Paroles du Très-Haut :
« Ô vous qui avez cru ! Craignez Allâh » : en vous conformant à Ses ordres et interdits, en accomplissant Ses prescriptions obligatoires et en vous abstenant de Ses désobéissances.
« Et que chaque âme considère ce qu’elle a avancé pour demain » : c’est-à-dire pour le Jour de la Résurrection, les Arabes désignant l’avenir par le terme « demain ».
On a dit encore : la mention de « demain » vise à souligner la proximité de l’Heure, comme l’a chanté le poète :
« Demain, pour qui sait regarder, est tout proche. »
Al-Ḥasan et Qatâdah ont dit : Il a rapproché l’Heure au point de la comparer à demain. Il ne fait aucun doute que tout ce qui doit advenir est proche, et la mort, inéluctablement, viendra. L’expression « ce qu’elle a avancé » désigne aussi bien le bien que le mal.
« Craignez Allâh » (de nouveau) : l’ordre est répété, comme dans l’expression : « Hâte-toi, hâte-toi ; lance, lance. » On a dit : la première taqwâ correspond au repentir des fautes passées, la seconde à la crainte d’Allâh qui préserve des péchés à venir.
« Certes, Allâh est Parfaitement Informé de ce que vous faites » : Saʿîd b. Jubayr a dit : c’est-à-dire de tout ce qui émanera de vous. Allâh est plus savant.
[Sourate al-Hashr (59), verset 19]
« Et ne soyez pas comme ceux qui ont oublié Allâh ; Il leur fit alors oublier leurs propres personnes ; ceux-là sont les pervers » (19).
Paroles du Très-Haut :
« Et ne soyez pas comme ceux qui ont oublié Allâh » : c’est-à-dire qu’ils ont délaissé Son ordre ;
« Il leur fit oublier leurs propres personnes » : au point qu’ils ne cherchent aucun bien pour elles, a dit Ibn Ḥibbân.
Il a également été dit : ils ont oublié le droit d’Allâh, et Allâh leur a fait oublier le droit de leurs propres âmes, a rapporté Sufyân.
Autre explication : ils ont oublié Allâh en omettant de Le remercier et de Le magnifier ; Il les a donc fait se perdre eux-mêmes par le châtiment, de sorte que nul parmi eux ne puisse rappeler l’autre, a rapporté Ibn ʿĪsâ.
Sahl b. ʿAbd Allâh a dit : ils ont oublié Allâh au moment du péché, si bien qu’Il leur fit oublier leurs propres personnes au moment du repentir. Le Très-Haut a attribué l’action à Lui-même – « Il leur fit oublier » – parce que cela découle de l’ordre et de l’interdit qu’ils ont délaissés.
On a aussi dit : le sens est qu’Il les a trouvés délaissant Son ordre et Son interdit, comme lorsqu’on dit : « J’ai loué cet homme » en le trouvant digne de louange.
D’autres ont dit : ils ont oublié Allâh dans l’aisance ; « Il leur fit oublier leurs propres personnes dans l’adversité ».
« Ceux-là sont les pervers » : Ibn Jubayr a dit : les désobéissants ; Ibn Zayd : les menteurs. Le mot fisq, à l’origine, signifie « sortir » : ce sont donc ceux qui sont sortis de l’obéissance à Allâh.