Premièrement – Parole du Très-Haut :
« Ô Prophète ! Lorsque les croyantes viennent à toi pour te prêter serment d’allégeance… »(1)
Lorsque le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – conquit La Mecque, les femmes de la ville vinrent lui prêter allégeance ; il reçut alors l’ordre de leur faire promettre de n’associer à Allah aucune chose.
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, on rapporte d’après ʿÂʾisha, l’épouse du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – qu’elle dit :
« Quand les croyantes émigraient vers le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, on les soumettait à l’épreuve prescrite par la Parole d’Allah : “Ô Prophète ! Lorsque les croyantes viennent à toi pour te prêter serment d’allégeance en s’engageant à ne rien associer à Allah, à ne pas voler, à ne pas forniquer…” jusqu’à la fin du verset. »
ʿÂʾisha ajouta : « Celle des croyantes qui acceptait cela reconnaissait l’épreuve. Lorsque, de leur propre bouche, elles confirmaient cet engagement, le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – leur disait :
« Allez-y, je vous ai accordé mon allégeance. »
Par Allah, jamais la main du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – ne toucha la main d’une femme ; il leur donnait l’allégeance uniquement par la parole.
Elle dit encore : « Par Allah, le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – n’imposa jamais aux femmes autre chose que ce qu’Allah, le Puissant, le Majestueux, lui avait ordonné, et jamais la paume du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – ne toucha celle d’une femme. Lorsqu’il les engageait, il leur disait : “Je vous ai accordé mon allégeance verbalement.” »
On rapporte également qu’il – paix et bénédiction sur lui – fit prêter serment aux femmes alors qu’un tissu le séparait d’elles ; il posait alors ses conditions.
On a dit aussi : lorsqu’il eut achevé l’allégeance des hommes, il s’assit sur (la colline de) Ṣafâ, ʿUmar se tenant plus bas que lui. Il posa les conditions d’allégeance aux femmes, et ʿUmar leur serrait la main. Il est également rapporté qu’il chargea une femme postée sur Ṣafâ de recevoir d’elles l’allégeance.
Ibn al-ʿArabî dit : « Tout cela est faible ; il convient de s’en tenir à ce qui est authentique. »
Umm ʿAṭiyya raconta : « Lorsque le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – arriva à Médine, il réunit les femmes des Anṣâr dans une maison, puis envoya vers nous ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb. Il se tint à la porte, nous salua et nous lui rendîmes le salut.
Il dit : “Je suis l’envoyé du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – auprès de vous afin que vous n’associiez rien à Allah.” Nous répondîmes : “Oui.” Il tendit alors sa main hors de la maison et nous tendîmes les nôtres depuis l’intérieur.
Puis il dit : “Ô Allah, sois Témoin !” »
ʿAmr ibn Shuʿayb rapporte, d’après son père puis son grand-père, que le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – lorsque qu’il faisait prêter allégeance aux femmes, faisait apporter un récipient d’eau ; il y plongeait sa main, puis ordonnait aux femmes d’y plonger les leurs.
Deuxièmement –
On rapporte que lorsque le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – dit :
« … à condition qu’elles n’associent rien à Allah »,
Hind bint ʿUtba – voilée par crainte que le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – ne la reconnût, en raison de ce qu’elle avait fait à Ḥamza le jour de Uḥud – s’exclama : « Par Allah, tu exiges de nous quelque chose que je ne t’ai pas vu exiger des hommes ! » Alors qu’il avait déjà reçu l’allégeance des hommes