« Je témoigne par Allah que telle chose s’est réellement produite », cela constitue un serment ; de même, s’il dit : « Je témoigne que telle chose s’est effectivement produite » sans avoir l’intention de jurer, cela reste un serment d’après ce verset, car Allah — Très-Haut — a mentionné à leur sujet le témoignage, puis Il a dit : « Ils ont pris leurs serments pour bouclier ».
Selon ash-Shâfiʿî, toutefois, cela ne compte pas comme serment, même s’il avait eu l’intention de jurer, car la parole du Très-Haut : « Ils ont pris leurs serments pour bouclier » ne se rapporte pas à Sa parole : « Ils disent : “Nous attestons” », mais bien à ce qui se trouve dans la sûrah « Barâʾah » : « Ils jurent par Allah qu’ils n’ont rien dit » (At-Tawba, 74).
Troisièmement — Sa parole — exalté soit-Il — :
« Ils ont détourné [les gens] du sentier d’Allah »
a) c’est-à-dire qu’ils se sont détournés eux-mêmes ; le verbe vient de « ṣudûd » (l’évitement).
b) ou bien ils ont écarté les croyants de l’application du jugement d’Allah sur eux — mise à mort, captivité et saisie des biens —, ce qui relève de « ṣadd » (l’entrave).
c) ou encore ils ont dissuadé les gens du jihâd en restant eux-mêmes à l’arrière, de sorte que d’autres les ont pris pour modèle.
On a dit aussi : ils ont détourné les Juifs et les polythéistes d’entrer en Islam en proclamant : « Voyez, nous mécroyons en lui ; si Muḥammad était véridique, il l’aurait su de nous et nous aurait pris pour exemple (de châtiment) ». Allah a donc montré que leur état ne Lui échappe pas ; cependant, Son jugement veut que quiconque manifeste extérieurement la foi se voie appliquer, en apparence, le statut du croyant.
« Certes, quelle détestable chose que ce qu’ils faisaient ! »
C’est-à-dire : combien mauvaises sont leurs œuvres cachées — leur hypocrisie, leurs faux serments et leur obstruction au sentier d’Allah —, œuvres vraiment détestables.
(Sûrat al-Munâfiqûn, 63 : 3)
« Cela, parce qu’ils crurent puis apostasient ; alors un sceau fut apposé sur leurs cœurs, de sorte qu’ils ne comprennent plus » (v. 3).
Ceci est une information d’Allah — Très-Haut — que l’hypocrite est un mécréant : ils ont reconnu par la langue, puis ont mécru par le cœur.
On a dit encore : le verset fut révélé au sujet d’un groupe qui crut, puis apostasias. « Un sceau fut apposé sur leurs cœurs » : ils furent scellés dans la mécréance ; « et ils ne comprennent plus » la foi ni le bien. Zayd b. ʿAlî lisait : « Allah a scellé leurs cœurs ».
(Sûrat al-Munâfiqûn, 63 : 4)
« Et lorsque tu les vois, leurs corps te plaisent ; et s’ils parlent, tu prêtes l’oreille à leurs paroles ; ils sont comme des buches appuyées ; ils pensent que chaque cri est dirigé contre eux ; ce sont eux, l’ennemi : prends-y garde ! Qu’Allah les combatte ! Où donc se laissent-ils détourner ? » (v. 4).
La parole du Très-Haut :
« Lorsque tu les vois, leurs corps te plaisent »
renvoie à leur allure et à leur apparence ;
« et s’ils parlent, tu prêtes l’oreille à leurs paroles »
— il s’agit de ʿAbd Allâh b. Ubayy.
Ibn ʿAbbâs a dit : ʿAbd Allâh b. Ubayy était d’une grande beauté.