Parmi les signes attestant de sa prophétie, il y a le fait que son nom lui correspond parfaitement : il est « mahmûd » (loué) dans ce monde pour la guidance qu’il a reçue et pour l’utilité qu’il a procurée en science et en sagesse ; et il est loué dans l’au-delà grâce à son intercession. Ainsi, la notion de louange se répète, comme l’exige le terme. De plus, il n’a pas été « Muḥammad » avant d’être « Aḥmad » : il a loué (ḥamida) son Seigneur, lequel l’a alors investi de la prophétie et l’a honoré. C’est pourquoi le nom « Aḥmad » précède celui de « Muḥammad ». ʿÎsâ, sur lui la paix, l’a donc mentionné en ces termes : « Son nom est Aḥmad. » Mûsâ, sur lui la paix, l’évoqua aussi lorsque son Seigneur lui dit : « Voilà la communauté d’Aḥmad », et il répondit : « Ô Allâh, fais-moi être de la communauté d’Aḥmad. » Il le mentionna donc sous le nom d’« Aḥmad » avant de le mentionner sous celui de « Muḥammad », car sa louange à l’égard de son Seigneur précéda la louange que les gens lui accordèrent. Lorsqu’il fut suscité et envoyé, il devint effectivement « Muḥammad ». De même, lors de l’intercession, il louera son Seigneur par les louanges qu’Il lui inspirera ; il sera alors le plus louangeur (aḥmad) des hommes envers son Seigneur, puis il intercédera et sera loué (muḥammad) pour son intercession.
Il est rapporté que le Prophète — qu’Allâh prie sur lui et le salue — a dit :
« Mon nom dans la Torah est Aḥyad, car je détourne (uḥîdu) ma communauté du Feu ; mon nom dans le Zabûr est al-Mâḥî, car Allâh, par moi, a effacé l’adoration des idoles ; mon nom dans l’Évangile est Aḥmad ; et mon nom dans le Coran est Muḥammad, car je suis loué parmi les habitants des cieux et de la terre. »
Et, dans le Ṣaḥîḥ, il a également dit : « J’ai cinq noms : je suis Muḥammad, Aḥmad, al-Mâḥî par qui Allâh efface la mécréance, al-Hâshir auprès duquel les gens seront rassemblés, et al-ʿĀqib. » (Ce passage a déjà été cité.)
« Puis, lorsqu’il leur vint avec les preuves évidentes… »
Certains ont dit qu’il s’agit d’ʿÎsâ ; d’autres qu’il s’agit de Muḥammad — qu’Allâh prie sur eux deux et les salue.
« … ils dirent : “Voilà une magie manifeste.” »
Al-Kisâʾî et Ḥamzah ont lu : « … un magicien (sâḥir) », qualificatif appliqué à la personne, et il est rapporté que c’est aussi la lecture d’Ibn Masʿûd. Les autres récitateurs lisent : « … une magie (siḥr) », qualificatif de ce que le Messager a apporté.
[Sûrat aṣ-Ṣaff, 61 : 7]
« Et qui est plus injuste que celui qui invente un mensonge contre Allâh alors qu’il est appelé à l’islam ? Allâh ne guide pas les gens injustes. » (7)
Parole du Très-Haut :
« Et qui est plus injuste… » : c’est-à-dire qu’il n’y a personne de plus injuste
« … que celui qui forge un mensonge contre Allâh » : cela a déjà été évoqué en plusieurs endroits.
« … alors qu’il est appelé à l’islam » : il s’agit d’une expression d’étonnement envers celui qui a mécru en ʿÎsâ et en Muḥammad après les miracles qui leur ont été manifestés. Ṭalḥah ibn Muṣarrif a lu : « wa-huwa yaddʿî », en ouvrant la yâ et le dâl, en le redoublant, et en cassant la ʿayn, c’est-à-dire : il se revendique [d’Allâh]. Yaddʿî et yantassib sont synonymes. « Allâh ne guide pas les gens injustes » : c’est-à-dire ceux à propos desquels Son jugement est qu’ils mourront dans l’égarement.