Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

[Sourate al-Ḥashr (59), verset 13]
« Assurément, vous inspirez à leurs poitrines une crainte plus intense qu’[ils n’en éprouvent] pour Allah ; cela, parce qu’ils sont des gens qui ne comprennent point. »

Sa parole – exalté soit-Il – :
« (La’antum) » : « Certes vous », ô assemblée des croyants ;
« (ashaddu rahbatan) » : êtes l’objet d’une crainte et d’une frayeur plus fortes ;
« (fi ṣudûrihim mina’Llâh) » : dans les poitrines des Banû Naḍîr, selon une première opinion ; d’autres l’appliquent aux cœurs des hypocrites. Il est également possible que l’expression englobe les deux groupes : ils redoutent votre personne plus encore qu’ils ne craignent leur Seigneur.
« (Cela, parce qu’ils sont un peuple qui ne comprend pas) » : c’est-à-dire qu’ils ne saisissent pas la valeur de la grandeur et de la puissance d’Allah.

[Surate al-Ḥashr (59), verset 14]
« Ils ne vous combattront pas tous ensemble, si ce n’est retranchés dans des localités fortifiées ou derrière des murailles. Leur violence entre eux est extrême ; tu les crois unis, alors que leurs cœurs sont dispersés. Cela, parce qu’ils sont des gens qui ne raisonnent point. »

Sa parole – exalté soit-Il – :
« (Lâ yuqâtilûnakum jamîʿan) » : ils – les Juifs – ne vous affronteront pas collectivement ;
« (illâ fî qurâ muḥaṣṣanah) » : sauf retranchés dans des villages fortifiés par des remparts et des maisons, qu’ils imaginent capables de les protéger de vous ;
« (aw min warâ’i judur) » : ou bien à l’abri de murs derrière lesquels ils se dissimulent par lâcheté et par frayeur.

La lecture majoritaire « judur » (au pluriel) – choix d’Abû ʿUbaydah et d’Abû Ḥâtim – correspond à l’expression « dans des localités fortifiées », également au pluriel. Ibn ʿAbbâs, Mujâhid, Ibn Kathîr, Ibn Muḥayṣin et Abû ʿAmr ont récité « jidâr » (au singulier), le singulier pouvant représenter le pluriel. D’aucuns parmi les Mecquois ont lu « jadr » (jîm ouvert, dâl muet), terme utilisé dans leur dialecte pour « mur ».

Il se peut encore que le sens soit : « de derrière leurs palmiers et leurs arbres » ; on dit « ajdara an-nakhlu » lorsque les cimes des palmiers apparaissent au début du printemps. « Al-jadr » désigne aussi une plante, son singulier étant « jadrah ». Quant à « judr » (jîm avec ḍamma, dâl muet), c’est le pluriel de « jidâr ».

Il est également admissible que l’alif, dans le singulier, soit de la même nature que celle de « kitâb », et, dans le pluriel, semblable à celle de « ẓirâf ». On trouve un parallèle dans « nâqatun hijân » et « nûq hijân » : on dit, pour le duel, « hijânân » ; ainsi, la forme du singulier et celle du pluriel deviennent semblables à l’oreille tout en différant quant au sens, comme l’a expliqué Ibn Jinnî.

