qu’on fasse retentir l’adhān dans le souk avant celui de la mosquée, afin que les gens cessent leurs transactions ; une fois rassemblés, on appelait alors à la prière dans la mosquée. ʿUthmân – qu’Allah l’agrée – institua donc deux adhāns à l’intérieur même de la mosquée, commente Ibn al-ʿArabî.
Le ḥadîth authentique rapporte en effet que, sous le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui –, l’adhān n’était prononcé qu’une seule fois. Puis, à l’époque de ʿUthmân, celui-ci ajouta un troisième adhān à Az-Zawrâʾ. On l’a qualifié de « troisième » parce qu’on y ajoutait l’iqāmah, conformément à la parole du Prophète – paix et bénédictions sur lui :
« Entre chaque deux adhāns se trouve une ṣalāh pour qui le souhaite »,
autrement dit entre l’adhān et l’iqāmah. Or les gens ont cru, à tort, qu’il s’agissait d’un adhān principal : ils portèrent alors le nombre de muezzins à trois – erreur –, puis les firent appeler tous ensemble – erreur sur erreur. Je les ai vus, à Madīnat as-Salâm, lancer l’adhān, après celui du minaret, devant l’imâm, sous le minbar, en groupe, comme on le faisait autrefois chez nous sous les dynasties passées : tout cela est une innovation.
Cinquièmement – Sa parole, Exalté soit-Il : « Fasʿaw (ilâ dhikri-Llâh) – Hâtez-vous vers le rappel d’Allah ». Trois avis ont été émis quant au sens du verbe « saʿy » dans ce verset :
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Le premier : le dessein résolu. Al-Ḥasan a dit : « Par Allah, il ne s’agit pas d’une marche des pieds, mais d’une hâte des cœurs et de la niyyah. »
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Le second : l’action même, comme dans Ses paroles :
– « Et quiconque désire l’Au-delà et s’emploie pour elle comme il se doit, tout en étant croyant » (Al-Isrâʾ, 19),
– « Vos efforts sont certes divers » (Al-Layl, 4),
– « L’homme ne récoltera que le fruit de ses efforts » (An-Najm, 39).
Tel est l’avis de la majorité.Ainsi déclame Zuhayr :
Après eux des hommes se hâtèrent pour les atteindre, (A)
Afin de les rejoindre, sans faillir ni s’éteindre. (A)
Ghayth fils de Murrah bondit, d’un pas hardi et sûr, (B)
Quand, entre les siens, le sang versé rompit tout lien pur. (B)Autrement dit, mettez-vous diligemment en route vers le rappel d’Allah et occupez-vous de ce qui y conduit : ghusl, purification et direction vers la mosquée.
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Le troisième : il s’agit littéralement de se hâter à pied ; c’est un acte méritoire, non une condition. Dans le Ṣaḥîḥ d’al-Bukhârî, il est rapporté que