Al-Dâraqutnî rapporte, d’après le ḥadîth de Jâbir b. ʿAbd Allâh, lequel dit :
« Alors que le Messager d’Allâh — paix et salut sur lui — nous adressait le sermon un vendredi, survint une caravane chargée de vivres qui fit halte au Baqîʿ. Les fidèles se tournèrent vers elle, se dispersèrent à sa rencontre et laissèrent le Messager d’Allâh — paix et salut sur lui — avec seulement quarante hommes, parmi lesquels je me trouvais.
Allâh — Puissant et Majestueux — révéla alors à Son Prophète — paix et salut sur lui — :
“Quand ils voient quelque négoce ou quelque divertissement, ils s’y précipitent et te laissent debout.” (62 : 11) »
Al-Dâraqutnî commente : « Dans cette chaîne de transmission, nul autre qu’ʿAlî b. ʿÂṣim, rapportant de Ḥuṣayn, n’a mentionné l’expression : “seulement quarante hommes”. Les autres transmetteurs de Ḥuṣayn l’ont contredit et ont affirmé : “Il ne demeura auprès du Prophète — paix et salut sur lui — que douze hommes.” »
Il est rapporté de lui — paix et salut sur lui — qu’il a déclaré :
« Par Celui qui détient mon âme en Sa main, si tous étaient sortis, Allâh aurait embrasé la vallée d’un feu. » — propos rapporté par az-Zamakhsharî.
Dans un ḥadîth mursal figurent les noms des douze hommes, transmis par Asad b. ʿAmr — père de Asad b. Mûsâ b. Asad. On y lit que ne restèrent auprès du Messager d’Allâh — paix et salut sur lui — que : Abû Bakr, ʿUmar, ʿUthmân, ʿAlî, Ṭalḥah, az-Zubayr, Saʿd b. Abî Waqqâṣ, ʿAbd ar-Raḥmân b. ʿAwf, Abû ʿUbaydah b. al-Jarrâḥ, Saʿîd b. Zayd, Bilâl — et, selon l’une des deux versions, ʿAbd Allâh b. Masʿûd ; selon l’autre, ʿAmmâr b. Yâsir.
Je (l’auteur) précise : Jâbir n’est pas cité, alors que Muslim rapporte qu’il était présent, tout comme ad-Dâraqutnî. Ils seraient donc treize ; si l’on y ajoute ʿAbd Allâh b. Masʿûd, ils deviennent quatorze.
Abû Dâwûd a mentionné dans ses Marâsîl la raison qui les amena à s’autoriser à quitter l’écoute du sermon — alors qu’au regard de leur mérite ils n’auraient pas dû le faire. Il dit :
« Mâhmûd b. Khâlid nous a rapporté — al-Walîd nous a rapporté — Abû Muʿâdh Bakr b. Maʿrûf m’a informé avoir entendu Muqâtil b. Ḥayyân dire :
Le Messager d’Allâh — paix et salut sur lui — célébrait la prière du vendredi avant le sermon, à l’instar des deux prières de l’ʿÎd, jusqu’au jour où, un vendredi, le Prophète — paix et salut sur lui — prêchait, la prière déjà accomplie, lorsqu’un homme entra et annonça : “Dihyah b. Khalîfah al-Kalbî est arrivé avec une marchandise.”
Or, lorsque Dihyah arrivait, les siens sortaient à sa rencontre au son des tambourins. Les fidèles sortirent donc, persuadés qu’il n’y avait aucun mal à délaisser le sermon. Allâh — Puissant et Majestueux — révéla alors : “Quand ils voient quelque négoce ou quelque divertissement, ils s’y précipitent…” (62 : 11).
Le Prophète — paix et salut sur lui — plaça dès lors la khuṭbah avant la prière du vendredi et retarda la prière. Par la suite, nul ne sortait pour un saignement de nez ou un besoin naturel, après l’interdiction, sans avoir sollicité la permission du Prophète — paix et salut sur lui — en lui faisant signe.»