On a également dit : lorsqu’ils s’écartèrent de la foi, Allah détourna leurs cœurs de la récompense.
Et l’on a dit encore : c’est-à-dire que lorsqu’ils abandonnèrent ce qui leur avait été enjoint – honorer le Messager, sur lui la paix, et obéir au Seigneur – Allah fit naître l’égarement dans leurs cœurs, en châtiment de leur acte.
[Sûrat as-Saff, 61 : 6]
« Et lorsque ‘Îsâ fils de Maryam dit : « Ô enfants d’Israël ! Je suis, certes, le Messager d’Allah envoyé à vous, confirmant ce qui est entre mes mains de la Torah et annonciateur d’un Messager qui viendra après moi, dont le nom est Ahmad. » Puis, lorsqu’il leur vint avec les preuves évidentes, ils dirent : « Voilà une magie manifeste. » (6)
Parole du Très-Haut :
« Et lorsque ‘Îsâ fils de Maryam dit… »
Autrement dit : rappelle-leur aussi cette histoire.
Il dit : « Ô enfants d’Israël », et non « Ô mon peuple » comme l’avait dit Mûsâ, car il n’avait parmi eux aucun lien de filiation qui en ferait son peuple.
« Je suis le Messager d’Allah auprès de vous » : c’est-à-dire porteur de l’Évangile.
« confirmant ce qui est entre mes mains de la Torah » : car la Torah contient ma description et je ne vous apporte rien qui contredise la Torah, de sorte que vous vous détourniez de moi.
« et annonciateur d’un Messager » : — « mubashshiran » est à l’accusatif en fonction de circonstanciel, son régissant étant le sens de l’envoi ; « à vous » constitue le complément de « Messager ».
« qui viendra après moi ; son nom est Ahmad ». Nâfi‘, Ibn Kathîr et Abû ‘Amr ont lu « min ba‘diya » en ouvrant la yâ’. C’est aussi la lecture d’as-Sulamî, de Zir ibn Hubaysh et d’Abû Bakr d’après ‘Âsim. Abû Hâtim la préfère, car il s’agit ici d’un pronom, semblable à la kâf de « ba‘daka » ou au tâ’ de « qumta ». Les autres récitateurs prononcent la yâ’ avec sukun. On a également lu « min ba‘di ismuhu Ahmad » en supprimant la yâ’ à la diction.
« Ahmad » est le nom de notre Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue. Il s’agit d’un nom propre dérivé d’un adjectif, non d’un verbe ; cet adjectif est de la forme « af‘al » servant à exprimer le superlatif. Le sens d’Ahmad est donc : le plus louangeur parmi ceux qui louent leur Seigneur. Tous les Prophètes — qu’Allah répande Ses prières sur eux — sont des louangeurs d’Allah, et notre Prophète est celui qui Le loue le plus.
Quant au nom « Muhammad », il provient également d’un adjectif, synonyme de « mahmûd » (loué), mais impliquant l’intensité et la répétition : le « Muhammad » est celui qui a été loué à maintes reprises, tout comme « mukarram » dérive de karam pour désigner celui qui a été honoré plusieurs fois, de même que « mumaddah » et assimilés.
Ainsi, le nom « Muhammad » correspond parfaitement à sa signification, et c’est Allah, exalté soit-Il, qui l’a appelé ainsi avant qu’il ne se nomme lui-même ; c’est donc un nom propre