Parole du Très-Haut :
« Ô vous qui croyez ! Lorsque des femmes croyantes viennent à vous en émigration, examinez-les. »
Ce passage comporte seize questions juridiques. – Première question –
Parole du Très-Haut :
« Ô vous qui croyez ! Lorsque des femmes croyantes viennent à vous… »
Lorsque le Très-Haut ordonna aux musulmans de rompre toute alliance avec les polythéistes, cela impliqua que les musulmans quittent les terres de l’associationnisme pour la terre de l’Islam. Or, le mariage constitue l’un des liens d’alliance les plus forts ; il convenait donc d’exposer les règles relatives à l’émigration des femmes.
Ibn ʿAbbâs a dit :
L’accord conclu avec les polythéistes de Quraych l’année de Al-Hudaybiyah stipulait que quiconque se rendrait au Prophète, venant de La Mecque, serait renvoyé. Après la rédaction de la convention, Saʿîdah bint al-Hârith al-Aslamiyyah[1] se présenta tandis que le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — se trouvait encore à Al-Hudaybiyah. Son mari, mécréant, Ṣayfiyy ibn ar-Râhib — selon une autre version : Musâfir al-Makhzûmî — arriva et dit : « Ô Muḥammad, renvoie-moi mon épouse, tu l’as stipulé, et l’encre de l’acte n’est même pas encore sèche ! » Alors Allah — Très-Haut — fit descendre ce verset.
On rapporta aussi qu’Oumm Kulthûm bint ʿUqbah ibn Abî Muʿayṭ vint, et que sa famille demanda au Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — qu’il la leur restitue.
D’autres dirent : Elle s’était enfuie de son mari ʿAmr ibn al-ʿÂṣ, accompagnée de ses deux frères ʿUmârah et Al-Walîd. Le Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — rendit ses deux frères mais la retint. Ils dirent alors : « Rends-la-nous conformément à la clause. » Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — répondit :
« La clause concernait les hommes, non les femmes. »
Puis Allah — Très-Haut — fit descendre ce verset.
D’après ʿUrwah : Parmi les conditions que Suhayl ibn ʿAmr imposa au Prophète — paix et bénédictions sur lui — le jour de Al-Hudaybiyah figurait celle-ci : « Aucun de nous ne se rendra auprès de toi, quand bien même il suivrait ta religion, sans que tu ne nous le renvoies. » Ensuite, Allah — Très-Haut — révéla au sujet des croyantes ce qu’Il révéla, indiquant que la clause relative au renvoi des femmes était ainsi abrogée.
On a encore dit que celle qui se présenta fut Ummaymah bint Bishr ; elle était l’épouse de Thâbit ibn ash-Shimrâkh, dont elle s’enfuit alors qu’il était ce jour-là mécréant. Plus tard, Sahl ibn Ḥunayf l’épousa et elle lui donna ʿAbd-Allah, ainsi que l’a rapporté Zayd ibn Ḥabîb.
Al-Mâwardî déclara également : Ummaymah bint Bishr était l’épouse de Thâbit ibn ash-Shimrâkh.
Al-Mahdawî dit : Ibn Wahb rapporte, d’après Khâlid, que ce verset fut révélé au sujet d’Ummaymah bint Bishr, des Banû ʿAmr ibn ʿAwf ; elle était alors l’épouse de Ḥassân ibn ad-Dahdâḥ, puis, après son émigration, Sahl ibn Ḥunayf l’épousa.
Muqâtil affirme : Il s’agit de Saʿîdah[2], épouse de Ṣayfiyy ibn ar-Râhib, polythéiste mécquois.
La plupart des savants, cependant, soutiennent qu’il s’agit d’Oumm Kulthûm bint ʿUqbah.
[1] Dans certaines sources : « Saʿdiyyah ».
[2] Cité plus haut : Saʿîdah bint al-Hârith al-Aslamiyyah.