C’est-à-dire qu’il les instruit, ainsi que d’autres encore parmi les croyants ; car lorsque l’enseignement se transmet de manière continue jusqu’à la fin des temps, tout est rapporté à son premier maillon, comme si ce dernier avait pris en charge tout ce qui en découle.
« … alors qu’ils ne les ont pas encore rejoints » : autrement dit, ils n’étaient pas de leur époque et viendront après eux.
Saʿîd ibn Jubayr a dit : il s’agit des non-Arabes.
Dans les Ṣaḥîḥ de al-Bukhârî et de Muslim, il est rapporté d’après Abû Hurayrah : « Nous étions assis auprès du Prophète – que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui – lorsque la sourate al-Jumuʿah fut révélée. Lorsqu’il récita : “… et à d’autres parmi eux qui ne les ont pas encore rejoints”, un homme demanda : “Qui sont ceux-là, ô Messager d’Allâh ?” Le Prophète – que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui – ne lui répondit pas, jusqu’à ce qu’il l’interroge une, deux ou trois fois. Or Salman le Perse se trouvait parmi nous. »
Il ajouta : « Le Prophète – que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui – posa alors sa main sur Salman et déclara : “Si la foi se trouvait auprès des Pléiades, des hommes issus de ceux-ci iraient la saisir.” Dans une autre version : “Si la religion se trouvait auprès des Pléiades, un homme de Perse – ou, dit-il, des fils de la Perse – irait la chercher jusqu’à l’atteindre.” – Formulation de Muslim. »
ʿIkrimah a dit : il s’agit des Successeurs (al-Tâbiʿûn).
Mujâhid a dit : ce sont tous les gens, c’est-à-dire ceux qui viendront après les Arabes parmi lesquels Muḥammad – que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui – fut envoyé. Ibn Zayd et Muqâtil ibn Ḥayyân ont tenu la même opinion ; ils ont déclaré : ce sont ceux qui embrasseront l’Islâm après le Prophète – que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui – jusqu’au Jour de la Résurrection.
Sahl ibn Saʿd as-Sâʿidî rapporte que le Prophète – que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui – a dit : « Dans les reins de ma communauté se trouvent des hommes et des femmes qui entreront au Paradis sans jugement », puis il récita : « … et à d’autres parmi eux qui ne les ont pas encore rejoints. » – La première opinion demeure la plus solide.
Il est également rapporté que le Prophète – que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui – a dit : « Je me suis vu en train d’abreuver un troupeau de moutons noirs, puis je les ai suivis d’un troupeau au pelage clair. Interprète-la, ô Abû Bakr ! » Celui-ci répondit : « Ô Messager d’Allâh, les noirs représentent les Arabes, et ceux au pelage clair représentent les non-Arabes qui te suivront après les Arabes. » Le Prophète – que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui – dit alors : « Ainsi l’a interprété l’Ange », c’est-à-dire Jibrîl – paix sur lui. Ce hadith est rapporté par Ibn Abî Laylâ, d’après un Compagnon du Prophète – que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui –, à savoir ʿAlî ibn Abî Ṭâlib – qu’Allâh l’agrée.
[Sourate al-Jumuʿah (62) : verset 4] « Tel est le bienfait d’Allâh : Il l’accorde à qui Il veut ; et Allâh est Détenteur d’une grâce immense. » (4)
Ibn ʿAbbâs a dit : [cette grâce] se manifeste lorsqu’Il a fait rejoindre les non-Arabes aux Quraysh.
Il a aussi été dit qu’il s’agit de l’Islâm : c’est la grâce d’Allâh qu’Il accorde à qui Il veut – avis d’al-Kalbî.
D’autres ont dit qu’il s’agit de la Révélation et de la Prophétie – avis de Muqâtil.
Un quatrième avis affirme qu’il s’agit de la richesse.