Il s’y trouve cinq questions :
Première question – Parole du Très-Haut :
« Ô vous qui avez cru ! Voulez-vous que Je vous indique un commerce… »
Muqātil a dit : « Ce verset fut révélé au sujet de ‘Uthmān ibn Maẓ‘ūn. » En effet, celui-ci avait déclaré au Messager d’Allâh – qu’Allâh prie sur lui et le salue : « Si tu m’y autorisais, je divorcerais de Khawla, je me vouerais au monachisme, me ferais châtrer, m’interdirais la viande ; je ne dormirais jamais la nuit et ne romprais jamais mon jeûne le jour ! » Le Messager d’Allâh – qu’Allâh prie sur lui et le salue – répondit :
« Le mariage fait partie de ma Sunna et il n’y a point de monachisme en Islâm ; le monachisme de ma communauté, c’est le jihâd dans le sentier d’Allâh ; la “castration” de ma communauté, c’est le jeûne. Ne rendez pas illicites les bonnes choses qu’Allâh vous a rendues licites. Il fait partie de ma Sunna que je dorme et que je veille (en prière), que je mange et que je jeûne ; quiconque se détourne de ma Sunna n’est pas des miens. »
‘Uthmān répliqua : « Par Allâh, ô Prophète d’Allâh, j’aimerais savoir quel commerce est le plus aimé d’Allâh pour que je m’y adonne. » Alors ce verset fut révélé.
On a également dit que le sens de « Adullukum » est : « Je vais assurément vous indiquer. » Quant au « commerce », il s’agit du jihâd. Le Très-Haut a dit : « Certes Allâh a acheté des croyants leurs personnes et leurs biens… » [At-Tawbah, 111] (1). Cette interpellation concerne l’ensemble des croyants. D’aucuns ont toutefois affirmé qu’elle s’adresse aux Gens du Livre.
Deuxième question – Parole du Très-Haut : « … qui vous sauvera (tunjîkum)… » c’est-à-dire vous délivrera « d’un châtiment douloureux », autrement dit pénible – comme cela a déjà été exposé (2). La lecture majoritaire prononce tunjîkum, avec la nūn muette, dérivé de l’injâ’ (le salut). Al-Ḥasan, Ibn ‘Âmir et Abū Ḥaywah lisent tunajjîkum, avec redoublement, issu de at-tanjiyah.
Troisième question – Après avoir évoqué le « commerce », le texte le précise :
« Vous croyez en Allâh et en Son Messager, et vous luttez dans le sentier d’Allâh avec vos biens et vos personnes… »
Il a cité d’abord les biens, car ce sont eux que l’on dépense en premier. « Cela » – c’est-à-dire cet acte – « est meilleur pour vous », plus profitable que vos biens et vos personnes, « si seulement vous saviez. »
Chez al-Mubarrad et az-Zajjāj, le verbe tu’minūna est à la place de Âminū (impératif), d’où la facon dont « yaghfir lakum » (Il vous pardonnera) est au jussif, répondant à l’ordre implicite. Dans la lecture d’Ibn Mas‘ūd, on lit « Âminū billâh » (Croyez en Allâh). Al-Farrâ’ considère que « yaghfir lakum » répond à la forme interrogative ; cela n’est recevable qu’en considérant le sens, à savoir que « tu’minūna billâh wa rasūlihi wa tujâhidūna… » est une apposition explicative à « hal adullukum ‘alâ tijârah… », comme si l’on ne savait pas encore ce qu’était ce « commerce », lequel est ensuite défini par la foi et le jihâd ; ceux-ci constituent donc ledit commerce en réalité. C’est comme s’Il avait dit : « Accepterez-vous de croire en Allâh et de lutter pour que (Allâh) vous pardonne ? »
Az-Zamakhsharî ajoute : l’argument d’al-Farrâ’ veut que l’objet de l’indication