Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Ils veulent éteindre la lumière d’Allâh avec leurs bouches. »

L’extinction (al-iṭfā’) équivaut à l’extinction (al-ikhmād) ; ces deux termes s’emploient pour le feu et, par extension, pour tout ce qui s’apparente à la clarté ou à la manifestation éclatante. Ils se distinguent toutefois sur un point : al-iṭfā’ s’utilise aussi bien pour une réalité modeste que pour une réalité importante, tandis qu’al-ikhmād ne s’emploie que pour ce qui est considérable, non pour ce qui est minime. Ainsi dira-t-on : « j’ai éteint (aṭfa’tu) la lampe », et l’on ne dira pas : « j’ai éteint (akhmadtُ) la lampe ».

S’agissant ici de « la lumière d’Allâh », cinq explications ont été avancées :

  1. Il s’agit du Coran : ils veulent l’annuler et le traiter de mensonge par leurs propos. (Ibn ‘Abbâs, Ibn Zayd)

  2. Il s’agit de l’islam : ils cherchent à le repousser par la parole. (as-Suddî)

  3. Il s’agit de Muḥammad – qu’Allâh prie sur lui et le salue – : ils ambitionnent sa perte par la propagation de rumeurs alarmistes. (aḍ-Ḍaḥḥâk)

  4. Il s’agit des preuves et des arguments d’Allâh : ils tentent de les invalider par leur négation et leur démenti. (Ibn Baḥr)

  5. Il s’agit d’une parabole : de même que celui qui tenterait d’éteindre la lumière du soleil avec sa bouche se heurterait à l’impossibilité absolue, ainsi en est-il de quiconque veut anéantir la vérité. (rapporté par Ibn ‘Īsâ)

La cause de la révélation de ce verset est rapportée par ‘Aṭâ’ d’après Ibn ‘Abbâs : la Révélation se fit attendre quarante jours pour le Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue. Kâ‘b ibn al-Ashraf déclara alors : « Ô assemblée des Juifs, réjouissez-vous ! Allâh a éteint la lumière de Muḥammad ; la Révélation qui lui parvenait s’est interrompue et son affaire ne sera jamais menée à terme. » Le Messager d’Allâh – que la prière et la paix d’Allâh soient sur lui – en fut affligé. Allâh, exalté soit-Il, fit descendre ce verset et, aussitôt, la Révélation reprit. L’ensemble a été rapporté par al-Mâwardî – qu’Allâh lui fasse miséricorde.

« Et Allâh parachèvera Sa lumière » : c’est-à-dire qu’Il la manifestera à travers les horizons.

Ibn Kathîr, Ḥamzah, al-Kisâ’î et Ḥafṣ d’après ‘Āṣim ont récité : « Et Allâh est Paracheveur de Sa lumière », en annexant « Sa lumière » (construction annexée) tout en visant une séparation de sens, comme dans la parole du Très-Haut : « Toute âme goûtera la mort » (Âl ‘Imrân, 185) et autres passages similaires, selon l’explication déjà donnée dans la sourate Âl ‘Imrân.

Les autres lecteurs récitent : « parachevant Sa lumière », parce qu’il s’agit d’un futur et que le verbe est donc conjugué en conséquence.

« Quand bien même les mécréants – de toutes catégories – l’exècreraient. »

