C’est là le « commerce » ; or ce commerce est explicité par la foi et le jihâd. Comme s’il avait été dit : « Pratiquerez-vous ce commerce qu’est la foi et le jihâd afin qu’Il vous pardonne ? »
Al-Mahdawî dit : « Si l’on n’admet pas cette ellipse, la question ne tient pas, car on aboutirait à l’idée : “Si l’on vous indique, Il vous pardonnera”, alors que le pardon est attaché à l’agrément et à la foi, non à la simple indication. »
Az-Zajjâj ajoute : « Ce n’est pas parce qu’Il leur montre ce qui leur est profitable qu’Il leur pardonne ; Il ne leur pardonne qu’une fois qu’ils auront cru et combattu. »
Zayd ibn ‘Alî a lu : tuʾminû, tujâhidû, en sous-entendant le lâm de l’impératif, à l’instar de ce vers poétique :
« Ô Muhammad, que toute âme pour la tienne se sacrifie ;
Si tu crains quelque mal, qu’il disparaisse ! »
Il voulait dire : li-tafdi.
Certains récitateurs ont pratiqué l’assimilation en prononçant : yaghfir-lakum ; toutefois la meilleure option est de l’éviter, car la lettre râ’ est une consonne forte et vibrante : il ne convient pas de l’assimiler dans le lâm, le plus fort ne s’assimilant pas dans le plus faible.
Quatrième question – Parole du Très-Haut :
« … et des demeures agréables… »
Abû l-Ḥusayn al-Âjurrî rapporte d’après al-Ḥasan : « J’ai interrogé ‘Imrân ibn al-Ḥuṣayn et Abû Hurayrah sur l’interprétation de ce verset : “… et des demeures agréables…”. Ils dirent : “Tu t’adresses à qui sait ! Nous avons interrogé le Messager d’Allâh – qu’Allâh prie sur lui et le salue – à ce sujet et il a répondu :
‘Un palais formé d’une seule perle au Paradis, abritant soixante-dix demeures en rubis rouge ; dans chaque demeure, soixante-dix appartements en émeraude verte ; dans chaque appartement, soixante-dix lits ; sur chaque lit, soixante-dix couvertures de toutes couleurs ; sur chaque couverture, soixante-dix épouses parmi les houris aux grands yeux ; dans chaque appartement, soixante-dix tables ; sur chaque table, soixante-dix mets différents ; et dans chaque appartement, soixante-dix serviteurs et servantes. Allâh, Béni et Exalté, accordera au croyant, en une seule matinée, la force suffisante pour jouir de tout cela.’ »
Dans « les Jardins d’‘Adn » – c’est-à-dire de séjour permanent –. « Voilà la réussite suprême », c’est-à-dire le bonheur grand et éternel ; l’origine de fawz est de remporter ce que l’on recherche.
Cinquième question – Parole du Très-Haut :
« … et une autre [grâce] que vous aimez… »
Al-Farrâ’ et l’Akhfash disent : uḫrâ est coordonné à tijârah et se trouve donc au cas indirect. D’autres estiment qu’il est au nominatif : « Il y a pour vous un autre privilège, un autre commerce que vous aimez » :
« un secours venant d’Allâh » ; c’est-à-dire qu’il s’agit bel et bien d’un secours divin, de sorte que « naṣr » est, dans cette lecture, une apposition explicative.