Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Quiconque s’en absente sans excuse valable et prie avant l’imâm doit recommencer ; il ne lui suffit pas de l’avoir précédé. Du fait même de son absence, alors qu’il en avait la possibilité, il désobéit à Allah par son acte.

Septième point :
La parole du Très-Haut : « Lorsque l’on appelle à la prière » ne concerne, pour l’obligation du vendredi, que le proche qui entend l’appel¹ ; celui qui habite loin au point de ne pas l’entendre ne relève pas de l’injonction. On a divergé quant à la distance – proche ou lointaine – à partir de laquelle on se rend au vendredi.

Ibn ʿUmar, Abû Hurayrah et Anas ont dit : le vendredi est obligatoire pour quiconque se trouve dans l’agglomération jusqu’à six milles.

Rabîʿah a dit : quatre milles.

Mâlik et al-Layth ont dit : trois milles.

Ash-Shâfiʿî a dit : l’appréciation du fait d’entendre l’appel suppose que le muezzin ait une voix puissante², que les alentours soient silencieux, que le vent soit calme et que le muezzin se tienne à l’enceinte de la cité.

Dans le Ṣaḥîḥ, d’après ʿÂ’ishah, il est rapporté que les gens se rendaient à la prière du vendredi depuis leurs demeures et depuis les hauteurs (al-ʿAwâlî) ; ils arrivaient couverts de poussière que le vent soulevait, et leurs corps exhalaient alors une odeur. Le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – dit :
« Si seulement vous vous laviez pour votre assemblée d’aujourd’hui ! »

Nos savants ont dit : lorsque la voix porte et que les gens sont dans le calme et la quiétude, la distance maximale d’audition est de trois milles ; les ʿAwâlî de Médine – les plus proches – en sont à environ trois milles.

Aḥmad ibn Ḥanbal et Isḥâq ont dit : le vendredi est obligatoire pour celui qui entend l’appel.

Ad-Dâraqutnî rapporte, d’après ʿAmr ibn Shuʿayb, de son père, de son grand-père, que le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – a dit :
« Le vendredi n’est imposé qu’à celui qui entend l’appel. »

Abû Ḥanîfah et ses disciples ont dit : il est obligatoire pour toute personne se trouvant dans l’agglomération, qu’elle entende ou non l’appel ; il ne l’est pas pour qui se trouve hors de l’agglomération, fût-ce en entendant l’appel. On lui demanda : « Le vendredi est-il obligatoire pour les habitants de Zabarah – qu’un bras du fleuve sépare de Koufa ? » Il répondit : « Non. »

Il est également rapporté de Rabîʿah qu’il est obligatoire pour celui qui, entendant l’appel, pourrait, s’il sortait de chez lui à pied, arriver à temps pour la prière.

Et az-Zuhrî rapporte qu’elle devient obligatoire dès lors qu’on entend l’adhân.

Huitième point :
La parole du Très-Haut : « Lorsque l’on appelle à la prière du jour du vendredi, hâtez-vous vers le rappel d’Allah » est une preuve que le vendredi n’est obligatoire qu’avec l’appel, et que l’appel n’a lieu qu’après l’entrée de l’heure, selon Sa parole —

