Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et l’on a dit : « Ils pensent que chaque clameur est dirigée contre eux ; eux sont l’ennemi » : propos dont le pronom interne se suffit à lui-même, sans avoir besoin de ce qui suit.

Son sens sous-entendu est : ils s’imaginent, à chaque cri, que l’on a percé à jour leur complot et découvert leur hypocrisie, car le doute engendre la crainte.

Puis Allah reprit l’adresse à Son Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — et déclara : « Ce sont eux, l’ennemi » ; c’est là l’explication d’al-Ḍaḥḥāk. D’autres ont dit : ils croient que tout vacarme entendu dans la mosquée les vise, que le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — y a donné l’ordre de les tuer ; ils demeurent donc continuellement anxieux qu’Allah ne fasse descendre à leur sujet un décret rendant licite leur sang et ne dévoile leur honte.

Dans ce sens le poète a chanté :
Si ce n’était qu’un moineau, j’en croirais le signal, moineau ;
Un oiseau marqué dont le cri fait trembler dès le premier mot, moineau.
Il appelle ʿUbayd, il hèle Aznam, enfants des Banû Yarbuʿ ;
Vois le farouche lignage, l’illustre clan des Banû Yarbuʿ.

Puis Allah les a décrits ainsi : « Eux sont l’ennemi, prends garde à eux » — récit rapporté par ʿAbd ar-Raḥmân b. Abî Ḥâtim.

Au sujet de la parole du Très-Haut : « Prends garde à eux », deux explications : premièrement, méfie-toi de mettre ta confiance en leurs propos ou de pencher vers leurs paroles ; deuxièmement, prends garde à ce qu’ils transmettent à tes ennemis et au découragement qu’ils sèment parmi tes compagnons.

« Qu’Allah les combatte ! » — c’est-à-dire : qu’Allah les maudisse, ainsi qu’Ibn ʿAbbâs et Abû Mâlik l’ont affirmé ; formule de blâme et de réprobation. Les Arabes disent aussi : « Qâtalahu’Llah, mâ ashʿarah ! », l’utilisant comme exclamation d’étonnement.

On a encore dit que « Qu’Allah les combatte ! » signifie : qu’Il les place dans la situation de celui qu’un ennemi irrésistible combat, car Allah — exalté soit-Il — est Dominateur de tout rebelle ; avis rapporté par Ibn ʿĪsā.

« Jusqu’où se détournent-ils ? » (an-nâ yu’fakûn) signifie : ils mentent, selon Ibn ʿAbbâs. Qatâdah a dit : ils se détournent de la vérité. Al-Ḥasan : ils sont écartés de la droiture. D’autres ont dit : comment leurs intelligences s’égarent-elles ainsi, malgré l’évidence des preuves ? Le terme vient de al-ifk, qui signifie « détournement ». Ici, an-nâ a le sens de « comment », comme il a déjà été signalé.

[Sourate al-Munâfiqûn, 63 : 5]

« Et lorsqu’on leur dit : “Venez donc, que le Messager d’Allah implore pour vous le pardon”, ils tournent la tête et tu les vois se détourner avec orgueil. »

Lorsque le Coran révéla leur portrait, leurs proches allèrent les trouver et dirent : « Vous voilà confondus par l’hypocrisie ; repentez-vous auprès du Messager d’Allah et demandez-lui d’implorer pour vous le pardon. » Mais ils hochèrent la tête — c’est-à-dire qu’ils la secouèrent par raillerie et par refus —, selon Ibn ʿAbbâs.

