Un homme des Anṣâr – auprès duquel Thâbit fit halte –, nommé Abû al-Mutawakkil, ne possédait que la ration nécessaire pour lui-même et pour ses enfants. Il dit alors à son épouse : « Éteins la lampe et fais dormir les enfants », puis il offrit à son hôte tout ce qu’il avait.
An-Naḥḥâs rapporte le même récit et dit : Abû Hurayrah a raconté qu’un homme des Anṣâr – appelé Abû al-Mutawakkil – reçut Thâbit ibn Qays comme invité ; or il ne détenait rien d’autre que la subsistance pour lui-même et pour ses enfants. Il dit donc à son épouse : « Éteins la lampe et fais dormir les enfants. » C’est alors que fut révélé : « … et ils leur donnent la préférence sur eux-mêmes, même s’ils sont dans le besoin … » jusqu’à Sa parole : « … voilà ceux qui réussissent. »
On a également dit que l’auteur de cet acte fut Abû Ṭalḥah.
Al-Qushayrî, Abû Naṣr ʿAbd ar-Raḥîm ibn ʿAbd al-Karîm, rapporte :
Ibn ʿUmar a dit : On offrit à l’un des Compagnons du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – une tête de mouton. Il déclara : « Mon frère untel et sa famille sont plus dans le besoin que nous. » Il la leur envoya donc. La tête continua ainsi de passer de l’un à l’autre jusqu’à ce qu’elle eût circulé dans sept foyers, puis elle revint aux premiers. Alors fut révélé : « … et ils leur donnent la préférence sur eux-mêmes… »
Ath-Thaʿlabiyy rapporte d’après Anas : Une tête de mouton fut offerte à un Compagnon alors qu’il souffrait de la faim ; il l’envoya à son voisin. Elle circula entre sept personnes, dans sept maisons, puis revint au premier. C’est alors que fut révélé : « … et ils leur donnent la préférence sur eux-mêmes. »
Ibn ʿAbbâs rapporte que, le jour des Banû n-Naḍîr, le Prophète dit aux Anṣâr :
« Si vous le souhaitez, je partagerai avec les Muhâjirûn vos demeures et vos biens, et vous participerez avec eux à ce butin ; mais si vous préférez, vos demeures et vos biens resteront à vous et il ne sera rien prélevé pour vous sur ce butin. »
Les Anṣâr répondirent : « Au contraire, nous partagerons avec nos frères nos demeures et nos biens et nous leur laisserons le butin. » Il fut alors révélé : « … et ils leur donnent la préférence sur eux-mêmes… ». – La première version est la plus authentique.
Dans les deux Ṣaḥîḥs, d’après Anas : Un homme avait coutume d’offrir au Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – des palmiers de sa propriété, jusqu’à ce qu’Allâh lui accordât la conquête de Qurayẓah et de Naḍîr ; après quoi il se mit à restituer ce qu’il avait donné. (Formulation de Muslim.)
Az-Zuhrî rapporte d’après Anas ibn Mâlik : Lorsque les Muhâjirûn vinrent de La Mecque à Médine, ils n’avaient rien, tandis que les Anṣâr étaient les gens de la terre et des biens. Les Anṣâr partagèrent donc avec eux la moitié des fruits de leurs vergers chaque année, en assumant le travail et les frais. La mère d’Anas ibn Mâlik, appelée Umm Sulaym – qui était aussi la mère de ʿAbd-Allâh ibn Abî Ṭalḥah, le demi-frère d’Anas –, avait offert au Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – quelques palmiers[1]. Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – les lui rendit…
[1] Pluriel de ‹ ʿadhq › : bouquets ou pieds de palmiers.