وَمَنْ تَخَلَّفَ عَنْهَا لِغَيْرِ عُذْرٍ فَصَلَّى قَبْلَ الْإِمَامِ أَعَادَ، وَلَا يَجْزِيهِ أَنْ يُصَلِّيَ قَبْلَهُ. وَهُوَ فِي تَخَلُّفِهِ عَنْهَا مَعَ إِمْكَانِهِ لِذَلِكَ عَاصٍ لِلَّهِ بِفِعْلِهِ. السَّابِعَةُ: قَوْلُهُ تَعَالَى: إِذا نُودِيَ لِلصَّلاةِ يَخْتَصُّ بِوُجُوبِ الْجُمُعَةِ عَلَى «١» الْقَرِيبِ الَّذِي يَسْمَعُ النِّدَاءَ، فَأَمَّا الْبَعِيدُ الدَّارِ الَّذِي لَا يَسْمَعُ النِّدَاءَ فَلَا يَدْخُلُ تَحْتَ الْخِطَابِ. وَاخْتُلِفَ فِيمَنْ يَأْتِي الْجُمْعَةَ مِنَ الدَّانِي وَالْقَاصِي، فَقَالَ ابْنُ عُمَرَ وَأَبُو هُرَيْرَةَ وَأَنَسٌ: تَجِبُ الْجُمْعَةُ عَلَى مَنْ فِي الْمِصْرِ عَلَى سِتَّةِ أَمْيَالٍ. وَقَالَ رَبِيعَةُ: أَرْبَعَةُ أَمْيَالٍ. وَقَالَ مَالِكٌ وَاللَّيْثُ: ثَلَاثَةُ أَمْيَالٍ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: اعْتِبَارُ سَمَاعِ الْأَذَانِ أَنْ يَكُونَ الْمُؤَذِّنُ صَيِّتًا، «٢» وَالْأَصْوَاتُ هَادِئَةٌ، وَالرِّيحُ سَاكِنَةٌ وَمَوْقِفُ الْمُؤَذِّنِ عِنْدَ سُورِ الْبَلَدِ. وَفِي الصَّحِيحِ عَنْ عَائِشَةَ: أَنَّ النَّاسَ كَانُوا يَنْتَابُونَ «٣» الْجُمُعَةَ مِنْ مَنَازِلِهِمْ وَمِنَ الْعَوَالِي فَيَأْتُونَ فِي الْغُبَارِ «٤» وَيُصِيبُهُمُ الْغُبَارُ فَتَخْرُجُ مِنْهُمُ الرِّيحُ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (لو اغتسلتم ليؤمكم هَذَا) قَالَ عُلَمَاؤُنَا: وَالصَّوْتُ إِذَا كَانَ مَنِيعًا وَالنَّاسُ فِي هُدُوءٍ وَسُكُونٍ فَأَقْصَى سَمَاعِ الصَّوْتِ ثَلَاثَةُ أَمْيَالٍ. وَالْعَوَالِي مِنَ الْمَدِينَةِ أَقْرَبُهَا عَلَى ثَلَاثَةِ أَمْيَالٍ. وَقَالَ أَحْمَدُ بْنُ حَنْبَلٍ وَإِسْحَاقُ: تَجِبُ الْجُمُعَةُ عَلَى مَنْ سَمِعَ النِّدَاءَ. وَرَوَى الدَّارَقُطْنِيُّ مِنْ حَدِيثِ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ جَدِّهِ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (إِنَّمَا الْجُمُعَةُ عَلَى مَنْ سَمِعَ النِّدَاءَ) . وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ تَجِبُ عَلَى مَنْ فِي الْمِصْرِ، سَمِعَ النِّدَاءَ أَوْ لَمْ يَسْمَعْهُ، وَلَا تَجِبْ عَلَى مَنْ هُوَ خَارِجَ الْمِصْرِ وَإِنْ سَمِعَ النِّدَاءَ. حَتَّى سُئِلَ: وَهَلْ تَجِبُ الْجُمُعَةُ عَلَى أَهْلِ زَبَارَةَ- بَيْنَهَا وَبَيْنَ الْكُوفَةِ مَجْرَى نَهْرٍ-؟ فَقَالَ لَا. وَرُوِيَ عَنْ رَبِيعَةَ أَيْضًا: أَنَّهَا تَجِبُ عَلَى مَنْ إِذَا سَمِعَ النِّدَاءَ وَخَرَجَ مِنْ بَيْتِهِ مَاشِيًا أَدْرَكَ الصَّلَاةَ. وَقَدْ رُوِيَ عَنِ الزُّهْرِيِّ: أَنَّهَا تَجِبُ عَلَيْهِ إِذَا سَمِعَ الْأَذَانَ. الثَّامِنَةُ: قَوْلُهُ تَعَالَى: إِذا نُودِيَ لِلصَّلاةِ مِنْ يَوْمِ الْجُمُعَةِ فَاسْعَوْا إِلى ذِكْرِ اللَّهِ دَلِيلٌ عَلَى أَنَّ الْجُمُعَةَ لَا تَجِبُ إِلَّا بِالنِّدَاءِ، وَالنِّدَاءُ لَا يَكُونُ إِلَّا بِدُخُولِ الْوَقْتِ، بِدَلِيلِ قَوْلِهِ
(١). التكملة عن ابن العربي. (٢). رجل صيت: شديد الصوت عاليه. (٣). أي يحضرونها نوبا. وفى رواية" يتناوبون". (٤). في ح، ز، س" في العباء" بفتح العين المهملة والمد، جمع عباءة.

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