وَقِيلَ: يَحْسَبُونَ كُلَّ صَيْحَةٍ عَلَيْهِمْ هُمُ الْعَدُوُّ كَلَامٌ ضَمِيرُهُ فِيهِ لَا يَفْتَقِرُ إِلَى مَا بَعْدُ، وَتَقْدِيرُهُ: يَحْسَبُونَ كُلَّ صَيْحَةٍ عَلَيْهِمْ أَنَّهُمْ قَدْ فُطِنَ بِهِمْ وَعُلِمَ بِنِفَاقِهِمْ، لِأَنَّ لِلرِّيبَةِ خَوْفًا. ثُمَّ اسْتَأْنَفَ اللَّهُ خِطَابَ نَبِيِّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: هُمُ الْعَدُوُّ وَهَذَا مَعْنَى قَوْلِ الضَّحَّاكِ وَقِيلَ: يَحْسَبُونَ كُلَّ صَيْحَةٍ يَسْمَعُونَهَا فِي الْمَسْجِدِ أَنَّهَا عَلَيْهِمْ، وَأَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَدْ أَمَرَ فِيهَا بِقَتْلِهِمْ، فَهُمْ أَبَدًا وَجِلُونَ مِنْ أَنْ يُنْزِلَ اللَّهُ فِيهِمْ أَمْرًا يُبِيحَ بِهِ دِمَاءَهُمْ، وَيَهْتِكَ بِهِ أَسْتَارَهُمْ. وَفِي هَذَا الْمَعْنَى قَوْلُ الشَّاعِرِ: فَلَوْ أَنَّهَا عُصْفُورَةٌ لَحَسِبْتُهَا ... مُسَوَّمَةً تَدْعُو عُبَيْدًا وَأَزْنَمَا بَطْنٌ مِنْ بَنِي، يَرْبُوعٍ. ثُمَّ وَصَفَهُمُ اللَّهُ بِقَوْلِهِ: هُمُ الْعَدُوُّ فَاحْذَرْهُمْ حَكَاهُ عَبْدُ الرحمن ابن أَبِي حَاتِمٍ. وَفِي قَوْلِهِ تَعَالَى: فَاحْذَرْهُمْ وَجْهَانِ: أَحَدُهُمَا: فَاحْذَرْ أَنْ تَثِقَ بِقَوْلِهِمْ أَوْ تَمِيلَ إلى كلامهم. الثاني- فاحذر مما يلتهم لِأَعْدَائِكَ وَتَخْذِيلِهِمْ لِأَصْحَابِكَ. (قاتَلَهُمُ اللَّهُ) أَيْ لَعَنَهُمُ اللَّهُ قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ وَأَبُو مَالِكٍ. وَهِيَ كَلِمَةُ ذَمٍّ وَتَوْبِيخٍ. وَقَدْ تَقُولُ الْعَرَبُ: قَاتَلَهُ الله ما أشعره! فيضعونه مَوْضِعَ التَّعَجُّبِ. وَقِيلَ: مَعْنَى قاتَلَهُمُ اللَّهُ أَيْ أَحَلَّهُمْ مَحَلَّ مَنْ قَاتَلَهُ عَدُوٌّ قَاهِرٌ، لِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى قَاهِرٌ لِكُلِّ مُعَانِدٍ. حَكَاهُ ابْنُ عِيسَى. (أَنَّى يُؤْفَكُونَ) أَيْ يَكْذِبُونَ، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ. قَتَادَةُ: مَعْنَاهُ يَعْدِلُونَ عَنِ الْحَقِّ. الْحَسَنُ: مَعْنَاهُ يُصْرَفُونَ عَنِ الرُّشْدِ. وَقِيلَ: مَعْنَاهُ كَيْفَ تَضِلُّ عُقُولُهُمْ عَنْ هَذَا مَعَ وُضُوحِ الدَّلَائِلِ، وهو من الافك وهو الصرف. و (أن) بمعنى كيف، وقد تقدم «١» . [[سورة المنافقون (٦٣) : آية ٥]] وَإِذا قِيلَ لَهُمْ تَعالَوْا يَسْتَغْفِرْ لَكُمْ رَسُولُ اللَّهِ لَوَّوْا رُؤُسَهُمْ وَرَأَيْتَهُمْ يَصُدُّونَ وَهُمْ مُسْتَكْبِرُونَ (٥) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَإِذا قِيلَ لَهُمْ تَعالَوْا يَسْتَغْفِرْ لَكُمْ رَسُولُ اللَّهِ) لَمَّا نَزَلَ الْقُرْآنُ بِصِفَتِهِمْ مَشَى إِلَيْهِمْ عَشَائِرُهُمْ وَقَالُوا: افْتَضَحْتُمْ بِالنِّفَاقِ فَتُوبُوا إِلَى رَسُولِ اللَّهِ مِنَ النِّفَاقِ، وَاطْلُبُوا أَنْ يَسْتَغْفِرَ لَكُمْ. فَلَوَّوْا رؤوسهم، أَيْ حَرَّكُوهَا اسْتِهْزَاءً وَإِبَاءً، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ. وعنه أنه كان
(١). راجع ج ٣ ص ٩٢ وج ٤ ص ٧٩

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