قوله تعالى: (يُرِيدُونَ لِيُطْفِؤُا نُورَ اللَّهِ بِأَفْواهِهِمْ) الْإِطْفَاءُ هُوَ الْإِخْمَادُ، يُسْتَعْمَلَانِ فِي النَّارِ، وَيُسْتَعْمَلَانِ فِيمَا يَجْرِي مَجْرَاهَا مِنَ الضِّيَاءِ وَالظُّهُورِ. وَيَفْتَرِقُ الْإِطْفَاءُ وَالْإِخْمَادُ مِنْ وَجْهٍ، وَهُوَ أَنَّ الْإِطْفَاءَ يُسْتَعْمَلُ فِي الْقَلِيلِ وَالْكَثِيرِ، وَالْإِخْمَادُ إِنَّمَا يُسْتَعْمَلُ فِي الْكَثِيرِ دُونَ الْقَلِيلِ، فَيُقَالُ: أَطْفَأْتُ السِّرَاجَ، وَلَا يُقَالُ أَخْمَدْتُ السِّرَاجَ. وَفِي نُورَ اللَّهِ هُنَا خَمْسَةُ أَقَاوِيلَ: أَحَدُهَا: أَنَّهُ الْقُرْآنُ، يُرِيدُونَ إِبْطَالَهُ وَتَكْذِيبَهُ بِالْقَوْلِ، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ وَابْنُ زَيْدٍ. وَالثَّانِي: أَنَّهُ الْإِسْلَامُ، يُرِيدُونَ دَفْعَهُ بِالْكَلَامِ، قَالَهُ السُّدِّيُّ الثَّالِثُ- أَنَّهُ مُحَمَّدٌ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، يُرِيدُونَ هَلَاكَهُ بِالْأَرَاجِيفِ، قَالَهُ الضَّحَّاكُ. الرَّابِعُ: حُجَجُ اللَّهِ وَدَلَائِلُهُ، يُرِيدُونَ إِبْطَالَهَا بِإِنْكَارِهِمْ وَتَكْذِيبِهِمْ، قَالَهُ ابْنُ بَحْرٍ. الْخَامِسُ: أَنَّهُ مَثَلٌ مَضْرُوبٌ، أَيْ مَنْ أَرَادَ إِطْفَاءَ نُورِ الشَّمْسِ بِفِيهِ فَوَجَدَهُ مُسْتَحِيلًا مُمْتَنِعًا فَكَذَلِكَ مَنْ أَرَادَ إِبْطَالَ الْحَقِّ، حَكَاهُ ابْنُ عِيسَى. وَسَبَبُ نُزُولِ هَذِهِ الْآيَةِ مَا حَكَاهُ عَطَاءٌ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَبْطَأَ عَلَيْهِ الْوَحْيُ أَرْبَعِينَ يَوْمًا، فَقَالَ كَعْبُ بْنُ الْأَشْرَفِ: يَا مَعْشَرَ الْيَهُودِ، أَبْشِرُوا! فَقَدْ أَطْفَأَ اللَّهُ نُورَ مُحَمَّدٍ فِيمَا كَانَ يُنْزِلُ عَلَيْهِ، وَمَا كَانَ لِيُتِمَّ أَمْرَهُ، فَحَزِنَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَأَنْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى هَذِهِ الْآيَةَ وَاتَّصَلَ الْوَحْيُ بَعْدَهَا، حَكَى جَمِيعَهُ الْمَاوَرْدِيُّ رَحِمَهُ اللَّهُ. (وَاللَّهُ مُتِمُّ نُورِهِ) أَيْ بِإِظْهَارِهِ فِي الْآفَاقِ. وَقَرَأَ «١» ابْنُ كَثِيرٍ وَحَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ وَحَفْصٌ عَنْ عَاصِمٍ وَاللَّهُ مُتِمُّ نُورِهِ بِالْإِضَافَةِ عَلَى نِيَّةِ الِانْفِصَالِ، كَقَوْلِهِ تَعَالَى: كُلُّ نَفْسٍ ذائِقَةُ الْمَوْتِ [آل عمران: ١٨٥] وَشَبَهُهُ، حَسْبَ مَا تَقَدَّمَ بَيَانُهُ فِي " آلِ عِمْرَانَ «٢» " . الْبَاقُونَ مُتِمُّ نُورِهِ لِأَنَّهُ فِيمَا يُسْتَقْبَلُ، فَعَمِلَ. (وَلَوْ كَرِهَ الْكافِرُونَ) مِنْ سَائِرِ الْأَصْنَافِ.
(١). كلمة" وقرا" ساقطة من ج، س. (٢). راجع ج ٤ ص ٢٩٧

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies