Huitième point – Allah, Très-Haut, a ordonné de restituer aux époux l’équivalent de ce qu’ils avaient dépensé, et l’interpellé par cet ordre est l’imâm, lequel effectue le versement sur ce qu’il détient du Bayt al-Mâl, fonds dont l’affectation n’est pas encore déterminée.
Muqâtil a dit : la dot est restituée par celui d’entre les musulmans qui l’épouse ; si aucun musulman ne l’épouse, son mari mécréant ne reçoit rien.
Qatâdah a dit : la règle concernant la restitution de la dot ne concerne que les femmes des gens liés par traité ; quant à ceux entre lesquels et les musulmans il n’existe aucun pacte, la dot ne leur est pas rendue. Et il en est effectivement ainsi(1).
Neuvième point – Parole du Très-Haut : « Il n’y a aucun péché pour vous à les épouser. » Autrement dit, lorsque ces femmes embrassent l’Islam et que leur ‘idda est achevée, puisqu’il est établi qu’il est interdit d’épouser la polythéiste ou la femme encore en ‘idda. Si elle se convertit avant la consommation du mariage(2), le contrat est alors immédiatement confirmé et il lui est permis de se marier.
Dixième point – Parole du Très-Haut : « lorsque vous leur aurez versé leurs dots. » Il a autorisé son mariage à condition que la dot soit versée(3), car l’Islam l’a séparée de son mari mécréant.
Onzième point – Parole du Très-Haut : « Et ne retenez pas les liens des mécréantes. » La lecture de la majorité est à la forme allégée, dérivée du verbe imsâk (« retenir ») ; c’est également le choix d’Abû ʿUbayd, conformément à la parole divine : « Retenez-les convenablement » (al-Baqarah, 2 : 231). Al-Hasan, Abû l-ʿÂliyah et Abû ʿAmr la récitent avec shadda : « wa lâ tumassikû », forme intensive de t-tamassuk.
On dit : massaka – yumassiku – tamassukan, au sens de amsaka – yumsiku. On lit aussi « wa lâ tamsikû » avec le ta voyellé fatha, c’est-à-dire : « ne vous cramponnez pas ». Al-ʿiṣam est le pluriel de ʿiṣmah, ce par quoi l’on se protège ; ici, le terme désigne le mariage.
Il veut dire : quiconque a, à La Mecque, une épouse mécréante ne doit plus la compter comme épouse : elle n’est plus sienne, car son lien matrimonial est rompu du fait de la divergence des deux territoires.
Selon al-Nakhâʿî, il s’agit de la musulmane qui rejoint la dâr al-ḥarb et y renie sa foi. À cette époque, les mécréants épousaient des musulmanes et les musulmans épousaient des polythéistes ; cela fut ensuite abrogé(4) par ce verset.
Ainsi, ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb répudia alors deux de ses épouses restées polythéistes à La Mecque : Quraibah bint Abî Umayyah, qu’épousa Muʿâwiyah ibn Abî Sufyân – tous deux encore polythéistes à La Mecque – ; et Umm Kulthûm bint ʿAmr al-Khuzaʿiyyah, mère de ʿAbd Allâh ibn al-Mughîrah, qu’épousa Abû Jahm ibn Ḥudhâfah, et ils demeurèrent tous deux sur leur polythéisme.
Lorsque ʿUmar accéda au califat, Abû Sufyân dit à Muʿâwiyah : « Répudie Quraibah, afin qu’ʿUmar ne voie pas son butin chez toi. » Mais Muʿâwiyah refusa de le faire. Arwâ, quant à elle, se trouvait alors chez Ṭalḥah ibn ʿUbayd Allâh.