Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

et, pour un tel individu, l’éventualité de devoir mendier devient plus pressante que celle de pratiquer l’altruisme.

On rapporte qu’un homme se présenta au Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – avec un morceau d’or de la taille d’un œuf en disant : « Voici une aumône. » Le Prophète le lui jeta alors et dit :

« L’un de vous vient avec tout ce qu’il possède, le donne en aumône, puis s’assied à tendre la main aux gens. »

Et Allah est plus Savant.

Neuvièmement :
– Préférer autrui de sa propre personne est supérieur au fait de le préférer par son bien, quand bien même l’affaire reviendrait finalement à la personne elle-même.

Parmi les proverbes courants :
« Offrir sa vie, voilà le comble de la générosité. »¹

L’une des définitions élégantes de l’amour, chez les soufis, est qu’il s’agit d’altruisme. Ne vois-tu pas que la femme de l’Azîz, lorsqu’elle parvint à l’extrême limite de son amour pour Yûsuf – sur lui la paix –, le préféra à elle-même et déclara : « C’est moi qui l’ai sollicité pour lui-même. »

La plus noble des formes de don de soi est celle qui consiste à protéger le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui. Il est en effet rapporté dans le Ṣaḥîḥ qu’Abû Ṭalḥah fit bouclier de son corps au Prophète – paix et bénédictions sur lui – le jour de Uḥud, tandis que le Prophète se dressait pour observer les gens. Abû Ṭalḥah lui disait : « Ne te découvre pas, ô Messager d’Allah ! Qu’ils ne t’atteignent pas ! Mon cou est devant le tien. » Il protégea le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – de sa main qui, pour cela, devint paralysée.

Ḥudhayfah al-ʿAdawî raconta : « Le jour de Yarmûk, je partis à la recherche d’un cousin, emportant avec moi un peu d’eau. Je me disais : “S’il respire encore, je l’abreuverai.” Je finis par le trouver et lui dis : “Veux-tu boire ?” Il acquiesça d’un signe de tête. J’entendis alors un autre blessé gémir : “Ah ! Ah !” Mon cousin me fit signe de me rendre auprès de lui ; c’était Hishâm ibn al-ʿĀṣ. Je lui dis : “Veux-tu boire ?” Il hocha la tête. Puis il entendit à son tour un troisième gémissement : “Ah ! Ah !” Hishâm me fit signe d’aller vers celui-là. Quand j’arrivai, l’homme était mort. Je revins vers Hishâm ; il était mort. Je retournai enfin auprès de mon cousin ; lui aussi était mort. »

Abû Yazîd al-Bisṭâmî dit : « Personne ne m’a jamais dominé comme l’a fait un jeune homme de Balakh. Il était venu nous voir en pèlerinage et me demanda : “Ô Abû Yazîd, quelle est, chez vous, la définition du détachement (zuhd) ?” Je répondis : “Si nous trouvons (de quoi vivre), nous mangeons ; si nous ne trouvons pas, nous patientons.” »

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¹ Proverbe arabe bien connu : « Wa-l-jûdu bi-n-nafs aqsâ ghâyati-l-jûd. »

