le vêtement que l’on a « retouché » : si, dépassant ta mesure, tu en as coupé une partie, cela constitue également une diminution.
Quant au terme « al-maghābin », il désigne les replis que prend l’étoffe du côté des deux aisselles et des deux cuisses.
Les exégètes ont dit : est qualifié de « maghbūn » celui à qui seront retirés sa famille et ses demeures au Paradis. En ce Jour-là apparaîtra la perte de tout mécréant pour avoir délaissé la foi, et la perte de tout croyant pour avoir manqué à l’excellence et gaspillé ses jours.
Az-Zajjāj a dit : celui dont la station au Paradis sera élevée lésera celui dont la station est inférieure.
Deuxième question :
Si l’on objecte : « Quel contrat est intervenu entre eux pour qu’il y ait là tromperie ? »
Il lui sera répondu : il s’agit d’une représentation de la tromperie qui survient dans l’achat et la vente, ainsi que l’a dit le Très-Haut :
« Ce sont eux qui ont troqué l’égarement contre la guidée » (1) [al-Baqarah, 16].
Après avoir mentionné que les mécréants avaient troqué l’égarement contre la guidée, qu’ils n’avaient tiré aucun profit de leur commerce mais y avaient perdu, Il a également indiqué qu’ils avaient été lésés ; en effet, les gens du Paradis ont acheté l’Au-delà en délaissant ce bas-monde, tandis que les gens du Feu ont acheté ce bas-monde en laissant l’Au-delà. Il s’agit là, par extension et par métaphore, d’une forme d’échange.
Allah – glorifié soit-Il – a partagé la création en deux groupes : un groupe pour le Paradis et un groupe pour le Feu. Les demeures de chacun sont déjà assignées au Paradis et au Feu. Il se peut que l’abandon divin devance le serviteur – comme nous l’avons expliqué dans cette sourate et ailleurs – si bien qu’il sera des gens du Feu ; le favorisé s’emparera alors de la demeure du délaissé, et la demeure du favorisé, dans le Feu, reviendra au délaissé ; c’est comme si un échange avait eu lieu, d’où le « taghābun ».
Les paraboles sont posées pour la clarté, dans la sagesse de la langue comme dans le Coran. Tout cela a été rassemblé à partir de la transmission des narrations, venues éparses dans ce livre. Il arrive aussi qu’on exprime cet échange par le terme « héritage », comme nous l’avons montré dans « Qad aflaḥa al-mu’minūn » (2) [al-Mu’minūn, 1] – et Allah est plus Savant.
Le « taghābun » peut se produire en dehors de ce Jour, ainsi qu’on l’expliquera plus loin ; cependant, il s’agit ici du « taghābun » dont l’issue est irréparable.
Al-Ḥasan et Qatādah ont dit : il nous est parvenu que le « taghābun » concerne trois catégories :
- Un homme a acquis un savoir, l’a transmis puis l’a négligé et n’a pas agi selon lui ; il en a été malheureux, tandis que celui qui l’avait pris de lui l’a mis en pratique et fut sauvé.
- Un homme a amassé de l’argent par des voies dont il devra rendre compte ; il s’y est cramponné avec avarice, a manqué à l’obéissance de son Seigneur à cause de lui, n’en a tiré aucun bien, puis l’a laissé à un héritier sur qui il n’y aura pas de reddition de comptes ; cet héritier en a fait usage dans l’obéissance à son Seigneur.
- Un homme possédait un esclave ; l’esclave œuvra dans l’obéissance de son Seigneur et fut heureux, tandis que le maître œuvra dans la désobéissance et fut malheureux.
Il est rapporté du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – qu’il a dit : « Allah – Très-Haut – fera se tenir l’homme et la femme, le Jour de la Résurrection, devant Lui. Allah – Très-Haut – leur adressera une parole : “Qu’avez-vous à dire ?” L’homme dira : “Ô Seigneur ! Tu as rendu obligatoire à ma charge sa dépense ; je m’en suis acquitté, recourant au licite comme à l’illicite, et voici ces adversaires…” »