Cinquièmement – La parole du Très-Haut :
« Il est d’un extrême courroux auprès d’Allah que vous disiez ce que vous ne faites pas. »
On s’est appuyé sur ce verset pour affirmer l’obligation de tenir son engagement, même prononcé dans l’entêtement ou la colère, selon l’une des deux opinions rapportées de l’imâm ash-Shâfiʿî. Ici, la particule « an » occupe la place du sujet d’une phrase nominale dont le prédicat la précède, comme si le sens était : « Le fait que vous disiez ce que vous ne faites pas est blâmable. » Il est également permis d’y voir le prédicat d’un sujet sous-entendu.
Al-Kisâ’î dit : « “An” est à la place du nominatif, car le verbe kabura se comporte comme dans l’expression : bi’sa rajul-an akhûka. Le mot maqtan est à l’accusatif, à titre de spécification ; le sens est : “Leur parole, lorsqu’ils ne réalisent pas ce qu’ils annoncent, suscite un vif dégoût.” »
D’autres ont dit que maqtan est ici une proposition circonstancielle. Les termes al-maqt et al-maqāta sont deux noms d’action. L’on dit d’un homme qu’il est maqît ou mamqût lorsque les gens ne l’aiment pas.
[Surat as-Saff, 61 : 4]
« Certes, Allah aime ceux qui combattent dans Son sentier rangés en files, tels un édifice soigneusement cimenté. » (4)
Ce verset comporte trois questions.
Premièrement – La parole du Très-Haut : « Certes, Allah aime ceux qui combattent dans Son sentier rangés en files ». Autrement dit : ils se disposent en rang ; l’objet est sous-entendu : « ils rangent leurs propres personnes ».
« Tels un édifice soigneusement cimenté ».
Al-Farrâ’ : « Marṣûṣ signifie “consolidé par du plomb”. »
Al-Mubarrad : « C’est tiré du verbe raṣaṣtu al-binâ’, lorsque tu ajustes les pierres et les rapproches jusqu’à ce qu’elles ne fassent plus qu’un seul bloc. »
D’autres ont dit que cela vient de raṣîṣ, qui désigne l’imbrication des dents les unes dans les autres. Le terme tarâṣṣ renvoie au fait d’être serré, d’où l’ordre : « Serrez-vous dans le rang. »
Le sens du verset est qu’Allah aime celui qui demeure ferme dans le jihâd dans Sa voie et ne quitte pas sa place, avec la solidité d’un bâtiment.
Saʿîd ibn Jubayr a dit : « Ceci est un enseignement d’Allah – Exalté soit-Il – aux croyants sur la manière de se comporter lorsqu’ils affrontent leur ennemi. »
Deuxièmement – Certains exégètes ont déduit de cette âyah que le combat du fantassin est préférable à celui du cavalier, car les cavaliers ne peuvent se ranger de cette manière.
Al-Mahdawî rétorque : « Ceci n’est pas correct, compte tenu des textes rapportés sur le mérite du combattant monté quant à la récompense et au butin. Par ailleurs, les cavaliers n’échappent pas au sens de l’âyah, dont l’essentiel est la fermeté. »
Troisièmement – Il n’est pas permis de quitter le rang sauf pour un besoin qui se présenterait à la personne, pour porter un message confié par l’imâm, ou pour un intérêt manifeste sur le moment, telle une occasion à saisir ; il n’existe aucune divergence à ce sujet. Et, en ce qui concerne la sortie du