nous l’aurions mise à exécution ; mais lorsque le jihâd fut prescrit, ils en éprouvèrent de l’aversion.
Al-Kalbî a dit :
Les croyants dirent : « Ô Messager d’Allah, si nous connaissions l’œuvre la plus aimée d’Allah, nous nous empresserions de l’accomplir. » Alors fut révélé :
« Voulez-vous que je vous indique un commerce qui vous sauvera d’un châtiment douloureux ? » (1)
(Sourate As-Ṣaff, v. 10)
Ils demeurèrent quelque temps en répétant : « Si seulement nous savions de quoi il s’agit, nous l’acquerrions, fût-ce au prix de nos biens, de nos vies et de nos proches. » Allah, Très-Haut, les y guida par Sa parole :
« [C’est] que vous croyiez en Allah et en Son Messager et que vous combattiez dans le sentier d’Allah avec vos biens et vos personnes… » (As-Ṣaff, v. 11) – fin du verset.
Ils furent ensuite mis à l’épreuve le jour de Uḥud ; ils prirent la fuite, et le verset descendit pour les blâmer d’avoir manqué à leur engagement.
Muḥammad ibn Kaʿb dit : Lorsque Allah, Très-Haut, informa Son Prophète – qu’Allah le bénisse et le salue – de la récompense des martyrs de Badr, les Compagnons dirent : « Ô Allah, sois Témoin ! Si nous rencontrons le combat, nous y déploierons toute notre énergie. » Or ils s’enfuirent le jour de Uḥud, et Allah les réprouva pour cela.
Qatâdah et ad-Ḍaḥḥâk dirent : Le verset fut révélé au sujet de gens qui disaient : « Nous avons combattu, nous nous sommes épuisés », alors qu’ils ne l’avaient point fait.
Ṣuhayb raconta : « Un homme avait nui aux musulmans le jour de Badr et leur avait causé grand tort ; je le tuai. Un homme vint alors dire : “Ô Prophète d’Allah, c’est moi qui ai tué Untel”, et le Prophète – qu’Allah le bénisse et le salue – s’en réjouit.
ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb et ʿAbd ar-Raḥmân ibn ʿAwf dirent : “Ô Ṣuhayb, pourquoi n’as-tu pas informé le Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et le salue – que c’est toi qui as tué Untel ? Untel s’est attribué ce meurtre.” Je l’en informai, et il dit :
“Est-ce bien ainsi, ô Abû Yaḥyâ ?” – “Oui, par Allah, ô Messager d’Allah”, répondis-je. Le verset fut alors révélé à propos de celui qui s’était indûment attribué cet acte. »
Ibn Zayd dit : Le verset fut révélé au sujet des hypocrites : ils disaient au Prophète – qu’Allah le bénisse et le salue – et à ses Compagnons : « Si vous sortez combattre, nous sortirons et combattrons avec vous. » Mais lorsqu’ils sortirent, ils se dérobèrent et restèrent en arrière.
Deuxième point – Ce verset rend obligatoire pour quiconque s’est imposé un acte d’obéissance de s’en acquitter.
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, il est rapporté d’après Abû Mûsâ (2) qu’il convoqua les lecteurs du Coran parmi les gens de Baṣrah : trois cents hommes, qui avaient mémorisé le Coran, entrèrent auprès de lui.
Il leur dit : « Vous êtes l’élite des habitants de Baṣrah et leurs lecteurs. Récitez donc [le Coran], et que le temps ne devienne pas trop long pour vous au point que vos cœurs s’endurcissent, comme se sont endurcis les cœurs de ceux qui vous ont précédés. Nous lisions jadis une sourate que nous comparions, par sa longueur et sa sévérité, à “Barâ’ah” ; on me l’a fait oublier, sauf ce passage :
“Si le fils d’Adam possédait deux vallées de richesse, il en convoiterait une troisième, et rien ne remplit le ventre du fils d’Adam sinon la terre.”
Nous lisions aussi une sourate que nous assimilions à l’une des Musabbiḥât, mais on me l’a fait oublier, sauf que je…»