqrāʾ sont les périodes de pureté. Car, si l’opinion d’Abû Ḥanîfa et de ceux qui l’ont suivi était correcte, il faudrait conclure que celui qui répudie son épouse au début du ṭuhr n’a pas divorcé « pour l’approche des menstrues », celles-ci n’étant pas encore venues. De plus, l’arrivée (iqbāl) des menstrues ne se réalise qu’au moment où elles commencent effectivement ; la simple fin de la période de pureté ne suffit pas pour attester leur venue. Si l’avènement d’une chose consistait dans le retrait de son contraire, le jeûneur serait réputé avoir rompu avant le coucher du soleil, puisque la nuit « s’avance » lorsque le jour décline, avant même qu’il ne s’achève.

Par ailleurs, si l’époux divorce à la fin du ṭuhr, le reste de ce ṭuhr est compté comme un qurʾ, car une partie du qurʾ est appelée qurʾ, conformément à Sa parole, exalté soit-Il : « Le pèlerinage a lieu en des mois déterminés » (al-Baqarah, 197) ; il s’agit de Shawwāl, de Dhû al-Qaʿda et d’une partie de Dhû al-Ḥijja, comme l’indique encore : « Quiconque se hâte en deux jours, nul péché sur lui » (al-Baqarah, 203), alors qu’il met fin à ses rites durant une partie seulement du second jour. Tout cela a été traité en détail dans le commentaire de la sourate al-Baqarah.

Neuvièmement — Sa parole, exalté soit-Il : « Comptez soigneusement la ʿidda » concerne l’épouse avec laquelle le mariage a été consommé, car celle qui n’a pas été consommée n’a pas de ʿidda. L’époux peut la reprendre tant qu’il n’a pas prononcé les trois divorces avant l’expiration de la ʿidda ; après cela, il ne sera plus qu’un prétendant parmi d’autres. Et, en cas de triple répudiation, elle ne lui sera licite qu’après avoir contracté mariage avec un autre époux.

Dixièmement — Sa parole, exalté soit-Il : « Comptez soigneusement la ʿidda » signifie : conservez-en le compte, c’est-à-dire mémorisez le moment où le divorce a été prononcé, afin que, lorsque la condition prescrite — à savoir les trois qurûʾ évoqués dans Sa parole : « Les femmes répudiées doivent attendre par elles-mêmes trois qurûʾ » (al-Baqarah, 228) — est remplie, elles redeviennent licites pour leurs époux. Cela montre que la ʿidda correspond aux périodes de pureté et non aux menstrues. Ce point est confirmé et explicité par la récitation du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — : « li-qubul ʿiddatihinna ». En langue comme en réalité, le qubul d’une chose en est une partie même, contrairement à son istiqbâl (le fait de l’attendre), qui lui est extérieur.