وَيَتَعَرَّضُ لِلْمَسْأَلَةِ أَوْلَى مِنَ الْإِيثَارِ. وَرُوِيَ أَنَّ رَجُلًا جَاءَ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِمِثْلِ الْبَيْضَةِ مِنَ الذَّهَبِ فَقَالَ: هَذِهِ صَدَقَةٌ، فَرَمَاهُ بِهَا وَقَالَ: (يَأْتِي أَحَدُكُمْ بِجَمِيعِ مَا يَمْلِكُهُ فَيَتَصَدَّقُ بِهِ ثُمَّ يَقْعُدُ يَتَكَفَّفُ النَّاسَ) . وَاللَّهُ أَعْلَمُ. التَّاسِعَةُ: - وَالْإِيثَارُ بِالنَّفْسِ فَوْقَ الْإِيثَارِ بِالْمَالِ وَإِنْ عَادَ إِلَى النَّفْسِ. وَمِنَ الأمثال السائرة: وَالْجُودُ بِالنَّفْسِ أَقْصَى غَايَةِ الْجُودِ «١» وَمِنْ عِبَارَاتِ الصُّوفِيَّةِ الرَّشِيقَةِ فِي حَدِّ الْمَحَبَّةِ: أَنَّهَا الْإِيثَارُ، أَلَا تَرَى أَنَّ امْرَأَةَ الْعَزِيزِ لَمَّا تَنَاهَتْ فِي حُبِّهَا لِيُوسُفَ عَلَيْهِ السَّلَامُ، آثَرَتْهُ عَلَى نَفْسِهَا فَقَالَتْ: أَنَا رَاوَدْتُهُ عَنْ نَفْسِهِ. وَأَفْضَلُ الجود بالنفس الجوة عَلَى حِمَايَةِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَفِي الصَّحِيحِ أَنَّ أَبَا طَلْحَةَ تَرَّسَ عَلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَوْمَ أُحُدٍ، وَكَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَتَطَلَّعُ لِيَرَى الْقَوْمَ. فَيَقُولُ لَهُ أَبُو طَلْحَةَ: لَا تُشْرِفُ يَا رَسُولَ اللَّهِ! لَا يُصِيبُونَكَ! نَحْرِي دُونَ نَحْرِكَ وَوَقَى بِيَدِهِ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَشُلَّتْ. وَقَالَ حُذَيْفَةُ الْعَدَوِيُّ: انْطَلَقْتُ يَوْمَ الْيَرْمُوكِ أَطْلُبُ ابْنَ عَمٍّ لي- ومعي شي مِنَ الْمَاءِ- وَأَنَا أَقُولُ: إِنْ كَانَ بِهِ رَمَقٌ سَقَيْتُهُ، فَإِذَا أَنَا بِهِ، فَقُلْتُ لَهُ: أَسْقِيكَ، فَأَشَارَ بِرَأْسِهِ أَنْ نَعَمْ فَإِذَا أَنَا بِرَجُلٍ يَقُولُ: آهْ! آهْ! فَأَشَارَ إِلَيَّ ابْنُ عَمِّي أَنِ انْطَلِقْ إِلَيْهِ، فَإِذَا هُوَ هِشَامُ بْنُ الْعَاصِ فَقُلْتُ: أَسْقِيكَ؟ فَأَشَارَ أَنْ نَعَمْ. فَسَمِعَ آخَرَ يَقُولُ: آهْ! آهْ! فَأَشَارَ هِشَامٌ أَنِ انْطَلِقْ إِلَيْهِ فَجِئْتُهُ فَإِذَا هُوَ قَدْ مَاتَ. فَرَجَعْتُ إِلَى هِشَامٍ فَإِذَا هُوَ قَدْ مَاتَ. فَرَجَعْتُ إِلَى ابْنِ عَمِّي فَإِذَا هُوَ قَدْ مَاتَ. وَقَالَ أَبُو يَزِيدَ الْبِسْطَامِيُّ: مَا غَلَبَنِي أَحَدٌ مَا غَلَبَنِي شَابٌّ مِنْ أَهْلِ بَلْخٍ! قَدِمَ عَلَيْنَا حَاجًّا فَقَالَ لِي: يَا با يَزِيدَ، مَا حَدُّ الزُّهْدِ عِنْدَكُمْ؟ فَقُلْتُ: إِنْ وجدنا أكلنا. وإن فقدنا صبرنا.
(١). هو من بيت لمسلم بن الوليد، صدره: تجود بالنفس إذ أنت الضنين بها يقول: تجود بنفسك في الحرب إذ أنت الضنين بها في الذم. ويروى: يجود بالنفس إذ ضن الجواد بها

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