Ce jour-là, il ne leur fut demandé que l’adhésion à l’Islam et au jihâd – rien d’autre.
Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – déclara alors :
« … et qu’elles ne dépensent pas avec excès. »
Hind répondit : « Abû Sufyân est un homme avare ; je prélève donc de son bien de quoi assurer notre subsistance. »
Abû Sufyân dit : « Cela t’est permis. »
Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – sourit, la reconnut et dit :
« Es-tu Hind ? »
Elle répondit : « Qu’Allah efface ce qui est passé. »
Il poursuivit :
« … et qu’elles ne forniquent pas. »
Hind s’exclama : « Une femme libre forniquerait-elle ! »
Il continua :
« … et qu’elles ne tuent pas leurs enfants »,
c’est-à-dire qu’elles n’enterrent pas vivantes les nouveau-nés ni ne provoquent l’avortement des fœtus.
Hind rétorqua : « Nous les avons élevés petits, et vous les avez tués grands, le jour de Badr ; vous et eux savez mieux. »
Maqâṭil rapporte qu’elle dit : « Nous les avons choyés enfants et vous les avez tués adultes ; vous et eux êtes plus savants. » ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb en rit au point de s’allonger, et Ḥanzala ibn Abî Sufyân, son fils aîné, avait été tué à Badr.
Il reprit ensuite :
« … qu’elles n’apportent aucune calomnie qu’elles auraient forgée entre leurs mains et leurs jambes, et qu’elles ne te désobéissent pas dans ce qui est convenable. »
On a dit : « Entre leurs mains » renvoie à leurs langues, lorsqu’elles colportent des propos malveillants, et « entre leurs jambes » à leurs parties intimes.
D’autres ont expliqué : « Ce qu’il y a entre leurs mains » désigne un baiser ou un attouchement, et « entre leurs jambes » le rapport sexuel.
Il a également été avancé qu’il s’agit de ne pas attribuer à leurs maris un enfant qui ne serait pas d’eux ; tel est l’avis majoritaire.
En effet, il arrivait qu’une femme recueille un enfant, l’attribue à son époux et affirme : « Cet enfant est de toi. » – ce qui constitue calomnie et mensonge.
On a encore dit : l’expression « entre ses mains et ses jambes » est une métaphore désignant l’enfant, car son ventre, qui le porte, est entre ses mains, et son sexe, d’où elle accouche, est entre ses jambes. L’interdiction vise donc, de manière générale, le fait d’introduire un enfant dans la filiation du mari, même si la prohibition de la fornication a déjà été énoncée.
Il est rapporté que, lorsqu’Hind entendit cela, elle s’exclama : « Par Allah, la calomnie est certes une chose abjecte ; tu n’ordonnes que le meilleur et les nobles caractères ! »
Il ajouta ensuite :
« … et qu’elles ne te désobéissent pas dans ce qui est convenable. »
Qatâda dit : « C’est qu’elles ne se livrent pas aux lamentations funèbres, et qu’aucune d’entre elles ne se retrouve seule sans un maḥram. »
Saʿîd ibn al-Musayyab, Muḥammad ibn as-Sâʾib et Zayd ibn Aslam dirent : « Qu’elles ne se griffent pas le visage, ne déchirent pas un col, ne lancent pas de lamentations, ne détachent pas leurs cheveux et ne discutent pas avec des hommes, si ce n’est en présence d’un maḥram. »
Umm ʿAṭiyya rapporta du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – que cela concerne les lamentations funèbres ; c’est également l’avis d’Ibn ʿAbbâs.
Shahr ibn Ḥawshab transmit, d’après Umm Salama, que le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – au sujet de « … et qu’elles ne te désobéissent pas dans ce qui est convenable » déclara :
« Il s’agit des lamentations funèbres. »
Muṣʿab ibn Nûḥ dit : « J’ai rencontré une vieille femme parmi celles qui avaient prêté serment d’allégeance au Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue ; elle me rapporta, à propos de la parole : “ … et qu’elles ne te désobéissent pas dans ce qui est convenable ”, qu’il dit… »