Je dis :
Mâlik a dit : « Quant à la promesse – par exemple qu’un homme demande à un autre de lui faire don de quelque chose et que celui-ci lui réponde : « Oui », puis décide finalement de ne pas le faire –, je ne considère pas qu’elle lui soit obligatoire. »
Ibn al-Qâsim a dit : « Si quelqu’un fait une promesse à ses créanciers et déclare : « Je vous prends à témoins que je lui ai fait remise (1) jusqu’à ce qu’il vous paie », cette promesse devient contraignante pour lui. Mais s’il se contente de dire : « Oui, je le ferai », puis change d’avis, je ne vois pas que cela l’engage. »
Je dis : c’est-à-dire qu’aucune juridiction ne peut le contraindre à s’exécuter ; mais, au regard des nobles vertus et de l’honneur, assurément, il le doit.
Allah – Exalté soit-Il – a loué ceux qui tiennent parole et s’acquittent de leur vœu. Il dit : « …ceux qui respectent leur pacte lorsqu’ils se sont engagés » (2) [al-Baqarah : 177] ; et : « Évoque dans le Livre Ismâʿîl ; il était certes véridique dans sa promesse » [Maryam : 54]. Son explication a déjà été exposée (3).
Troisièmement – an-Nakhʿî a dit : « Trois versets m’ont empêché de prêcher aux gens : “Commanderez-vous aux gens la piété tout en vous oubliant vous-mêmes ?” (4) [al-Baqarah : 44] ; “Je ne veux pas faire le contraire de ce que je vous interdis” (5) [Hûd : 88] ; et “Ô vous qui croyez ! Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites point ?”. »
Abû Nuʿaym, le ḥâfiẓ, a rapporté, d’après Mâlik ibn Dînâr, via Thumâmah, qu’Anas ibn Mâlik a dit :
Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit : « La nuit où je fus transporté (lors de l’Isrâ’), je passai auprès de gens dont les lèvres étaient découpées avec des ciseaux de feu ; chaque fois qu’elles étaient tranchées, elles se reconstituaient (6). Je dis : “Qui sont ceux-là, ô Gabriel ?” Il répondit : “Ce sont les orateurs de ta communauté : ils disent mais ne font pas, ils récitent le Livre d’Allah mais n’agissent pas selon lui.” »
Il est rapporté d’un des Pieux Prédécesseurs qu’on lui dit : « Exhorte-nous. » Il se tut ; on le lui redemanda ; il répondit : « Pensez-vous que je vais dire ce que je ne fais pas (7) et m’attirer ainsi la colère d’Allah ! »
Quatrièmement – La parole du Très-Haut : « Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas ? » est une interrogation exprimant la réprobation et le blâme de celui qui attribue à lui-même un bien qu’il n’accomplit pas. S’il s’agit d’un fait passé, c’est un mensonge ; s’il concerne l’avenir, c’est une rupture de promesse ; l’un et l’autre sont condamnables.
Sufyân ibn ʿUyaynah a interprété cette parole du Très-Haut ainsi : « Pourquoi affirmez-vous ce qui n’est pas en votre pouvoir ? Vous ne savez pas si vous l’accomplirez ou non. » Dans cette exégèse, la réprobation porte donc sur l’énonciation même.