أَيْ فِي أَوَّلِ الْحَشْرِ. فَقَوْلُهُ: لِعِدَّتِهِنَّ أَيْ فِي عِدَّتِهِنَّ، أَيْ فِي الزَّمَانِ الَّذِي يَصْلُحُ لِعِدَّتِهِنَّ. وَحَصَلَ الْإِجْمَاعُ عَلَى أَنَّ الطَّلَاقَ فِي الْحَيْضِ مَمْنُوعٌ وَفِي الطُّهْرِ مَأْذُونٌ فِيهِ. فَفِيهِ دَلِيلٌ عَلَى أَنَّ الْقُرْءَ هُوَ الطُّهْرُ. وَقَدْ مَضَى الْقَوْلُ فِيهِ فِي " الْبَقَرَةِ" «١» فَإِنْ قِيلَ: مَعْنَى فَطَلِّقُوهُنَّ لِعِدَّتِهِنَّ أَيْ فِي قُبُلِ «٢» عِدَّتِهِنَّ، أَوْ لِقُبُلِ عِدَّتِهِنَّ. وَهِيَ قِرَاءَةُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، كَمَا قَالَ ابْنُ عُمَرَ فِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ وَغَيْرِهِ. فَقُبُلُ الْعِدَّةِ آخِرُ الطُّهْرِ حَتَّى يَكُونَ الْقُرْءُ الْحَيْضَ «٣» ، قِيلَ لَهُ: هَذَا هُوَ الدَّلِيلُ الْوَاضِحُ لِمَالِكٍ وَمَنْ قَالَ بِقَوْلِهِ، عَلَى أَنَّ الْأَقْرَاءَ هِيَ الْأَطْهَارُ. وَلَوْ كَانَ كَمَا قَالَ الْحَنَفِيُّ وَمَنْ تَبِعَهُ لَوَجَبَ أَنْ يُقَالَ: إِنَّ مَنْ طَلَّقَ فِي أَوَّلِ الطُّهْرِ لَا يَكُونُ مُطَلِّقًا لِقُبُلِ الْحَيْضِ، لِأَنَّ الْحَيْضَ لَمْ يُقْبِلْ بَعْدُ. وَأَيْضًا إِقْبَالُ الْحَيْضِ يَكُونُ بِدُخُولِ الْحَيْضِ، وَبِانْقِضَاءِ الطُّهْرِ لَا يَتَحَقَّقُ إِقْبَالُ الْحَيْضِ. وَلَوْ كَانَ إِقْبَالُ الشَّيْءِ إِدْبَارَ ضِدِّهِ لَكَانَ الصَّائِمُ مُفْطِرًا قَبْلَ مَغِيبِ الشَّمْسِ، إِذِ اللَّيْلُ يَكُونُ مُقْبِلًا فِي إِدْبَارِ النَّهَارِ قَبْلَ انْقِضَاءِ النَّهَارِ. ثُمَّ إِذَا طَلَّقَ فِي آخِرِ الطُّهْرِ فَبَقِيَّةُ الطُّهْرِ قُرْءٌ، وَلِأَنَّ بَعْضَ الْقُرْءِ يُسَمَّى قُرْءًا لِقَوْلِهِ تَعَالَى: الْحَجُّ أَشْهُرٌ مَعْلُوماتٌ [البقرة: ١٩٧] يَعْنِي شَوَّالًا وَذَا الْقَعْدَةِ وَبَعْضَ ذِي الْحِجَّةِ، لِقَوْلِهِ تَعَالَى: فَمَنْ تَعَجَّلَ فِي يَوْمَيْنِ فَلا إِثْمَ عَلَيْهِ [البقرة: ٢٠٣] وَهُوَ يَنْفِرُ فِي بَعْضِ الْيَوْمِ الثَّانِي. وَقَدْ مَضَى هَذَا كُلُّهُ فِي " الْبَقَرَةِ" مُسْتَوْفًى «٤» . التَّاسِعَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَأَحْصُوا الْعِدَّةَ) يَعْنِي فِي الْمَدْخُولِ بِهَا، لِأَنَّ غَيْرَ الْمَدْخُولِ بِهَا لَا عِدَّةَ عَلَيْهَا، وَلَهُ أَنْ يُرَاجِعَهَا فِيمَا دُوِّنَ الثَّلَاثِ قَبْلَ انْقِضَاءِ الْعِدَّةِ، وَيَكُونُ بَعْدَهَا كَأَحَدِ الْخُطَّابِ. وَلَا تَحِلُّ لَهُ فِي الثَّلَاثِ إِلَّا بَعْدَ زَوْجٍ. الْعَاشِرَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: وَأَحْصُوا الْعِدَّةَ مَعْنَاهُ احْفَظُوهَا، أَيِ احْفَظُوا الْوَقْتَ الَّذِي وَقَعَ فِيهِ الطَّلَاقُ، حَتَّى إِذَا انْفَصَلَ الْمَشْرُوطُ مِنْهُ وَهُوَ الثَّلَاثَةُ قُرُوءٍ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى: وَالْمُطَلَّقاتُ يَتَرَبَّصْنَ بِأَنْفُسِهِنَّ ثَلاثَةَ قُرُوءٍ «٥» [البقرة: ٢٢٨] حَلَّتْ لِلْأَزْوَاجِ. وَهَذَا يَدُلُّ عَلَى أَنَّ الْعِدَّةَ هِيَ الْأَطْهَارُ وَلَيْسَتْ بِالْحَيْضِ. وَيُؤَكِّدُهُ وَيُفَسِّرُهُ قِرَاءَةُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ " لِقُبُلِ عِدَّتِهِنَّ" وَقُبُلُ الشَّيْءِ بَعْضُهُ لُغَةً وَحَقِيقَةً، بِخِلَافِ اسْتِقْبَالِهِ فإنه يكون غيره.
(١). راجع ج ٣ ص (١١٣) (٢). أي في إقباله وأوله حين يمكنها الدخول في العدة والشروع فيها فتكون لها محسوبة، وذلك في حالة الطهر. (٣). في: ح، س" الطهر". (٤). راجع ج ٣ ص ١ وص ١١٢ (٥). راجع ج ٣ ص ١ وص ١١٢

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