Cinquièmement – Si l’on affirme que, pour cet acte, l’intéressé ne devient pas mécréant, demeure-t-il passible pour autant de la peine capitale infligée au titre d’un ḥadd, ou non ? Les savants ont divergé sur la question. Mâlik, Ibn al-Qâsim et Ashhab soutiennent que l’Imâm exerce son iǧtihâd à ce sujet. ‘Abd al-Malik dit : s’il en a pris l’habitude, on le met à mort, car il s’agit d’un espion, et Mâlik a bien émis la fatwâ de tuer l’espion – opinion fondée, vu le tort qu’il cause aux musulmans et les efforts qu’il déploie pour répandre la corruption sur terre. Il se peut qu’Ibn al-Mâǧishûn ait insisté sur la répétition de ce point parce que Ḥâṭib fut appréhendé dès la première occurrence de son acte. Allah est le plus Savant.
Sixièmement – Si l’espion est mécréant, al-Awzâ‘î dit : cela entraîne la rupture de son pacte. Aṣbaġ dit : l’espion ennemi (ḥarbî) est mis à mort, tandis que l’espion musulman ou dhimmî est châtié, à moins qu’ils ne s’unissent contre l’Islam ; dans ce cas, ils sont tous deux exécutés. Il est rapporté d’Ali ibn Abî Ṭâlib – qu’Allah l’agrée – que le Prophète ﷺ reçut un éclaireur des polythéistes nommé Furât ibn Ḥayyân et ordonna qu’on le tue. L’homme s’écria : « Ô gens des Anṣâr, vais-je être tué alors que j’atteste qu’il n’est de divinité qu’Allah et que Muḥammad est le Messager d’Allah ? » Le Prophète ﷺ ordonna alors qu’on le relâche, puis déclara :
« Parmi vous se trouvent des hommes que je laisse à la disposition de leur foi ; Furât ibn Ḥayyân en fait partie. »
Quant à Sa parole : « alors qu’ils ont bel et bien mécru », il s’agit d’une proposition circonstancielle rattachée soit à « ne les prenez pas », soit à « vous leur faites parvenir », c’est-à-dire : ne les prenez pas pour alliés ni ne leur témoignez d’affection, alors que telle est, en réalité, leur condition. Al-Jahdarî a récité : « à cause de ce qui vous est parvenu », c’est-à-dire : ils ont mécru en raison de la Vérité qui vous a été révélée.
Septièmement – Sa parole – exalté soit-Il : « Ils expulsent le Messager… » constitue une reprise indépendante explicitant leur mécréance et leur arrogance, ou une proposition circonstancielle se rapportant à « ils ont mécru ». L’expression : « …et qu’ils vous font sortir de La Mecque tout simplement parce que vous croyez en Allah, votre Seigneur » explique la cause de cette expulsion. Ibn ‘Abbâs a dit : « Ḥâṭib faisait partie de ceux qui furent expulsés avec le Prophète ﷺ. »
D’autres ont estimé qu’il y a dans la phrase une antéposition et une postposition, le sens étant : « Ne prenez pas Mon ennemi et le vôtre pour alliés si vous êtes sortis combattre dans Mon sentier. » D’autres encore parlent d’omission ; le sens est alors : « Si vous êtes sortis pour mener le jihâd dans Mon sentier et rechercher Mon agrément, ne leur témoignez aucune affection. » Selon une troisième interprétation, la locution conditionnelle « si vous êtes sortis pour mener le jihâd dans Mon sentier et rechercher Mon agrément » précède sa réponse ; le sens est : « Si vous êtes sortis pour combattre dans Mon sentier, ne prenez donc pas Mon ennemi et le vôtre pour alliés. » Les mots « jihâdan » et « ibtigâ’a » se trouvent à l’accusatif car ils expriment le but.
Sa parole : « vous leur confiez secrètement, par affection… » est une apposition (badal) de