Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« … avant eux ? » Ils répondirent : « Non ! »

Il dit alors : « Vous vous êtes donc désolidarisés de ces deux groupes. Pour ma part, j’atteste que vous ne faites pas partie de ceux au sujet desquels Allah – Puissant et Majestueux – a dit :
« Et ceux qui sont venus après eux disent : “Notre Seigneur, pardonne-nous, ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédés dans la foi ; et ne place dans nos cœurs aucune rancœur à l’égard de ceux qui ont cru. Notre Seigneur, Tu es certes Compatissant, Miséricordieux.” » Levez-vous ! Qu’Allah fasse de vous ce qu’Il veut et qu’Il fasse encore davantage ! » (rapporté par an-Naḥḥâs).

Deuxième point – Cette âyah prouve l’obligation d’aimer les Compagnons. Allah a, en effet, réservé à ceux qui viendront après eux une part dans le fay’ tant qu’ils persévèreront dans leur amour, leur loyauté et l’imploration du pardon en leur faveur. Celui qui les insulte, même l’un d’entre eux, ou nourrit à leur encontre une mauvaise opinion, n’a aucun droit au fay’. Cela a été rapporté de Mâlik et d’autres.

Mâlik a dit : « Quiconque déteste l’un des Compagnons de Muḥammad – que la prière et le salut d’Allah soient sur lui – ou porte dans son cœur quelque rancœur à leur égard, n’a aucun droit sur le fay’ des musulmans », puis il récita l’âyah : « Et ceux qui sont venus après eux… »

Troisième point – Cette âyah indique que l’avis correct, d’après les savants, consiste à distribuer les biens mobiliers, tandis que les biens immobiliers et les terres demeurent, collectivement, la propriété de l’ensemble des musulmans, comme l’a fait ʿUmar – qu’Allah l’agrée –, sauf si le gouverneur exerce son iǧtihâd et promulgue un ordre qu’il applique, au vu de la divergence des gens à ce sujet ; cette âyah tranche effectivement en faveur de cet avis.

En effet, Allah Très-Haut a parlé du fay’ et l’a attribué à trois catégories : les Émigrés, les Anṣâr – clairement identifiés – et « ceux qui sont venus après eux disant : “Notre Seigneur, pardonne-nous ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédés dans la foi.” » Lâ portée est donc générale pour tous les Tâbiʿîn et ceux qui viendront après eux jusqu’au Jour du Jugement.

Il est rapporté dans un ḥadîth authentique que le Prophète – paix et salut d’Allah sur lui – se rendit au cimetière et dit : « Paix sur vous, demeure d’un peuple croyant. Nous vous rejoindrons, si Allah le veut. J’aurais tant aimé voir nos frères. » On lui demanda : « Ô Messager d’Allah, ne sommes-nous pas tes frères ? » Il répondit : « Vous êtes plutôt mes Compagnons ; nos frères sont ceux qui ne sont pas encore venus, et je les précéderai au Bassin. »

Ainsi, le Prophète – paix et salut d’Allah sur lui – a clairement montré que ses « frères » sont tous ceux qui viendront après ses Compagnons, et non, comme l’ont prétendu as-Suddi et al-Kalbî, ceux qui émigrèrent par la suite. Il a également été rapporté d’al-Ḥasan que l’expression « ceux qui sont venus après eux » désigne ceux qui se rendirent auprès du Prophète – paix et salut d’Allah sur lui – à Médine après la cessation de l’Hégire.