[[سورة الحشر (٥٩) : آية ١٣]] لَأَنْتُمْ أَشَدُّ رَهْبَةً فِي صُدُورِهِمْ مِنَ اللَّهِ ذلِكَ بِأَنَّهُمْ قَوْمٌ لَا يَفْقَهُونَ (١٣) قَوْلُهُ تَعَالَى: (لَأَنْتُمْ) يَا مَعْشَرَ الْمُسْلِمِينَ (أَشَدُّ رَهْبَةً) أَيْ خَوْفًا وَخَشْيَةً (فِي صُدُورِهِمْ مِنَ اللَّهِ) يَعْنِي صُدُورَ بَنِي النَّضِيرِ. وَقِيلَ: فِي صُدُورِ الْمُنَافِقِينَ. وَيَحْتَمِلُ أَنْ يَرْجِعَ إِلَى الْفَرِيقَيْنِ، أَيْ يَخَافُونَ مِنْكُمْ أَكْثَرَ مِمَّا يَخَافُونَ مِنْ رَبِّهِمْ ذَلِكَ الْخَوْفُ. (ذلِكَ بِأَنَّهُمْ قَوْمٌ لَا يَفْقَهُونَ) أَيْ لا يفقهون قدر عظمة الله وقدرته. [[سورة الحشر (٥٩) : آية ١٤]] لَا يُقاتِلُونَكُمْ جَمِيعاً إِلاَّ فِي قُرىً مُحَصَّنَةٍ أَوْ مِنْ وَراءِ جُدُرٍ بَأْسُهُمْ بَيْنَهُمْ شَدِيدٌ تَحْسَبُهُمْ جَمِيعاً وَقُلُوبُهُمْ شَتَّى ذلِكَ بِأَنَّهُمْ قَوْمٌ لَا يَعْقِلُونَ (١٤) قَوْلُهُ تَعَالَى: (لَا يُقاتِلُونَكُمْ جَمِيعاً) يَعْنِي الْيَهُودَ (إِلَّا فِي قُرىً مُحَصَّنَةٍ) أَيْ بِالْحِيطَانِ وَالدُّورِ، يَظُنُّونَ أَنَّهَا تَمْنَعُهُمْ مِنْكُمْ. (أَوْ مِنْ وَراءِ جُدُرٍ) أَيْ مِنْ خَلْفِ حِيطَانٍ يَسْتَتِرُونَ بِهَا لِجُبْنِهِمْ وَرَهْبَتِهِمْ. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ جُدُرٍ عَلَى الْجَمْعِ، وَهُوَ اخْتِيَارُ أَبِي عُبَيْدَةَ وَأَبِي حَاتِمٍ، لِأَنَّهَا نَظِيرُ قَوْلِهِ تَعَالَى: فِي قُرىً مُحَصَّنَةٍ وَذَلِكَ جَمْعٌ. وَقَرَأَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَمُجَاهِدٌ وَابْنُ كَثِيرٍ وَابْنُ مُحَيْصِنٍ وَأَبُو عَمْرٍو " جِدَارٍ" عَلَى التَّوْحِيدِ، لِأَنَّ التَّوْحِيدَ يُؤَدِّي عَنِ الْجَمْعِ. وَرُوِيَ عَنْ بَعْضِ الْمَكِّيِّينَ " جَدْرٍ" (بِفَتْحِ الْجِيمِ وَإِسْكَانِ الدَّالِّ) ، وَهِيَ لُغَةٌ فِي الْجِدَارِ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ مَعْنَاهُ مِنْ وَرَاءِ نَخِيلِهِمْ وَشَجَرِهِمْ، يُقَالُ: أَجْدَرَ النَّخْلُ إِذَا طَلَعَتْ رُءُوسُهُ فِي أول الربيع. والجدر: نبت واحدته جدره. وقرى " جُدْرٌ" (بِضَمِ الْجِيمِ وَإِسْكَانِ الدَّالِ) جَمْعُ الْجِدَارِ. وَيَجُوزُ أَنْ تَكُونَ الْأَلِفُ فِي الْوَاحِدِ كَأَلِفِ كِتَابٍ، وَفِي الْجَمْعِ كَأَلِفِ ظِرَافٍ. وَمِثْلُهُ نَاقَةٌ هِجَانٌ وَنُوقٌ هِجَانٌ، لِأَنَّكَ تَقُولُ فِي التَّثْنِيَةِ: هِجَانَانِ، فَصَارَ لَفْظُ الْوَاحِدِ وَالْجَمْعِ مُشْتَبِهَيْنِ فِي اللَّفْظِ مُخْتَلِفَيْنِ فِي الْمَعْنَى، قَالَهُ ابْنُ جِنِّيٍّ.

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