Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ils furent donc prioritaires pour reprendre leurs épouses, puisqu’ils s’étaient convertis à l’Islam durant la période de viduité de celles-ci, conformément au ḥadith d’Ibn Shihâb que Mâlik rapporte dans le Muwaṭṭaʾ.

Ibn Shihâb a dit : « Il s’est écoulé environ un mois entre la conversion de Ṣafwân et celle de son épouse. »

Il a également dit : « Nous n’avons connaissance d’aucune femme ayant émigré auprès du Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — tandis que son mari, demeuré mécréant, résidait en Dâr al-Ḥarb, sans que son émigration n’ait provoqué la séparation entre eux, à moins que le mari ne parvienne à émigrer avant l’expiration de sa ʿidda. »

Parmi les savants, certains ont déclaré que le contrat de mariage est alors rompu.

Yazîd ibn ʿAlqamah a dit : « Mon grand-père embrassa l’Islam, tandis que ma grand-mère ne le fit pas ; ʿUmar — qu’Allah l’agrée — les sépara. » Tel est aussi l’avis de Ṭâwûs.

Un autre groupe, parmi lesquels ʿAṭâʾ, al-Ḥasan et ʿIkrimah, ont soutenu : « Il n’existe plus de droit sur elle si ce n’est par une nouvelle demande en mariage. »

Quinzième point

Parole du Très-Haut :
« Et réclamez ce que vous avez dépensé, et qu’ils réclament ce qu’ils ont dépensé. »

Les exégètes ont dit : lorsque des femmes musulmanes apostasiaient et rejoignaient les mécréants liés par un pacte, on disait à ces derniers : « Apportez la dot qu’ils avaient versée. »

Et l’on disait aux musulmans, lorsqu’une mécréante arrivait en musulmane émigrante : « Rendez aux mécréants sa dot. » Cela constituait un juste milieu et un équilibre entre les deux situations.

Ibn al-ʿArabî a précisé que ce jugement d’Allah était réservé à cette époque-là et à cet événement précis, de l’avis unanime de la communauté.

Seizième point

Parole du Très-Haut :
« Tel est le jugement d’Allah »,
c’est-à-dire ce que renferme ce verset ;
« Il juge entre vous, et Allah est Omniscient, Sage », comme cela a été exposé ailleurs (1).

[Coran, sourate al-Mumtaḥana (60), verset 11]

« Et si quelque-une de vos épouses vous échappe vers les mécréants, puis que vous remportiez un butin, versez à ceux dont les épouses se sont ainsi enfuies l’équivalent de ce qu’ils avaient dépensé. Craignez Allah en qui vous croyez. » (11)

Ce verset comporte trois questions.

Premièrement

Parole du Très-Haut :
« Et si quelque chose d’entre vos épouses vous échappe… »

Selon le récit, les musulmans dirent : « Nous agréons le jugement d’Allah », puis ils écrivirent aux polythéistes ; ceux-ci refusèrent, et fut alors révélé : « Et si quelque chose d’entre vos épouses vous échappe… »

أَحَقُّ بِزَوْجَتَيْهِمَا لَمَّا أَسْلَمَا فِي عِدَّتَيْهِمَا، عَلَى حَدِيثِ ابْنِ شِهَابٍ. ذَكَرَهُ مَالِكٌ فِي الْمُوَطَّأِ. قَالَ ابْنُ شِهَابٍ: كَانَ بَيْنَ إِسْلَامِ صَفْوَانَ وَبَيْنَ إِسْلَامِ زَوْجَتِهِ نَحْوٌ مِنْ شَهْرٍ. قَالَ ابْنُ شِهَابٍ: وَلَمْ يَبْلُغْنَا أَنَّ امْرَأَةً هَاجَرَتْ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَزَوْجُهَا كَافِرٌ مُقِيمٌ بِدَارِ الْحَرْبِ إِلَّا فَرَّقَتْ هِجْرَتُهَا بَيْنَهُ وَبَيْنَهَا، إِلَّا أَنْ يَقْدَمَ زَوْجُهَا مُهَاجِرًا قَبْلَ أَنْ تَنْقَضِيَ عِدَّتُهَا. وَمِنَ الْعُلَمَاءِ مَنْ قَالَ: يَنْفَسِخُ النِّكَاحُ بَيْنَهُمَا. قَالَ يَزِيدُ بْنُ عَلْقَمَةَ: أَسْلَمَ جَدِّي وَلَمْ تُسْلِمْ جَدَّتِي فَفَرَّقَ عُمَرُ بَيْنَهُمَا رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ، وَهُوَ قَوْلُ طَاوُسٍ. وَجَمَاعَةٌ غَيْرُهُ مِنْهُمْ عَطَاءٌ وَالْحَسَنُ وَعِكْرِمَةُ قَالُوا: لَا سَبِيلَ عَلَيْهَا إِلَّا بِخُطْبَةٍ. الخامسة عشرة- قوله تعالى: (وَسْئَلُوا ما أَنْفَقْتُمْ وَلْيَسْئَلُوا مَا أَنْفَقُوا) قَالَ الْمُفَسِّرُونَ: كَانَ مَنْ ذَهَبَ مِنَ الْمُسْلِمَاتِ مُرْتَدَّاتٍ إِلَى الْكُفَّارِ مِنْ أَهْلِ الْعَهْدِ يُقَالُ لِلْكُفَّارِ: هَاتُوا مَهْرَهَا. وَيُقَالُ لِلْمُسْلِمِينَ إِذَا جَاءَ أَحَدٌ مِنَ الْكَافِرَاتِ مُسْلِمَةً مُهَاجِرَةً: رَدُّوا إِلَى الْكُفَّارِ مَهْرَهَا. وَكَانَ ذَلِكَ نِصْفًا وَعَدْلًا بَيْنَ الْحَالَتَيْنِ. وَكَانَ هَذَا حُكْمُ اللَّهِ مَخْصُوصًا بِذَلِكَ الزَّمَانِ فِي تِلْكَ النَّازِلَةِ خَاصَّةً بإجماع الامة، قال ابْنُ الْعَرَبِيِّ. السَّادِسَةَ عَشْرَةَ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (ذلِكُمْ حُكْمُ اللَّهِ) أَيْ مَا ذُكِرَ فِي هَذِهِ الْآيَةِ، (يَحْكُمُ بَيْنَكُمْ وَاللَّهُ عَلِيمٌ حَكِيمٌ) تَقَدَّمَ في غير موضع «١» . [[سورة الممتحنة (٦٠) : آية ١١]] وَإِنْ فاتَكُمْ شَيْءٌ مِنْ أَزْواجِكُمْ إِلَى الْكُفَّارِ فَعاقَبْتُمْ فَآتُوا الَّذِينَ ذَهَبَتْ أَزْواجُهُمْ مِثْلَ مَا أَنْفَقُوا وَاتَّقُوا اللَّهَ الَّذِي أَنْتُمْ بِهِ مُؤْمِنُونَ (١١) فِيهِ ثَلَاثُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَإِنْ فاتَكُمْ شَيْءٌ مِنْ أَزْواجِكُمْ) فِي الْخَبَرِ: أَنَّ الْمُسْلِمِينَ قَالُوا: رَضِينَا بِمَا حَكَمَ اللَّهُ، وَكَتَبُوا إِلَى الْمُشْرِكِينَ فَامْتَنَعُوا فَنَزَلَتْ: وَإِنْ فاتَكُمْ شَيْءٌ مِنْ
(١). راج ج ١ ص ٢٨٧

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