richesse qui est dépensée dans l’obéissance ; tel est le sens de la parole d’Abû Ṣâliḥ.
Muslim rapporte, d’après Abû Ṣâliḥ, lui-même ayant entendu Abû Hurayrah, que les pauvres parmi les Émigrés vinrent trouver le Messager d’Allah – que la prière et le salut d’Allah soient sur lui – en disant :
« Les possesseurs de grandes fortunes se sont approprié les degrés les plus élevés et la félicité éternelle. »
Il leur demanda :
(Et qu’est-ce donc ?)
Ils répondirent :
« Ils prient comme nous prions, jeûnent comme nous jeûnons ; mais ils donnent l’aumône, ce que nous ne pouvons faire, et affranchissent des esclaves, tandis que nous n’affranchissons pas. »
Le Messager d’Allah – que la prière et le salut d’Allah soient sur lui – dit alors :
(Ne veux-je pas vous enseigner une chose grâce à laquelle vous rejoindrez ceux qui vous ont précédés, devancerez ceux qui viendront après vous, et nul ne sera meilleur que vous hormis celui qui agira comme vous ?)
Ils dirent : « Certainement, ô Messager d’Allah. »
Il dit :
(Dites « Subḥâna-llâh », « Allâhu Akbar » et « Al-ḥamdu li-llâh » trente-trois fois à l’issue de chaque prière.)
Abû Ṣâliḥ poursuit : Les pauvres des Émigrés revinrent alors auprès du Messager d’Allah – que la prière et le salut d’Allah soient sur lui – et dirent : « Nos frères fortunés ont entendu ce que nous faisons et ils l’ont fait de même. »
Le Messager d’Allah – que la prière et le salut d’Allah soient sur lui – déclara :
(C’est là la grâce d’Allah ; Il l’accorde à qui Il veut.)
Un cinquième avis soutient qu’il s’agit de la soumission des gens à la véracité du Prophète – que la prière et le salut d’Allah soient sur lui –, de leur entrée dans sa religion et de leur soutien à sa cause. Allah est plus savant.
[Sourate al-Jumuʿah (62) : verset 5]
« Le cas de ceux à qui l’on confia la Torah puis qui ne la portèrent pas est comparable à celui de l’âne qui transporte des livres : quel détestable exemple que celui du peuple qui traite les signes d’Allah de mensonges ! Et Allah ne guide pas les injustes. » (5)
Allah – Exalté soit-Il – frappe ici une parabole à propos des Juifs lorsqu’ils délaissèrent la pratique de la Torah et ne crurent pas en Muḥammad – que la prière et le salut d’Allah soient sur lui. « Ils furent chargés de la Torah » signifie : ils furent tenus d’agir conformément à elle, selon Ibn ʿAbbâs.
Al-Jurjânî a dit : le terme provient de ḥamâlah au sens de garantie, c’est-à-dire qu’ils se sont portés garants de l’application des prescriptions de la Torah.
« … pareil à l’âne qui porte des livres » : « Asfâr » est le pluriel de « sifr », un grand livre ainsi nommé parce qu’il dévoile (yusfiru) le sens lorsqu’on le lit.
Maymûn ibn Mihrân a dit : l’âne ne sait pas s’il porte un livre sur son dos ou un sac de fumier (1) ; il en est de même pour les Juifs.
Par ces paroles, Allah Très-Haut avertit quiconque porte le Livre de la nécessité d’en apprendre les significations et de connaître ce qu’il renferme, afin que ne le rejoigne pas le blâme qui a atteint ceux-là.
Et le poète a dit : (2)