Al-Qushayrî et al-Thaʿlabî rapportent que Ḥâṭib ibn Abî Baltaʿa était un homme originaire du Yémen et qu’il bénéficiait à La Mecque d’un pacte d’alliance auprès des Banû Asad ibn ʿAbd al-ʿUzzâ, le clan d’al-Zubayr ibn al-ʿAwwâm.
D’autres disent qu’il était l’allié personnel d’al-Zubayr ibn al-ʿAwwâm. Or Sâra, l’affranchie d’Abû ʿAmr ibn Ṣayfî ibn Hishâm ibn ʿAbd Manâf, vint de La Mecque à Médine alors que le Messager d’Allah ﷺ se préparait à la Conquête de La Mecque.
Selon un autre avis, l’évènement se produisit à l’époque de l’Hudaybiyyah.
Le Messager d’Allah ﷺ lui dit :
« Es-tu venue en tant qu’Émigrée, ô Sâra ? » – Elle répondit : « Non. »
Il dit :
« Es-tu venue en musulmane ? » – Elle répondit : « Non. »
Il dit :
« Qu’est-ce donc qui t’a amenée ? » – Elle répondit : « Vous étiez ma famille, mes protecteurs, mon origine et ma parenté ; or les mawâlî, c’est-à-dire ceux qui furent tués le jour de Badr, ont disparu, et me voici plongée dans un besoin pressant ; je suis venue afin que vous me donniez et que vous me vêtiez. »
Le Prophète ﷺ lui dit alors :
« Et que fais-tu des jeunes gens de La Mecque ? »
Elle était chanteuse et répondit : « Plus personne ne m’a rien demandé depuis la bataille de Badr. »
Le Messager d’Allah ﷺ encouragea alors Banû ʿAbd al-Muṭṭalib et Banû al-Muṭṭalib à lui faire don ; ils la vêtirent, lui offrirent des présents, la firent monter et elle repartit pour La Mecque.
Ḥâṭib vint à elle et dit : « Je te donne dix dînars et des vêtements si tu remets cette lettre aux gens de La Mecque. »
Il écrivit dans la lettre : « Le Messager d’Allah ﷺ se dirige vers vous ; prenez vos précautions. »
Sâra se mit en route. Gabriel descendit et informa le Prophète ﷺ de l’affaire. Celui-ci envoya alors ʿAlî, al-Zubayr et Abû Marthad al-Ghanawî.
Dans une autre version : ʿAlî, al-Zubayr et al-Miqdâd.
Dans une autre : ʿAlî et ʿAmmâr ibn Yâsir.
Dans une autre encore : ʿAlî, ʿAmmâr – ou ʿUmar –, al-Zubayr, Ṭalḥa, al-Miqdâd et Abû Marthad ; tous étaient cavaliers.
Il leur dit :
« Partez jusqu’à Rawḍat Khâkh : vous y trouverez une femme porteuse d’une lettre de Ḥâṭib destinée aux polythéistes ; prenez-la-lui puis laissez-la partir. Si elle refuse de vous la remettre, frappez-lui le cou. »
Ils la rejoignirent à l’endroit indiqué.
Ils lui dirent : « Où est la lettre ? » Elle jura n’avoir aucune lettre sur elle. Ils fouillèrent ses bagages sans rien trouver.
Ils étaient sur le point de retourner quand ʿAlî déclara : « Par Allah, le Prophète ne nous a pas trompés et nous ne l’avons pas démenti ! » Il dégaina son sabre et dit : « Sors la lettre, sinon, par Allah, je te mettrai à nu et je t’abattrai. » Lorsqu’elle vit qu’il parlait sérieusement, elle la sortit de ses nattes – selon une autre version, de sa ceinture [1]. Ils la laissèrent partir et revinrent avec la lettre auprès du Messager d’Allah ﷺ.
Celui-ci fit alors appeler Ḥâṭib et dit :