Il a également été dit que le second verset fut révélé quelque temps après le premier ; or, que de répétitions ne rencontre-t-on pas dans le Coran selon ce procédé !
« Et quiconque se détourne » — c’est-à-dire, se détourne de l’islam et du fait d’accueillir ces exhortations — « Allah, certes, est le Riche », c’est-à-dire qu’Il ne les a pas assujettis à L’adorer par besoin qu’Il aurait d’eux ; « le Digne de louange », en Son essence et dans Ses attributs.
Lorsque ce verset fut révélé, les musulmans prirent en inimitié leurs proches parmi les polythéistes. Allah connut alors la profonde affliction des croyants à ce sujet et Il fit descendre :
« Il se peut qu’Allah instaure entre vous et ceux d’entre eux que vous avez traités en ennemis une affection. »
Celle-ci se réalise par la conversion du mécréant. De fait, certains d’entre eux embrassèrent l’islam après la conquête de La Mecque et les musulmans frayèrent avec eux, tels Abû Sufyân ibn Ḥarb, al-Ḥârith ibn Hishâm, Suhayl ibn ʿAmr et Ḥakîm ibn Ḥizâm.
On a dit aussi que l’affection visée est le mariage du Prophète — paix et bénédiction d’Allah sur lui — avec Umm Ḥabîbah, fille d’Abû Sufyân ; à cette occasion, la nature d’Abû Sufyân (1) s’adoucit et sa détermination dans l’hostilité se relâcha.
Ibn ʿAbbâs rapporta : l’affection, après la Conquête, fut le mariage du Prophète — paix et bénédiction d’Allah sur lui — avec Umm Ḥabîbah bint Abî Sufyân. Elle était l’épouse de ʿAbdullâh ibn Jaḥsh ; tous deux avaient fait partie des émigrés en Abyssinie. Or, son mari se convertit au christianisme et lui demanda de l’y suivre ; elle refusa et demeura ferme dans sa religion, et son mari mourut chrétien. Le Prophète — paix et bénédiction d’Allah sur lui — envoya alors au Négus pour solliciter sa main.
Le Négus dit à ses compagnons : « Qui d’entre vous est le plus à même de se charger d’elle ? » Ils répondirent : « Khâlid ibn Saʿîd ibn al-ʿĀṣ. » Il dit : « Alors, mariez-la à votre Prophète. » Il s’exécuta, et le Négus lui fixa lui-même une dot de quatre cents dinars.
D’autres ont rapporté que le Prophète — paix et bénédiction d’Allah sur lui — demanda sa main par l’entremise de ʿUthmân ibn ʿAffân ; lorsque ce dernier la lui maria, il écrivit au Négus à son sujet ; celui-ci versa la dot pour le compte du Prophète et la lui envoya.
Lorsque Abû Sufyân, alors qu’il était encore polythéiste, apprit le mariage du Prophète — paix et bénédiction d’Allah sur lui — avec sa fille, il déclara : « Voilà un étalon dont on ne saurait frapper le museau ! »
Le verbe « yuqdaʿ » — avec un dâl non pointé — appartient à l’expression : « C’est un étalon dont le nez n’est pas frappé », c’est-à-dire qu’on ne le tape pas au museau lorsqu’il est noble.
[Surate Al-Mumtaḥanah (60), verset 8]
« Allah ne vous interdit pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas expulsés de vos demeures ; Allah aime, certes, les équitables. » (8)