Parole du Très-Haut :
« Ô vous qui avez cru, ne prenez pas pour alliés Mon ennemi et le vôtre… »
Le verbe « ittakhadha » est ici transitif à deux compléments d’objet, à savoir « Mon/votre ennemi » et « alliés ». Le mot « al-ʿaduww » appartient au schème « faʿūl », dérivé du verbe ʿadā – comme « ʿafūw » l’est de ʿafā – et, parce qu’il se présente sous la forme d’un nom verbal, il s’emploie pour le pluriel comme pour le singulier.
Ce verset comporte sept questions exégétiques.
Première question
Parole du Très-Haut : « Ô vous qui avez cru, ne prenez pas pour alliés Mon ennemi et le vôtre… »
Les grands Imâms ont rapporté – la formulation étant celle de Muslim – d’après ʿAlî (qu’Allah l’agrée) qui a dit :
« Le Messager d’Allah ﷺ nous envoya, moi, az-Zubayr et al-Miqdâd, en disant :
“Rendez-vous à Rawḍat Khâkh (1), car il s’y trouve une ẓaʿînah (2) porteuse d’une lettre ; prenez-la-lui.”
Nous nous mîmes en route, nos chevaux galopant (3), et nous arrivâmes auprès de la femme.
Nous lui dîmes : “Sors la lettre !”
Elle répondit : “Je n’ai aucune lettre.”
Nous répliquâmes : “Tu vas la faire sortir ou bien tu seras contrainte d’ôter tes vêtements.” Elle la retira alors de ses nattes.
Nous l’apportâmes au Messager d’Allah ﷺ ; il s’y trouvait : “De Hâtib ibn Abî Baltâʿa … à certains polythéistes de La Mecque”, les informant de quelques plans du Messager d’Allah ﷺ.
Le Prophète ﷺ dit :
“Ô Hâtib, qu’est-ce que cela ?”
Il répondit : “Ne te hâte pas contre moi, ô Messager d’Allah. J’étais en effet un homme allié aux Quraychites” – Sufyân précisa : « il était leur confédéré, non l’un des leurs » – “et, parmi les émigrés qui sont avec toi, certains ont à La Mecque des proches protégeant leurs familles. Pour ma part, ne possédant pas ce lien de parenté avec eux, j’ai voulu me ménager auprès d’eux une faveur par laquelle ils protégeraient mes proches. Je ne l’ai pas fait par mécréance, ni par apostasie, ni par satisfaction de la mécréance après l’Islam.”
Le Prophète ﷺ dit : “Il a dit vrai.”
ʿUmar dit alors : “Laisse-moi, ô Messager d’Allah, trancher le cou de cet hypocrite.”
Mais il répondit :
“Il a certes assisté à Badr. Et qu’en sais-tu ? Peut-être Allah a-t-Il regardé les gens de Badr et a dit : ‘Faites ce que vous voulez, Je vous ai pardonné.’”
Allah – Puissant et Majestueux – révéla alors : « Ô vous qui avez cru, ne prenez pas pour alliés Mon ennemi et le vôtre… »
On rapporte que le nom de cette femme était Sâra, l’une des affranchies de Quraysh.
La lettre disait :
« Ceci dit, le Messager d’Allah ﷺ s’est mis en marche vers vous avec une armée pareille à la nuit, avançant tel un torrent. Par Allah ! Quand bien même il viendrait seul à vous, Allah le ferait triompher de vous et accomplirait pour lui Sa promesse vous concernant, car Allah est son Protecteur et son Secoureur. »
— Fin de la citation rapportée par certains exégètes —