Troisièmement :
Allah a interpellé les croyants, à l’exclusion des mécréants, au sujet de la prière du Jumuʿah, afin de les honorer et de les distinguer ; Il a dit : « Ô vous qui avez cru », puis Il a spécifiquement rattaché cet ordre à l’appel (adhān) – bien qu’il fût déjà inclus dans Sa parole : « Et lorsque vous lancez l’appel à la ṣalāh… » (Al-Mâʾidah, 58) – pour indiquer son caractère obligatoire et souligner la fermeté de son statut prescrit.
Certains savants ont déclaré que le fait que la ṣalāh visée soit ici la ṣalāt al-Jumuʿah est connu par consensus et non tiré du terme même. Ibn al-ʿArabî dit cependant : « À mon sens, cela ressort bien du mot lui-même, grâce à une finesse : l’expression “du jour du Jumuʿah” l’implique, car l’appel particulier à ce jour est l’appel de cette prière. Quant aux autres prières, leur appel est général aux autres jours. Si l’appel visé n’était pas celui de la Jumuʿah, il n’y aurait ni sens ni utilité à le spécifier et à le lui attribuer. »
Quatrièmement :
Le statut de l’adhān a déjà été exposé en détail dans la sourate « Al-Mâʾidah ». Du temps du Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui –, comme pour les autres prières, l’adhān n’était prononcé qu’une seule fois : un muezzin appelait lorsque le Prophète s’asseyait sur la chaire. Il en fut de même sous Abû Bakr, ʿUmar, puis sous ʿAlî à Koufa. Par la suite, ʿUthmân ajouta, depuis la chaire, un troisième adhān à la maison qui lui appartenait, appelée « Az-Zawrâʾ », lorsque la population de Médine s’accrut ; lorsque les gens l’entendaient, ils se hâtaient vers la mosquée. Une fois ʿUthmân assis sur la chaire, le muezzin du Prophète – paix et bénédictions sur lui – lançait alors l’adhān, après quoi ʿUthmân prononçait la khuṭbah.
Ibn Mâjah rapporte cela dans ses Sunan, par la chaîne de Muḥammad b. Isḥâq, d’après Az-Zuhrî, d’après As-Sâʾib b. Yazîd, qui dit : « À l’époque du Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui –, il n’y avait qu’un seul muezzin : lorsqu’il sortait, il faisait l’adhān, et lorsqu’il descendait, il proclamait l’iqāmah. Abû Bakr et ʿUmar firent de même. Puis, durant le califat de ʿUthmân, lorsque la population devint nombreuse, il ajouta un troisième appel à la porte d’une maison du marché appelée “Az-Zawrâʾ” ; lorsqu’il sortait, on faisait l’adhān, et lorsqu’il descendait, on faisait l’iqāmah. » Al-Bukhârî l’a consigné, par plusieurs voies, avec le même sens.
Dans certaines versions, il est dit : « Le deuxième adhān du jour du Jumuʿah fut institué par ʿUthmân b. ʿAffân lorsque les fidèles devinrent nombreux dans la mosquée ; auparavant l’appel, le jour du Jumuʿah, se faisait au moment où l’imâm prenait place. »
Al-Mâwardî dit : « Quant au premier adhān, il s’agit d’une innovation introduite par ʿUthmân b. ʿAffân afin que les gens se préparent à assister à la khuṭbah lorsque Médine s’élargit et que sa population s’accrut. Quant à ʿUmar – qu’Allah l’agrée – il avait ordonné que… »