Il subsiste toutefois une objection : en effet, la demande de retour et la menace (divine) ne concernent pas les questions relevant de l’ijtihâd ni celles sur lesquelles règne la divergence ; elles ne visent que ce qui fait l’objet d’un consensus. L’avis correct est donc que le verset s’applique exclusivement aux dépenses obligatoires, telles qu’elles doivent être effectuées d’après l’unanimité des savants ou un texte explicite du Coran, car, en dehors de ce cadre, la menace ne saurait véritablement s’appliquer.
Quatrièmement –
Sa Parole — exalté soit-Il :
« lawlâ » signifie « hallâ » ; il s’agit alors d’une interrogation.
D’aucuns ont dit qu’il ne s’agit pas d’un terme de liaison ; l’énoncé relève alors du souhait. L’expression « fa-aṣṣaddaqa » est à l’accusatif, comme réponse au souhait introduite par le « fâ ». Quant à « wa akun », il est coordonné à « fa-aṣṣaddaqa » ; telle est la lecture d’Abû ‘Amr, Ibn Muḥayṣin et Mujâhid. Les autres lecteurs l’ont prononcé au jussif, par coordination à la position grammaticale du « fâ », car l’expression « fa-aṣṣaddaqa » — si le « fâ » n’était pas présent — serait elle-même au jussif : « aṣṣaddaq ».
Un exemple analogue se trouve dans la lecture jussive du verset : « Man yuḍlili llâha fa-lā hâdiya lahu wa yadharhum »(1) (Al-A‘râf, 186).
Ibn ‘Abbâs a dit : « Ce verset est plus sévère pour les gens de l’Unicité, car nul ne souhaite revenir dans ce monde ni y être retardé lorsqu’il a auprès d’Allah un bien dans l’Au-delà. »
Je dis : hormis le martyr, qui désire revenir afin d’être de nouveau tué, en raison de l’honneur qu’il contemple.
« Et Allah est Parfaitement Informé de ce que vous faites » — de bien comme de mal. La lecture courante emploie la lettre « tâ », s’adressant directement à l’auditoire. Abû Bakr, d’après ‘Āṣim, et as-Sulamî ont lu avec la lettre « yâ’ », à titre de récit au sujet de celui qui est mort après avoir prononcé ces paroles.
« La sourate est achevée — louange à Allah et grâce à Son assistance. »(2)
[Exégèse de la sourate at-Taghâbun]
La sourate at-Taghâbun est médinoise selon la majorité des exégètes. Ad-Ḍaḥḥâk la dit mecquoise. Al-Kalbî affirme qu’elle est à la fois mecquoise et médinoise. Elle compte dix-huit versets. D’après Ibn ‘Abbâs, « la sourate at-Taghâbun » fut révélée à La Mecque, excepté quelques versets de sa fin qui furent révélés à Médine au sujet de ‘Awf ibn Mâlik al-Ashja‘î ; celui-ci se plaignit auprès du Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — de la rudesse de sa famille et de ses enfants, et Allah — Puissant et Majestueux — fit alors descendre : « Ô vous qui avez cru ! Il est certes parmi vos épouses et vos enfants des ennemis pour vous ; prenez-y garde » (at-Taghâbun, 14) jusqu’à la fin de la sourate.
D’après ‘Abdullâh ibn ‘Umar, le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit : « Il n’est pas de nouveau-né qui vienne au monde sans que, dans les nœuds de ses cheveux, soient inscrits cinq versets du début de la “sourate at-Taghâbun”. »