قَبْلِهِمْ؟ فَقَالُوا لَا. فَقَالَ: قَدْ تَبَرَّأْتُمْ مِنْ هَذَيْنَ الْفَرِيقَيْنِ! أَنَا أَشْهَدُ أَنَّكُمْ لَسْتُمْ مِنَ الذين قال الله عز وجل: وَالَّذِينَ جاؤُ مِنْ بَعْدِهِمْ يَقُولُونَ رَبَّنَا اغْفِرْ لَنا وَلِإِخْوانِنَا الَّذِينَ سَبَقُونا بِالْإِيمانِ وَلا تَجْعَلْ فِي قُلُوبِنا غِلًّا لِلَّذِينَ آمَنُوا رَبَّنا إِنَّكَ رَؤُفٌ رَحِيمٌ قُومُوا، فَعَلَ اللَّهُ بِكُمْ وَفَعَلَ!! ذَكَرَهُ النَّحَّاسُ. الثَّانِيَةُ- هَذِهِ الْآيَةُ دَلِيلٌ عَلَى وُجُوبِ مَحَبَّةِ الصَّحَابَةِ، لِأَنَّهُ جَعَلَ لِمَنْ بَعْدَهُمْ حَظًّا فِي الْفَيْءِ مَا أَقَامُوا عَلَى مَحَبَّتِهِمْ وَمُوَالَاتِهِمْ وَالِاسْتِغْفَارِ لَهُمْ، وَأَنَّ مَنْ سَبَّهُمْ أَوْ وَاحِدًا مِنْهُمْ أَوِ اعْتَقَدَ فِيهِ شَرًّا أَنَّهُ لَا حَقَّ لَهُ فِي الْفَيْءِ، رُوِيَ ذَلِكَ عَنْ مَالِكٍ وَغَيْرِهِ. قَالَ مَالِكٌ: مَنْ كَانَ يُبْغِضُ أَحَدًا مِنْ أَصْحَابِ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، أَوْ كَانَ فِي قَلْبِهِ عَلَيْهِمْ غِلٌّ، فليس له حق في في المسلمين، ثم قرأ وَالَّذِينَ جاؤُ مِنْ بَعْدِهِمْ الْآيَةَ. الثَّالِثَةُ- هَذِهِ الْآيَةُ تَدُلُّ عَلَى أَنَّ الصَّحِيحَ مِنْ أَقْوَالِ الْعُلَمَاءِ قِسْمَةُ الْمَنْقُولِ، وَإِبْقَاءُ الْعَقَارِ وَالْأَرْضِ شَمْلًا «١» بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ أَجْمَعِينَ، كَمَا فَعَلَ عُمَرُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ، إِلَّا أَنْ يَجْتَهِدَ الْوَالِي فَيُنْفِذَ أَمْرًا فَيُمْضِيَ عَمَلَهُ فِيهِ لِاخْتِلَافِ النَّاسِ عَلَيْهِ وَأَنَّ هَذِهِ الْآيَةَ قَاضِيَةٌ بِذَلِكَ، لِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى أَخْبَرَ عَنِ الْفَيْءِ وَجَعَلَهُ لِثَلَاثِ طَوَائِفَ: الْمُهَاجِرِينَ وَالْأَنْصَارِ- وهم معلمون- وَالَّذِينَ جاؤُ مِنْ بَعْدِهِمْ يَقُولُونَ رَبَّنَا اغْفِرْ لَنا وَلِإِخْوانِنَا الَّذِينَ سَبَقُونا بِالْإِيمانِ. فَهِيَ عَامَّةٌ فِي جَمِيعِ التَّابِعِينَ وَالْآتِينَ بَعْدَهُمْ إِلَى يَوْمِ الدِّينِ. وَفِي الْحَدِيثِ الصَّحِيحِ: أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خَرَجَ إِلَى الْمَقْبَرَةِ فَقَالَ: السَّلَامُ عَلَيْكُمْ دَارَ قَوْمٍ مُؤْمِنِينَ وَإِنَّا إِنْ شَاءَ اللَّهُ بِكُمْ لَاحِقُونَ وَدِدْتُ أَنْ رَأَيْتُ «٢» إِخْوَانَنَا) قَالُوا: يَا رَسُولَ اللَّهِ، أَلَسْنَا بِإِخْوَانِكَ؟ فَقَالَ: (بَلْ أَنْتُمْ أَصْحَابِي وَإِخْوَانُنَا الَّذِينَ لَمْ يَأْتُوا بَعْدُ وَأَنَا فَرَطُهُمْ عَلَى الْحَوْضِ) . فَبَيَّنَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّ إِخْوَانَهُمْ كُلُّ مَنْ يَأْتِي بَعْدَهُمْ، لَا كَمَا قَالَ السُّدِّيُّ وَالْكَلْبِيُّ: إِنَّهُمُ الَّذِينَ هَاجَرُوا بَعْدَ ذَلِكَ. وَعَنِ الْحَسَنِ أَيْضًا وَالَّذِينَ جاؤُ مِنْ بَعْدِهِمْ مَنْ قَصَدَ إِلَى النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِلَى الْمَدِينَةِ بَعْدَ انْقِطَاعِ الهجرة.
(١). كذا في الأصول. والمراد جعلها عامة شاملة بين المسلمين. (٢). في صحيح مسلم:" أنا قد رأينا ... ".

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