Deuxième question – Les gens de science ont divergé pour savoir si les femmes étaient incluses, de manière explicite ou par généralité, dans la clause de trêve.
Un groupe d’entre eux a soutenu que la condition de les renvoyer figurait dans l’acte de trêve par une formulation explicite ; Allah a ensuite abrogé cette obligation et l’a interdite pour les femmes, tout en la maintenant pour les hommes. Cela démontre que le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — pouvait exercer son ijtihâd [1] en matière de jugements, mais qu’Allah ne l’entérinait pas lorsqu’il commettait une erreur.
Un autre groupe de savants a affirmé que le renvoi des femmes n’avait pas été stipulé dans l’accord de façon explicite ; le texte se contentait d’ordonner le renvoi de quiconque embrasserait l’Islam, sa portée apparente englobant hommes et femmes. Allah, Exalté soit-Il, a alors expliqué que les femmes étaient exclues de cette généralité.
Il a distingué leur cas de celui des hommes pour deux raisons :
- Elles possèdent des parties intimes qui deviennent illicites pour eux ;
- Elles sont plus sensibles de cœur et plus promptes au changement que les hommes.
Quant à celle d’entre elles qui demeurait dans son polythéisme, elle devait être rendue à ses gens.
Troisième question – Parole du Très-Haut : « Éprouvez-les donc ! »
On a dit que l’une d’elles, lorsqu’elle désirait nuire à son mari, déclarait : « J’émigrerai vers Muḥammad — qu’Allah prie sur lui et le salue », raison pour laquelle le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — ordonna de les mettre à l’épreuve.
Les savants ont divergé au sujet de la nature de cette épreuve et ont rapporté trois avis :
- Ibn ʿAbbâs a dit : on lui faisait jurer par Allah qu’elle n’avait pas quitté son mari par aversion, ni par désir de passer d’une terre à une autre, ni pour rechercher un bien matériel, ni par passion pour un homme parmi nous, mais uniquement par amour pour Allah et Son Messager. Dès qu’elle prêtait serment par Allah, en dehors de Qui il n’est point de divinité, le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — restituait à son mari la dot et tout ce qu’il avait dépensé pour elle sans la renvoyer. C’est le sens de la parole du Très-Haut : « Si vous les reconnaissez croyantes, ne les renvoyez pas vers les mécréants ; elles ne leur sont plus licites, ni eux licites pour elles. »
- L’épreuve consistait simplement à la faire attester qu’il n’est de divinité qu’Allah et que Muḥammad est le Messager d’Allah ; avis également rapporté d’Ibn ʿAbbâs.
- L’épreuve s’effectuait conformément à ce qu’Allah a expliqué plus loin dans la sourate, lorsqu’Il dit : « Ô Prophète ! Lorsque viennent à toi les croyantes… » (Al-Mumtaḥana, v. 12).
ʿÂʾisha — qu’Allah l’agrée — a dit : « Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — ne mettait les femmes à l’épreuve que par le verset où Allah dit : “Lorsque viennent à toi les croyantes pour te prêter allégeance…” » (Al-Mumtaḥana, v. 12).
Ce hadith est rapporté par Maʿmar, d’après Az-Zuhri, d’après ʿÂʾisha, et At-Tirmidhî l’a recensé en disant : « Hadith bon et authentique. »
[1] Ijtihâd : effort personnel d’interprétation juridique consenti par le savant lorsqu’aucun texte explicite ne tranche la question.